Une équipe d’archéologues britanniques a mis au jour une structure en bois vieille de 5 000 ans, située à proximité du site de Stonehenge, dans le sud de l’Angleterre. Selon Euronews FR, cette découverte pourrait représenter un « prototype » du célèbre cercle de pierres préhistorique, édifié plusieurs siècles plus tard.
Ce qu'il faut retenir
- Une structure composée de deux poteaux en bois, espacés de 120 mètres, alignés sur les solstices d’été et d’hiver
- Les poteaux, hauts de 3 à 4 mètres, pourraient avoir servi de lieu central pour des rassemblements religieux avant Stonehenge
- La fouille, menée entre 2015 et 2017, a révélé des artefacts comme de la poterie, des ossements d’animaux et un couteau en silex discoïde
- Les travaux s’inscrivaient dans un programme de prospection archéologique lié au relogement des troupes britanniques rapatriées d’Allemagne
- Les résultats ont été publiés à l’approche du solstice d’été 2026, marqué par des célébrations à Stonehenge
Une structure alignée sur les cycles solaires
La découverte, réalisée par la société Wessex Archaeology, révèle une structure composée de deux poteaux en bois, distants de 120 mètres. Leur alignement est tel qu’ils pointent respectivement vers le soleil levant au solstice d’été et vers le soleil couchant au solstice d’hiver. Cette orientation suggère que les anciens Britanniques accordaient déjà une grande importance aux cycles solaires bien avant la construction de Stonehenge, vers 3000 av. J.-C.
Les chercheurs estiment, d’après la profondeur des trous de poteaux, que ces montants mesuraient entre trois et quatre mètres de haut. Leur taille imposante et leur disposition en font un site potentiellement central pour des rassemblements communautaires ou religieux. Selon les archéologues, cette structure pourrait avoir servi de modèle pour les alignements mégalithiques ultérieurs, bien que son usage exact reste à préciser.
Des artefacts révélateurs d’une civilisation en évolution
Parmi les découvertes associées à cette structure figurent des fragments de poterie, des ossements d’animaux et des outils en silex. L’un d’eux, un couteau discoïde en silex, retient particulièrement l’attention des chercheurs. Bien que son usage pratique reste incertain, sa forme et son contexte de découverte laissent supposer une possible valeur symbolique, notamment liée au culte solaire. Ces artefacts datent d’une période charnière, où les sociétés néolithiques commençaient à se structurer autour de sites à vocation collective.
La fouille initiale, menée entre 2015 et 2017 à Bulford, dans le Wiltshire, s’inscrivait dans le cadre d’un vaste programme de prospections archéologiques. Ce projet était lié au plan du ministère britannique de la Défense visant à reloger les troupes rapatriées d’Allemagne, où l’armée britannique maintenait une présence historique. Bulford, où se trouve une caserne militaire, a ainsi révélé un patrimoine archéologique inattendu.
Phil Harding, archéologue emblématique, salue une découverte « unique »
« Des occasions comme celle-ci ne se présentent sans doute qu’une fois dans une carrière, dans une vie. J’arrive probablement à la fin de ma carrière, mais Dieu merci, je suis resté assez longtemps dans l’archéologie pour participer à cette découverte, car c’est assurément le sommet de ma carrière. »
Les propos sont ceux de Phil Harding, archéologue renommé au Royaume-Uni pour ses nombreuses années de fouilles et sa participation à l’émission « Time Team » diffusée sur Channel 4. Harding, qui a dirigé les recherches, souligne l’importance de cette structure comme possible précurseur de Stonehenge, construit environ 500 ans plus tard. Pour lui, ce site de Bulford offre un éclairage nouveau sur les pratiques religieuses et astronomiques des communautés néolithiques britanniques.
Stonehenge, un monument toujours entouré de mystère
Stonehenge, édifié par phases à partir de 3000 av. J.-C. sur la plaine de Salisbury, est l’un des sites les plus emblématiques de Grande-Bretagne. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il attire chaque année des milliers de visiteurs, notamment lors des équinoxes et solstices. Son alignement sur les solstices d’été et d’hiver reste l’interprétation la plus couramment admise, bien que son usage exact fasse encore débat : temple solaire, sanctuaire de guérison ou calculateur astronomique ?
Les théories se multiplient, mais aucune ne fait consensus. Cette nouvelle découverte, en révélant une possible structure antérieure, pourrait contribuer à éclairer les origines de ces pratiques. Les archéologues estiment que Bulford et Stonehenge pourraient faire partie d’un même réseau de sites sacrés, liés par une tradition culturelle commune.
Pour l’heure, Stonehenge reste le théâtre de célébrations traditionnelles, avec une foule nombreuse attendue ce dimanche pour marquer le solstice d’été. Cette année, comme chaque année, des milliers de personnes se rassembleront pour assister au lever du soleil sur le monument, perpétuant une tradition vieille de plusieurs millénaires.