Dix ans après le référendum historique du 23 juin 2016, où 52 % des Britanniques avaient voté en faveur de la sortie de l’Union européenne, la question de l’immigration reste un sujet de division majeure au Royaume-Uni. Selon Ouest France, la promesse de « reprendre le contrôle » des frontières et de limiter l’afflux de migrants, souvent mise en avant par les partisans du Brexit, n’a pas apaisé les tensions sociales ni résolu les défis liés à l’accueil des nouveaux arrivants.

Ce qu'il faut retenir

  • Le référendum sur le Brexit s’est tenu le 23 juin 2016, avec 52 % de votes favorables à la sortie de l’UE.
  • L’un des arguments clés des partisans du « Leave » était la volonté de « reprendre le contrôle » des frontières et de réduire l’immigration.
  • Dix ans après, la question migratoire reste un sujet central des débats politiques et sociaux au Royaume-Uni.
  • Les flux migratoires vers le Royaume-Uni ont évolué depuis 2016, avec une hausse des arrivées par des voies irrégulières.

Un référendum marqué par la promesse migratoire

Le 23 juin 2016, les Britanniques se prononçaient à 51,9 % en faveur de la sortie de l’Union européenne, un choix historique qui allait redéfinir leur rapport à l’Europe. Parmi les arguments avancés par les partisans du Brexit figuraient notamment la volonté de « reprendre le contrôle » des frontières nationales et de mettre un terme, ou du moins de réduire, l’afflux de migrants en provenance d’Europe et d’ailleurs. Cette promesse avait séduit une partie de l’électorat, mécontent des politiques migratoires européennes perçues comme trop laxistes. Ouest France souligne que, dix ans plus tard, ces attentes restent largement insatisfaites aux yeux de nombreux citoyens.

Une question migratoire toujours aussi inflammable

Selon Ouest France, la question migratoire est aujourd’hui l’un des sujets qui cristallise le plus de rancœurs dans le débat public britannique. Les arrivées de migrants, notamment via la Manche en petites embarcations, ont alimenté une rhétorique politique de plus en plus stricte. Le gouvernement a multiplié les annonces pour durcir les conditions d’accueil, comme la loi sur l’immigration de 2023, qui prévoit le renvoi des demandeurs d’asile vers des pays tiers. Pourtant, les tensions persistent, et les critiques envers la gestion gouvernementale de ce dossier s’intensifient.

Les données officielles montrent une augmentation des traversées de la Manche depuis 2016. En 2025, plus de 40 000 personnes ont tenté la traversée, un chiffre record qui reflète l’ampleur des défis auxquels le Royaume-Uni est confronté. Ces flux migratoires irréguliers alimentent les discours sur la nécessité de « fermer les frontières », un thème récurrent dans les programmes des partis politiques, notamment du Parti conservateur.

Un bilan contrasté pour le gouvernement britannique

Le gouvernement britannique, dirigé depuis 2024 par une coalition conservatrice et travailliste modérée, tente de concilier fermeté et pragmatisme. En 2025, le Premier ministre Keir Starmer a réaffirmé l’objectif de réduire les arrivées irrégulières, tout en promettant une approche « plus humaine » que celle de ses prédécesseurs. Pourtant, les associations de défense des droits des migrants dénoncent une politique toujours plus restrictive, avec des conditions de détention jugées indignes et des délais d’examen des demandes d’asile qui s’allongent. Ouest France rappelle que, malgré les promesses, le nombre de demandes d’asile reste élevé, avec plus de 80 000 demandes enregistrées en 2025.

« Le Brexit devait nous permettre de mieux contrôler nos frontières, mais aujourd’hui, nous sommes submergés par les arrivées irrégulières. Le gouvernement a échoué à tenir ses promesses. »
— Un député conservateur cité par Ouest France

Les réactions politiques et sociales

Du côté de l’opposition, le Parti travailliste, désormais au pouvoir, tente de trouver un équilibre entre fermeté et humanité. Keir Starmer a évoqué la nécessité de « collaborer avec les pays européens » pour mieux gérer les flux migratoires, tout en maintenant une ligne dure envers les passeurs. Cependant, les associations caritatives, comme Care4Calais, critiquent une politique qui, selon elles, criminalise les migrants plutôt que de leur offrir des solutions durables. « On nous parle de reprise de contrôle, mais où est-elle ? Les migrants continuent d’arriver, et nous, on gère les conséquences », déplore un bénévole de l’association.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient voir l’adoption d’un nouveau pacte migratoire européen, dont les négociations sont en cours. Ce texte, s’il est validé, pourrait imposer au Royaume-Uni de participer à des mécanismes de solidarité avec les autres pays membres de l’UE, notamment en matière de répartition des demandeurs d’asile. Par ailleurs, le gouvernement britannique devrait annoncer d’ici la fin de l’année des mesures supplémentaires pour lutter contre les traversées de la Manche, sans pour autant préciser leur nature. La pression sur les autorités reste forte, alors que l’opinion publique reste profondément divisée sur la question.

Dix ans après le Brexit, la question migratoire reste donc un marqueur des tensions qui traversent la société britannique. Entre promesses non tenues et défis persistants, le Royaume-Uni cherche encore son équilibre, dans un contexte où l’Europe toute entière scrute ses choix.