Selon Euronews FR, plus de 20 % des eaux souterraines de l’Union européenne se trouvent dans un état chimique dégradé. Ce constat, dressé par l’Agence européenne pour l’environnement, révèle la présence de substances nocives comme le mercure ou le cadmium, dépassant les seuils autorisés par la directive-cadre sur l’eau de l’UE. Autant dire que la qualité de l’eau potable varie considérablement d’un pays à l’autre, entre des systèmes performants et des zones où la pollution reste préoccupante.
Ce qu'il faut retenir
- 20 % des eaux souterraines de l’UE sont en mauvais état chimique, selon l’Agence européenne pour l’environnement.
- Le traitement des nitrates dans les engrais coûterait 320 milliards d’euros par an à l’UE, alors que 14 % des stations de mesure dépassent la limite légale de 50 mg/l.
- La Finlande, l’Islande, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni obtiennent un score parfait de 100/100 dans l’indice de performance environnementale.
- Au Luxembourg, 79 % des masses d’eau souterraine ne respectent pas les normes chimiques en 2025, un taux parmi les plus élevés d’Europe.
- Les « polluants éternels » (PFAS) ont été détectés dans 23 000 sites en Europe, tandis que l’acide trifluoroacétique (TFA) est présent dans 94 % des échantillons analysés dans 11 pays de l’UE.
Une ressource menacée par les activités humaines
Les eaux souterraines, qui fournissent 65 % de l’eau potable et 25 % de l’irrigation agricole dans l’UE, subissent une pression croissante. « Environ 80 % des eaux usées dans le monde pénètrent dans les masses d’eau souterraine sans traitement », soulignent les chercheurs de l’Atlas de l’eau, un indicateur développé par la Heinrich Böll Foundation. D’après eux, l’idée selon laquelle les rivières se purifient naturellement s’est avérée être une illusion : « Les rivières et les lacs sont devenus des cloaques toxiques et nauséabonds. »
Parmi les polluants les plus répandus figurent les pesticides, dont certains contiennent des PFAS (substances perfluoroalkylées), surnommées « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement. Plus de 175 composés pharmaceutiques ont également été identifiés dans les eaux souterraines européennes, aggravant la situation. Les microplastiques ajoutent une pression supplémentaire sur ces écosystèmes déjà fragilisés.
Les pays où l’eau du robinet est la plus sûre
Les investissements européens dans l’assainissement portent leurs fruits : 19 des 20 pays disposant des meilleurs systèmes d’eau potable et d’assainissement au monde sont européens, le Japon étant la seule exception. Six pays obtiennent même un score parfait de 100 points dans l’indice de performance environnementale, qui évalue la protection de la santé humaine contre les risques liés à l’eau potable insalubre. Il s’agit de la Finlande, de l’Islande, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suisse et du Royaume-Uni.
Ces États se distinguent par des réglementations strictes, une gestion rigoureuse des ressources en eau et des infrastructures performantes. Leur exemplarité s’explique aussi par une surveillance accrue des perturbateurs endocriniens, comme le bêta-estradiol et le nonylphénol, deux substances désormais sous haute surveillance depuis l’adoption par l’UE, en janvier 2022, de sa première liste de surveillance de l’eau potable.
Les zones critiques : où la qualité de l’eau reste un défi
À l’inverse, certains pays affichent des résultats alarmants. Au Luxembourg, 79 % des masses d’eau souterraine cartographiées en 2025 ne répondent pas aux exigences chimiques de l’UE, un taux le plus élevé du continent. La République tchèque (55 %), la Belgique (41 %) et l’Allemagne (40 %) suivent de près, illustrant les disparités entre les États membres.
En dehors de l’UE, les taux les plus faibles sont enregistrés en Moldavie (50 points), en Géorgie (51,7 points) et en Albanie (54,1 points) sur l’indice de performance environnementale. Trois pays de l’UE figurent également parmi les dix pires élèves : la Lettonie (59,1 points), la Lituanie (58,4 points) et la Roumanie (56 points). Ces données révèlent les lacunes persistantes en matière de gestion de l’eau, notamment dans les pays d’Europe de l’Est où les infrastructures et les réglementations peinent à suivre.
Les coûts cachés de la pollution de l’eau
Le coût environnemental et économique de la dépollution est colossal. Le traitement des nitrates, présents dans les engrais agricoles, représenterait à lui seul 320 milliards d’euros par an pour l’UE. Pourtant, la limite légale de 50 mg/l est dépassée dans 14 % des stations de mesure des eaux souterraines européennes, selon la Commission européenne. Cette situation oblige les États à investir massivement dans des technologies de filtration et de purification, un fardeau qui pèse sur les budgets publics et les contribuables.
Les « polluants éternels » (PFAS) ajoutent une dimension supplémentaire à ce défi. Présents dans 23 000 sites en Europe, ces composés chimiques, utilisés dans les revêtements antiadhésifs, les mousses anti-incendie ou les textiles, sont quasi indestructibles. Leur élimination nécessite des procédés coûteux et complexes, souvent au-delà des capacités des stations de traitement traditionnelles. À cela s’ajoute la détection d’acide trifluoroacétique (TFA), un sous-produit de certains pesticides, retrouvé dans 94 % des échantillons d’eau du robinet analysés dans 11 pays de l’UE.
En attendant, les citoyens peuvent consulter les rapports annuels de leur agence nationale de l’eau pour connaître la qualité de l’eau du robinet dans leur région. Des applications et plateformes en ligne, comme celle de l’Atlas de l’eau, permettent déjà d’accéder à des cartes interactives détaillant l’état des masses d’eau souterraines en Europe.
Les principaux polluants sont les nitrates, issus des engrais agricoles, les pesticides (dont l’acide trifluoroacétique ou TFA), les PFAS (« polluants éternels »), les métaux lourds comme le mercure ou le cadmium, ainsi que les composés pharmaceutiques et les microplastiques. Selon Euronews FR, ces substances dépassent fréquemment les seuils autorisés par la directive-cadre sur l’eau de l’UE.
Ces pays combinent plusieurs facteurs : une forte densité d’industries chimiques, une agriculture intensive utilisant massivement des engrais et pesticides, ainsi que des infrastructures de traitement parfois insuffisantes. L’Atlas de l’eau souligne aussi que les pratiques de rejet des eaux usées non traitées aggravent la situation, notamment dans les régions transfrontalières.