En février 2026, l’UFC-Que Choisir a publié les résultats d’une enquête alarmante sur la présence de PFAS dans les eaux en bouteille. Selon Top Santé, qui relaie l’étude, seules 11 références sur les marques testées ne contiennent pas de polluants de cette famille.

Ce qu'il faut retenir

  • 11 marques exemptes de TFA (un type de PFAS) sur l’ensemble des eaux en bouteille analysées par l’UFC-Que Choisir en février 2026
  • La majorité des eaux testées contiennent des PFAS, des polluants persistants et potentiellement nocifs pour la santé
  • L’enquête de l’UFC-Que Choisir met en lumière un problème de contamination systémique dans le secteur de l’eau en bouteille
  • Top Santé souligne que ces résultats interrogent les choix des consommateurs au quotidien

Une contamination généralisée des eaux en bouteille

L’enquête menée par l’UFC-Que Choisir a porté sur un échantillon représentatif de marques d’eaux en bouteille disponibles sur le marché français. Selon les résultats publiés en février 2026 et rapportés par Top Santé, la majorité des références testées contiennent des PFAS, des composés chimiques artificiels utilisés dans de nombreux produits industriels et connus pour leur persistance dans l’environnement.

Parmi les polluants détectés, le TFA (acide trifluoroacétique), un sous-type de PFAS, a particulièrement retenu l’attention des enquêteurs. Seules 11 marques n’ont révélé aucune trace de ce composé dans leurs analyses, ce qui représente une infime partie des produits testés.

Les PFAS, des polluants aux effets encore mal connus

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des molécules synthétiques utilisées depuis les années 1950 dans des applications variées : revêtements antiadhésifs, mousses anti-incendie, textiles imperméables ou encore emballages alimentaires. Leur particularité réside dans leur persistance extrême dans l’environnement et leur capacité à s’accumuler dans les organismes vivants, d’où leur surnom de « polluants éternels ».

Si leurs effets sur la santé humaine font encore l’objet de recherches, certaines études suggèrent des liens possibles avec des troubles hormonaux, des cancers ou des problèmes de fertilité. En 2023, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait déjà alerté sur les risques liés à l’exposition chronique à ces substances.

Quelles marques sont concernées ?

L’UFC-Que Choisir n’a pas révélé publiquement la liste complète des 11 marques exemptes de TFA dans son enquête. Cependant, Top Santé précise que ces références appartiennent principalement à des gammes d’eaux dites « naturelles » ou « de source », souvent perçues comme plus pures par les consommateurs.

Côté marques contaminées, les résultats de l’étude montrent que les eaux minérales les plus répandues dans les rayons des supermarchés ne sont pas épargnées. Certaines eaux issues de sources reconnues pour leur qualité environnementale affichent également des taux de PFAS préoccupants, ce qui soulève des questions sur l’efficacité des contrôles actuels.

Un enjeu de santé publique à l’échelle européenne

La présence de PFAS dans les eaux en bouteille n’est pas un phénomène isolé à la France. Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne et les pays nordiques, ont également signalé des contaminations similaires dans leurs réseaux d’eau potable et leurs eaux embouteillées. En 2025, la Commission européenne a proposé de renforcer les seuils maximaux admissibles pour ces substances dans l’eau potable, une mesure qui pourrait s’étendre aux eaux en bouteille.

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a été saisie pour évaluer les risques liés à l’exposition aux PFAS via l’alimentation et l’eau. Ses conclusions, attendues pour la fin de l’année 2026, pourraient influencer les futures réglementations sur ces polluants.

Et maintenant ?

Les résultats de l’UFC-Que Choisir devraient pousser les autorités sanitaires à revoir les protocoles de contrôle des eaux en bouteille. Une révision des normes européennes, prévue pour 2027, pourrait imposer des seuils plus stricts pour les PFAS. En attendant, les consommateurs pourraient privilégier les marques ayant fait l’objet de contrôles indépendants, tout en exigeant plus de transparence de la part des industriels.

L’enquête de l’UFC-Que Choisir, relayée par Top Santé, rappelle que la vigilance reste de mise, d’autant que les effets à long terme des PFAS sur la santé restent partiellement méconnus. Faut-il systématiser des analyses indépendantes sur les eaux en bouteille ? La question est désormais posée.