Une querelle successorale opposant des membres de la famille Del Vecchio, héritière du géant EssilorLuxottica, vient d’éclater au grand jour. Selon Euronews FR, Leonardo Maria Del Vecchio, 31 ans et fils du fondateur défunt de l’empire, a rendu publique une lettre ouverte adressée au conseil d’administration de Delfin, la holding luxembourgeoise qui contrôle l’essentiel des actifs familiaux. Son objectif : obtenir le soutien des actionnaires pour racheter les 25 % détenus par son frère Luca et sa sœur Paola, ce qui porterait sa participation à 37,5 % et renforcerait significativement son influence sur l’un des plus grands groupes industriels européens.
Ce qu'il faut retenir
- Leonardo Maria Del Vecchio, 31 ans, cherche à racheter les 25 % détenus par son frère Luca et sa sœur Paola dans Delfin, la holding familiale basée au Luxembourg.
- Cette opération, estimée à 10 milliards d’euros, serait financée par UniCredit, BNP Paribas et Crédit Agricole, l’un des plus gros prêts d’acquisition jamais accordés à un particulier en Europe.
- Le conseil d’administration de Delfin a modifié sa position sur l’opération après que les banques aient exigé des garanties supplémentaires, selon les arguments avancés par Del Vecchio dans sa lettre.
- Une contre-proposition émanant du président de Delfin, Francesco Milleri, est envisagée pour le 30 juin : la holding rachèterait elle-même les parts de Luca et Paola, puis les redistribuerait entre les six autres héritiers.
- Delfin détient des participations majeures dans EssilorLuxottica, mais aussi dans des institutions financières italiennes comme UniCredit, Generali et Banca Monte dei Paschi di Siena.
Une opération de rachat qui cristallise les tensions familiales
Le différend porte sur un montage financier d’environ 10 milliards d’euros, impliquant trois grandes banques européennes : UniCredit, BNP Paribas et Crédit Agricole. Selon Euronews FR, Leonardo Maria Del Vecchio reproche au conseil d’administration de Delfin de ne pas avoir justifié son revirement sur l’opération. Dans sa lettre ouverte, publiée vendredi par le Quotidiano Nazionale — quotidien italien appartenant au groupe familial — il affirme que les banques ont exigé des garanties accrues sur les dividendes futurs, la solidité des fonds propres et la stratégie à long terme de la holding. Des exigences jugées légitimes, mais qui n’ont pas reçu de réponse unifiée de la part du conseil.
L’enjeu est de taille. Si l’opération aboutit, Leonardo Maria Del Vecchio deviendrait le premier actionnaire de Delfin avec 37,5 % des parts, un seuil symbolique qui lui donnerait un poids déterminant dans la gouvernance de l’empire familial. Jusqu’à présent, sa participation s’élevait à 12,5 %, tandis que les six autres héritiers se partageaient le reste. Son frère Luca et sa sœur Paola détenaient à eux deux 25 % des parts, dont il souhaite désormais se porter acquéreur.
Delfin, un pilier de la finance italienne au cœur de la polémique
La holding Delfin, basée au Luxembourg, n’est pas seulement le véhicule d’investissement de la famille Del Vecchio. Elle constitue également un acteur clé du paysage financier italien. Outre sa participation majoritaire dans EssilorLuxottica — le géant de l’optique propriétaire de marques comme Ray-Ban, Oakley et Supreme —, Delfin détient des intérêts dans plusieurs institutions majeures : UniCredit (4,5 %), Assicurazioni Generali (environ 2 %) et Banca Monte dei Paschi di Siena (environ 3 %). Avec un patrimoine net estimé à plus de 40 milliards d’euros, la société est régulièrement citée dans les débats sur la consolidation bancaire en Italie.
Cette dimension dépasse largement le cadre familial. Les décisions prises par Delfin, notamment lors de l’assemblée générale du 30 juin, pourraient avoir des répercussions sur l’ensemble du secteur financier italien. D’autant que Leonardo Maria Del Vecchio présente cette réunion comme un moment charnière : « Cette assemblée ne portera pas sur les dividendes ou le bilan, mais sur la nature même et l’avenir de Delfin », écrit-il dans sa lettre.
Deux scénarios s’affrontent avant le vote du 30 juin
Deux options s’opposent désormais. D’un côté, Leonardo Maria Del Vecchio mise sur le soutien des actionnaires pour valider le rachat de 25 % des parts de son frère et de sa sœur. De l’autre, le président de Delfin, Francesco Milleri, prépare une contre-proposition : la holding rachèterait elle-même les parts de Luca et Paola au même prix, puis les répartirait entre les six autres héritiers. Selon La Repubblica, cette alternative pourrait être soumise aux actionnaires lors de l’assemblée du 30 juin, comme le rapporte Euronews FR.
Cette stratégie aurait l’avantage de maintenir l’équilibre actuel des forces au sein de la famille, tout en évitant une concentration excessive du pouvoir entre les mains d’un seul héritier. Elle soulève cependant des questions sur la valorisation des parts et les modalités de redistribution. Leonardo Maria Del Vecchio n’a pas encore réagi publiquement à cette contre-proposition, mais son ton dans la lettre ouverte suggère qu’il considère cette option comme une manœuvre dilatoire.
Quoi qu’il en soit, cette affaire illustre les défis auxquels sont confrontées les dynasties industrielles lorsqu’il s’agit de transmettre un patrimoine à la génération suivante. Entre logique financière et enjeux familiaux, l’équilibre reste fragile — autant dire que les prochains jours seront déterminants.
Il cherche à porter sa participation à 37,5 % dans Delfin, ce qui en ferait le premier actionnaire. Cette position lui donnerait un contrôle accru sur la gouvernance de l’empire familial, notamment sur la stratégie de la holding et la transmission des actifs à la prochaine génération.
Leur participation combinée s’élève à 25 % du capital de Delfin. Selon les informations disponibles, le rachat de ces parts est estimé à 10 milliards d’euros, financés par un prêt consenti par trois grandes banques européennes.