Dans un contexte sanitaire toujours plus tendu en République démocratique du Congo (RDC), l’hôpital CBCA Virunga de Goma, situé dans la province du Nord-Kivu, a mis en place un nouveau dispositif de prise en charge des patients suspects d’Ebola. Selon RFI, cette restructuration a été menée avec l’appui de l’ONG International Medical Corps, dans le but d’améliorer le triage et l’isolement des cas suspects.

Ce qu'il faut retenir

  • Un circuit de triage et d’isolement a été déployé à l’hôpital CBCA Virunga de Goma, contrôlé par l’alliance AFC/M23.
  • Cette initiative s’inscrit dans la lutte contre la résurgence du virus Ebola en RDC.
  • L’ONG International Medical Corps apporte un soutien technique et logistique à l’établissement.
  • L’hôpital de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, est un pôle sanitaire majeur dans la région.

La province du Nord-Kivu, déjà fragilisée par des années de conflits armés, est régulièrement touchée par des épidémies de maladies à virus Ebola. Goma, ville frontalière avec le Rwanda, constitue un point de passage stratégique pour la propagation du virus. C’est dans ce cadre que l’hôpital CBCA Virunga, structure contrôlée par l’AFC/M23, a décidé de renforcer ses protocoles sanitaires. « L’objectif est clair : éviter tout débordement en organisant un circuit strict pour les patients suspects », a expliqué un responsable de l’hôpital, cité par RFI.

Le nouveau dispositif repose sur un triage renforcé à l’entrée de l’établissement, suivi d’un isolement immédiat des patients présentant des symptômes évocateurs d’Ebola. Cette mesure vise à limiter les risques de contamination nosocomiale au sein de l’hôpital. « Chaque patient est évalué dès son arrivée pour déterminer s’il nécessite une prise en charge dans le circuit dédié », a précisé un membre de l’équipe médicale. L’ONG International Medical Corps a accompagné cette restructuration en fournissant du matériel et une formation spécifique aux équipes soignantes.

Cette initiative intervient alors que la RDC fait face à une recrudescence des cas d’Ebola. Selon les dernières données officielles, le pays a enregistré plus de 500 cas confirmés depuis le début de l’année 2026, principalement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Les autorités sanitaires locales et les partenaires internationaux multiplient les efforts pour endiguer la propagation du virus, notamment dans les zones urbaines comme Goma.

Et maintenant ?

Si cette restructuration permet d’améliorer la prise en charge des patients, son efficacité dépendra en grande partie du respect strict des protocoles par l’ensemble du personnel soignant. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces nouvelles mesures sur l’évolution de l’épidémie. Une réunion d’évaluation est prévue d’ici la fin du mois de mai 2026 pour ajuster, si nécessaire, les dispositifs mis en place.

Dans un communiqué, le ministère congolais de la Santé a salué cette initiative, tout en appelant à une mobilisation accrue de la communauté internationale. « La lutte contre Ebola ne peut être efficace sans une coordination renforcée entre tous les acteurs », a souligné un porte-parole du ministère. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si ces mesures permettront de limiter la propagation du virus dans une région déjà fragilisée par des crises multiples.

Selon RFI, le circuit de triage de l’hôpital CBCA Virunga se base sur les symptômes classiques d’Ebola : fièvre élevée, vomissements, diarrhées, saignements et fatigue intense. Tout patient présentant au moins deux de ces signes est immédiatement isolé et pris en charge dans le circuit dédié.