Sur les hauteurs de Kerchouan, au Haut-Corlay dans les Côtes-d'Armor, le paysage se transforme chaque jour sous l'effet du démantèlement des six éoliennes du parc local. Selon Ouest France, les opérations de démontage, qui mobilisent grues géantes et équipes spécialisées, progressent au rythme des conditions météorologiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Six éoliennes sont en cours de démontage sur le site de Kerchouan, au Haut-Corlay (Côtes-d'Armor)
  • Les travaux font appel à des grues de grande capacité et des procédures de recyclage
  • Le chantier avance selon les aléas climatiques
  • Les fondations des éoliennes ont déjà été enlevées
  • Les parcelles concernées font l'objet d'une remise en état progressive

Un chantier spectaculaire sous haute surveillance

Les six éoliennes du parc de Kerchouan, situées sur un plateau venteux du Haut-Corlay, disparaissent peu à peu du paysage. D'après Ouest France, le démontage mobilise des engins lourds et des techniques précises pour assurer la sécurité des équipes et la préservation des sols. Les fondations, une fois extraites, laissent place à des zones de travail temporaires avant leur remise en état définitive.

Les grues géantes, dont certaines dépassent les cent mètres de hauteur, assurent le levage des pales et des nacelles. Chaque opération est planifiée en fonction des prévisions météo, les conditions venteuses rendant certaines phases du chantier impossibles. « Le rythme dépend avant tout de la météo », précise un responsable cité par le quotidien.

Des procédures de recyclage intégrées au processus

Outre le démontage mécanique, le chantier intègre une dimension environnementale. Les matériaux récupérés – acier, béton, composites – sont acheminés vers des filières de recyclage agréées. Selon les estimations d'Ouest France, près de 90 % des composants d'une éolienne peuvent être valorisés.

Les équipes en charge du projet soulignent l'importance de cette étape. « Le recyclage fait partie intégrante du démantèlement, autant pour respecter la réglementation que pour limiter l'impact environnemental », indique un porte-parole de l'entreprise en charge des travaux. Les parcelles, une fois libérées des structures, font l'objet d'un réaménagement paysager pour retrouver un aspect proche de leur état initial.

Un calendrier encore incertain

Si le démontage des six éoliennes est en cours, la durée totale des opérations reste difficile à estimer. Les aléas climatiques, fréquents dans cette région bretonne, pourraient ralentir la progression du chantier. Selon les premières projections, les travaux pourraient s'étaler sur plusieurs mois, avec une fin prévue avant la fin de l'année 2026.

Le site de Kerchouan n'est pas le premier parc éolien en Bretagne à subir un démantèlement. Plusieurs installations, arrivées en fin de vie ou dont les autorisations ont été révoquées, ont déjà fait l'objet de procédures similaires ces dernières années. La Bretagne, pionnière dans le développement de l'éolien terrestre, doit désormais gérer un nombre croissant de sites en fin de cycle.

Et maintenant ?

Une fois les éoliennes démontées et les parcelles remises en état, les terrains pourraient faire l'objet de nouveaux projets, qu'il s'agisse d'aménagements agricoles, de reboisement ou de réinstallation d'éoliennes plus performantes. Les collectivités locales et les porteurs de projets devront déposer de nouvelles demandes d'autorisation, dans un contexte où les normes environnementales se renforcent.

La question du devenir des matériaux recyclés reste également en suspens : une partie pourrait être réutilisée localement, tandis que d'autres devront être transportés vers des sites spécialisés. Les résultats définitifs du chantier devraient être connus d'ici la fin de l'été 2026.

Reste à savoir si ce démantèlement servira de modèle pour les autres parcs éoliens bretons en fin de vie. Une chose est sûre : le paysage des Côtes-d'Armor, façonné par ces géants de métal depuis plus de deux décennies, va continuer de changer dans les mois à venir.

Plusieurs raisons peuvent justifier le démantèlement d'un parc éolien. Dans le cas de Kerchouan, les éoliennes pourraient avoir atteint la fin de leur durée de vie technique, estimée généralement entre 20 et 25 ans. Une autre possibilité est la révision des autorisations administratives, qui peut conduire à l'arrêt définitif de l'exploitation si les critères environnementaux ou paysagers ne sont plus respectés.