La Commission des beaux-arts de Washington a donné son feu vert, à l’unanimité, au projet d’arche monumentale porté par Donald Trump. Selon BMF - International, cette structure de 76 mètres de haut, couronnée de statues dorées, a été approuvée jeudi 21 mai lors d’une séance où tous les membres du conseil d’administration, nommés par la Maison Blanche, ont voté pour. Ce conseil avait été entièrement renouvelé l’année dernière, remplaçant les précédents membres par des alliés du président américain.
L’édifice, dont l’architecture a été dévoilée en avril dernier, doit s’élever à l’extérieur du cimetière national d’Arlington, en Virginie. Donald Trump, qui en fait l’un des piliers de sa volonté de marquer Washington de son empreinte, affirme qu’elle sera la plus grande du monde, dépassant ainsi l’Arc de Triomphe de Paris (50 mètres). L’arche, surmontée de grandes statues dorées représentant un ange et des aigles, s’inscrit dans une série de projets architecturaux ambitieux menés par le milliardaire depuis son retour à la Maison Blanche.
Ce qu'il faut retenir
- 76 mètres de haut, c’est la taille de l’arche monumentale que Donald Trump veut construire à Washington, validée à l’unanimité par la Commission des beaux-arts le 21 mai 2026.
- L’édifice doit être surmonté de statues dorées représentant un ange et des aigles, selon les plans présentés.
- Le projet est situé à l’extérieur du cimetière national d’Arlington, en Virginie, un site où reposent des centaines de milliers d’anciens combattants.
- Plusieurs associations, dont des vétérans de la guerre du Vietnam, ont engagé des poursuites judiciaires pour faire annuler ce projet, estimant qu’il obstruerait la vue depuis le cimetière.
- La Commission des beaux-arts, créée en 1910 par le Congrès, conseille le gouvernement sur les questions architecturales et urbaines de Washington.
Un projet controversé, déjà dans le collimateur de la justice
Dès son annonce, le projet a suscité une vague de critiques. Outre les poursuites engagées par des associations de vétérans, qui dénoncent une atteinte à la vue depuis le cimetière d’Arlington, le processus d’approbation interroge. Donald Trump a en effet choisi de contourner le Congrès en ne sollicitant pas son aval, comme l’exige pourtant la procédure. « On n’a pas besoin du Congrès », a-t-il rétorqué jeudi à la presse, balayant d’un revers de main les objections institutionnelles. Une position qui risque d’alimenter les tensions avec les opposants, d’autant que la Commission des beaux-arts, traditionnellement indépendante, est aujourd’hui perçue comme un relais des volontés présidentielles.
La polémique ne s’arrête pas là. D’autres projets pharaoniques portés par l’ancien président, comme la salle de bal aménagée au sein de la Maison Blanche, suscitent également des controverses. Trump, qui promet une inauguration « vers septembre 2028 », défend une vision où l’architecture doit servir de vitrine à son héritage politique, quitte à bousculer les règles en vigueur.
Une commission sous influence, un symbole de pouvoir
Créée en 1910, la Commission des beaux-arts est un organe consultatif chargé d’évaluer les projets architecturaux et urbains à Washington. Traditionnellement composée d’architectes et d’urbanistes indépendants, elle a vu son conseil d’administration entièrement remplacé par la Maison Blanche en 2025, sous le mandat actuel. Cette mainmise sur la commission a été critiquée par des observateurs, qui y voient une politisation des instances culturelles et une instrumentalisation de l’art au service du pouvoir.
Dans ce contexte, l’approbation de l’arche monumentale prend une dimension symbolique. Pour ses partisans, elle incarnera la grandeur de l’Amérique sous Trump. Pour ses détracteurs, elle symbolise un recul démocratique, où les projets les plus ambitieux échappent au contrôle des institutions. D’ailleurs, un autre groupe, également contrôlé par des alliés du président, doit examiner le projet le 4 juin prochain, laissant présager une validation en cascade.
Un projet qui dépasse les frontières américaines
Avec ses 76 mètres, l’arche projetée par Trump se présente comme un défi lancé aux monuments historiques du monde. Le milliardaire, qui affirme vouloir construire « la plus grande arche du monde », n’hésite pas à comparer son projet à l’Arc de Triomphe de Paris ou à l’Arche de Triomphe du Carrousel, bien plus modestes en taille. Cette ambition affichée s’inscrit dans une logique de « gigantisme » déjà observable dans d’autres réalisations récentes, comme les tours de New York ou les projets urbains à Dubaï.
Pourtant, le débat dépasse la simple question esthétique. Les recours juridiques engagés par des associations de vétérans pourraient retarder, voire bloquer, la construction. Ces groupes estiment que l’arche obstruera la vue depuis le cimetière d’Arlington, un site sacré pour des millions d’Américains. Leur argumentaire s’appuie sur des règles de préservation du paysage, souvent invoquées pour protéger les sites historiques. La bataille judiciaire s’annonce donc serrée, d’autant que le projet n’a pas obtenu les autorisations fédérales nécessaires.
En attendant, la polémique autour de cette arche géante illustre une fois de plus la polarisation de la société américaine, où chaque décision présidentielle est scrutée, commentée, et souvent combattue. Un symbole de plus, si besoin était, de l’Amérique des années 2020 : une nation où le gigantisme architectural le dispute aux déchirements politiques.
Les principales critiques portent sur l’absence d’autorisation du Congrès, jugée nécessaire par la procédure en vigueur, ainsi que sur l’impact visuel depuis le cimetière national d’Arlington. Plusieurs associations, dont des groupes de vétérans, estiment que l’arche obstruera la vue depuis ce site historique et ont engagé des recours juridiques pour faire annuler le projet.
La Commission des beaux-arts, traditionnellement indépendante, a vu son conseil d’administration entièrement renouvelé en 2025 par la Maison Blanche. Cette recomposition, perçue comme une politisation de l’instance, a alimenté les suspicions sur l’objectivité de ses décisions. Les opposants au projet y voient une validation a priori, motivée par des considérations politiques plutôt qu’artistiques ou culturelles.