Alors que les États-Unis s’apprêtent à célébrer les 250 ans de leur indépendance en 2026, Donald Trump envisagerait d’accorder 250 grâces présidentielles pour marquer l’événement. Selon des informations rapportées par Cryptoast et reprises du Wall Street Journal, cette initiative pourrait intervenir dès le 14 juin 2026, date d’anniversaire du président, ou le 4 juillet 2026, jour de la fête nationale américaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump pourrait gracier 250 personnes à l’occasion des 250 ans des États-Unis, selon des sources anonymes citées par Cryptoast et le Wall Street Journal.
  • Cette décision pourrait être annoncée le 14 juin (anniversaire du président) ou le 4 juillet (fête nationale).
  • Plusieurs figures des cryptomonnaies, dont Sam Bankman-Fried (FTX) et Keonne Rodriguez (Samourai Wallet), seraient candidates à une grâce.
  • Trump a déjà gracie des personnalités comme Changpeng Zhao (Binance) et Ross Ulbricht (Silk Road), mais a récemment exclu une grâce pour Bankman-Fried.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité des pratiques historiques américaines, où les présidents n’hésitent pas à utiliser le droit de grâce pour marquer des dates symboliques. Ed Martin, responsable des grâces au département de la Justice, a confirmé à la presse que Trump s’inspirait des traditions des anciens rois et papes, qui accordaient des pardons lors d’événements majeurs. Le président, connu pour ses décisions judiciaires controversées, avait déjà suscité la polémique en graciant six personnes condamnées pour leur rôle dans l’assaut du Capitole en janvier 2021.

Dans le secteur des cryptomonnaies, plusieurs personnalités pourraient figurer parmi les bénéficiaires. Sam Bankman-Fried, ancien PDG de FTX condamné à une peine de prison pour fraude, a multiplié les démarches ces derniers mois pour obtenir une grâce présidentielle. Pourtant, en janvier 2026, Trump avait clairement indiqué qu’il ne comptait pas gracier l’ex-entrepreneur, qualifiant sa demande de « sans fondement ». Malgré ce rejet apparent, Bankman-Fried conserve une lueur d’espoir, d’autant qu’il a renoncé à un second procès pour se concentrer sur cette possibilité.

Autre candidat pressenti : Keonne Rodriguez, l’un des développeurs du portefeuille cryptographique Samourai Wallet. Son profil rappelle celui de Ross Ulbricht, fondateur de Silk Road gracié par Trump en décembre 2024. À l’époque, le président avait laissé entendre qu’il étudierait favorablement sa demande. Les observateurs estiment que Rodriguez, moins médiatisé que Bankman-Fried, a de meilleures chances de voir sa peine réduite.

D’autres noms circulent également. Les cofondateurs de Tornado Cash, Roman Storm et Roman Semenov, condamnés pour leur rôle dans l’utilisation d’un mixeur de cryptomonnaies, n’ont pas officiellement demandé une grâce, mais leur cas pourrait être réexaminé. Trump a déjà montré une certaine bienveillance envers les acteurs du secteur crypto, comme en témoignent les pardons accordés à Changpeng Zhao (Binance) en 2024 et à Ross Ulbricht en 2025.

Un droit de grâce exercé avec sélectivité

Le droit de grâce présidentiel aux États-Unis, prévu par la Constitution, permet au chef de l’État d’annuler ou de réduire une peine. Si cette prérogative est régulièrement utilisée, les motivations de Trump diffèrent de celles de ses prédécesseurs. Contrairement à Barack Obama ou Joe Biden, qui ont principalement gracie des détenus de droit commun, Trump cible davantage des personnalités controversées, souvent liées à des affaires financières ou technologiques.

Cette approche a valu au président des critiques répétées, notamment de la part des démocrates. En 2021, la grâce accordée à six partisans de l’ex-président ayant participé à l’assaut du Capitole avait provoqué un tollé. Pourtant, Trump justifie ses choix en invoquant une vision « restauratrice » de la justice, s’inspirant des traditions monarchiques européennes. Ed Martin a d’ailleurs rappelé que les grâces présidentielles visaient à « symboliser l’unité nationale » lors d’anniversaires historiques.

Dans le cas des 250 grâces envisagées pour 2026, le président conservera le dernier mot. Aucune liste officielle n’a été rendue publique à ce jour, mais les spéculations vont bon train. Ghislaine Maxwell, complice de Jeffrey Epstein, pourrait également figurer parmi les bénéficiaires, bien que son cas relève davantage du scandale judiciaire que du secteur crypto.

Les cryptomonnaies, un terrain privilégié pour les grâces présidentielles

L’influence croissante des cryptomonnaies dans l’économie américaine a conduit Trump à s’intéresser de près à ce secteur. Après avoir gracié Changpeng Zhao en 2024 et Ross Ulbricht en 2025, le président semble ouvert à la possibilité d’accorder des pardons à d’autres acteurs du milieu. Cette politique s’inscrit dans un contexte où les régulateurs américains, comme la SEC, multiplient les poursuites contre les entreprises crypto.

Pour les défenseurs des cryptomonnaies, une grâce présidentielle représenterait une reconnaissance implicite de la légitimité de leurs activités. Keonne Rodriguez, par exemple, a gagné en popularité auprès des partisans de la vie privée en ligne, un argument susceptible de plaider en sa faveur. À l’inverse, Sam Bankman-Fried, dont l’image reste associée à l’un des plus grands scandales financiers de la décennie, pourrait voir ses chances s’amenuiser.

Reste à savoir si Trump maintiendra sa position initiale concernant Bankman-Fried. Ses déclarations passées, comme celle de janvier 2026 où il affirmait ne pas vouloir gracier l’ex-PDG de FTX, laissent peu de place à l’optimisme. Pourtant, les observateurs rappellent que les décisions présidentielles en matière de grâces sont souvent imprévisibles, comme en témoignent ses revirements passés.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si Donald Trump donnera suite à ce projet de 250 grâces présidentielles. Une annonce officielle pourrait intervenir dès le 14 juin 2026, date symbolique pour le président, ou lors du 4 juillet 2026, jour de fête nationale. Dans l’intervalle, les spéculations continueront de nourrir les débats, notamment parmi les acteurs du secteur crypto, qui y voient une opportunité de réhabilitation.

Quel que soit le choix final de Trump, cette initiative rappelle l’importance des grâces présidentielles comme outil de politique intérieure. Pour les bénéficiaires potentiels, l’attente pourrait s’avérer longue : les décisions en matière de pardons sont souvent prises dans les derniers mois d’un mandat présidentiel.

Aux États-Unis, le président peut gracier une personne condamnée pour une infraction fédérale, sous réserve que la demande soit étudiée par le département de la Justice. Les critères incluent la gravité de l’infraction, le comportement du condamné en prison et l’intérêt public. Aucune justification n’est obligatoire, mais les présidents tiennent généralement compte des pressions politiques et médiatiques.

Trump a souvent justifié ses grâces en s’inspirant des traditions historiques, où les souverains accordaient des pardons lors d’événements majeurs. Son approche diffère de celle de ses prédécesseurs, ciblant davantage des personnalités controversées ou liées à des affaires financières. Cette stratégie lui permet de marquer son mandat et de s’attirer le soutien de certains groupes, comme les acteurs du crypto.