Selon Franceinfo - Santé, à Nîmes, un supermarché est tenu par les producteurs eux-mêmes, offrant aux consommateurs des prix abordables et des produits frais.
Ce qu'il faut retenir
- Les agriculteurs patrons du supermarché fixent leur propre prix pour leurs produits.
- Le magasin compte plus de 150 000 clients et un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros en 2025.
- Le concept du supermarché est soutenu par la Chambre d'agriculture du Gard.
Thomas Auguste, éleveur et actionnaire du Mas des agriculteurs, vient lui-même mettre en rayon les œufs qu'il produit. S'il le fait, c'est parce qu'il est ici chez lui, avec même sa photo au mur. Comme 180 autres agriculteurs locaux, il est actionnaire du magasin.
« Nous, on travaille sur de l'œuf qui est obligatoirement extra frais », annonce-t-il. « Moi, j'aime bien avoir des œufs qui viennent de poules qui ont été bien traitées », glisse le client.
Les agriculteurs patrons du supermarché fixent leur propre prix pour leurs produits. Pas de négociations acharnées donc, comme avec les autres grandes surfaces. Le magasin lui achète la boîte de six, 2,22 euros. Elle est vendue 3,15 euros. La différence sert notamment à payer les 19 employés.
« C'est un luxe de pouvoir vendre nos produits à la valeur qu'on leur attribue et qui est une valeur juste », affirme Thomas Auguste.
Le concept séduit les clients. Un homme le fait découvrir à sa belle-fille, Marine Vachet-Valaz. « J'aime bien, il y a de beaux fruits, de beaux légumes, je trouve que les prix sont corrects », dit-elle. Ils voient leurs achats comme un engagement.
« Des pommes bio pour faire de bonnes compotes. On voit suffisamment la détresse des agriculteurs et autres. Donc c'est bien de pouvoir favoriser les gens qui travaillent dans notre région », avance Bruno Pazzaglini.
Et ces courses peuvent faire la différence. Certains producteurs ont réussi à sortir la tête de l'eau, comme Essaïd El Moussaoui. Installé à 40 kilomètres de là, lui aussi est actionnaire. Son champ d'un hectare et demi de poireaux est planté pour la structure.
« Il est bon. Là, au kilo, par exemple, s'il y en a 4-5 poireaux, je touche 1,70 euro », chiffre-t-il. En revanche, dans la grande distribution, « si on demande 50 centimes, c'est le bout du monde », affirme-t-il. Soit 1,20 euro d'écart au kilo.
Grâce à ça, il a pu redresser son entreprise, au plus mal avant l'ouverture du magasin. « Ça m'a permis de payer toutes les dettes et de faire de l'investissement, par exemple dans le matériel, dans la main-d'œuvre aussi, donc d'embaucher plus de monde », se réjouit-il.
La Chambre d'agriculture du Gard espère répliquer le modèle et ouvrir d'autres sites. En attendant, les agriculteurs patrons du supermarché se réjouissent de voir leurs produits vendus à la valeur qu'ils leur attribuent.
Ils peuvent fixer leur propre prix pour leurs produits et bénéficier de prix plus équitables.
Le supermarché de Nîmes est un exemple de réussite pour les producteurs qui souhaitent contrôler leur propre marché et vendre leurs produits à la valeur qu'ils leur attribuent.