Cryptoast révèle qu’en l’espace de quarante-huit heures, la valorisation des actions pré-IPO d’Anthropic — maison mère de l’IA Claude — a chuté de plus de 30 %, selon les données de CoinGecko. Une chute brutale qui intervient après une annonce officielle de la société rejetant toute légitimité aux transactions réalisées sur des marchés secondaires et tokenisés.
Ce qu'il faut retenir
- Anthropic a officiellement indiqué que les actions échangées sur les marchés secondaires « ne seront pas reconnues » dans ses registres, selon son communiqué du 12 mai 2026.
- Le cours de l’action pré-IPO a plongé de plus de 30 % sur les deux derniers jours, passant sous la barre symbolique des 400 milliards de dollars de valorisation estimée.
- La société rappelle que « tout transfert d’actions non approuvé par son conseil d’administration est nul », ce qui invalide les transactions via SPV et autres structures d’investissement non autorisées.
- Cette crise survient alors qu’Anthropic et son concurrent OpenAI sont tous deux confrontés à des tensions sur ces marchés parallèles, qui promettaient un accès anticipé à leurs actions avant leur entrée en bourse prévue d’ici la fin 2026.
- Les plateformes comme Robinhood avaient tenté de structurer des « stock tokens » pour ces acteurs, mais se heurtent désormais à des déclarations contraires de la part des deux entreprises.
Des marchés parallèles sous pression après la déclaration d’Anthropic
Depuis plusieurs mois, les investisseurs spéculaient sur les actions d’Anthropic via des plateformes spécialisées dans les échanges secondaires, notamment via des employés détenteurs de stocks-options ou des fonds privés ayant participé aux premiers tours de financement. Ces transactions, souvent tokenisées pour faciliter leur cession, représentaient déjà un volume estimé à plus de 400 milliards de dollars selon certains analystes, cite Cryptoast.
Mais mardi 12 mai 2026, la société a publié sur son site un communiqué lapidaire : « Nos actions privilégiées et nos actions ordinaires sont soumises à des restrictions de transfert contenues dans nos règlements. Toute vente ou transfert d’actions Anthropic, ou toute participation dans les actions Anthropic, qui n’a pas été approuvée par notre conseil d’administration est nulle et ne sera pas reconnue dans nos livres et dossiers », peut-on y lire. Une formulation claire qui a immédiatement douché les espoirs des détenteurs de ces titres.
OpenAI touchée par ricochet, un marché pré-IPO en pleine tourmente
L’effet domino ne s’est pas fait attendre. Dès l’annonce d’Anthropic, les cours des actions pré-IPO de son rival OpenAI — valorisées à près de 880 milliards de dollars lors de leur dernier tour de table — se sont effondrés à leur tour de près de 40 %, selon les données de CoinGecko. L’ensemble du marché pré-IPO, qui inclut également d’autres start-up technologiques, affiche quant à lui un recul moyen de 10 % sur la même période.
Cette situation rappelle celle vécue par OpenAI en juillet 2025, lorsqu’elle avait elle-même mis en garde contre les « stock tokens » proposés par Robinhood, précisant que ces instruments « ne représentent pas des actions émises de manière autorisée ». Pourtant, malgré ces avertissements répétés, les marchés parallèles avaient continué à se développer, alimentés par l’engouement pour les licornes de l’IA et leurs valorisations stratosphériques.
Des promesses d’investissement désormais en question
Les structures d’investissement comme les SPV (Special Purpose Vehicles), utilisées pour contourner les restrictions de cession, se retrouvent aujourd’hui dans une impasse juridique. Anthropic rappelle sans ambiguïté que « les offres d’investissement dans les cycles de financement passés ou futurs d’Anthropic par le biais d’un SPV sont interdites ». Un rappel qui remet en cause la viabilité économique de ces véhicules financiers, pourtant plébiscités par les investisseurs souhaitant accéder à des parts de capital avant l’introduction en bourse.
« Les marchés secondaires et tokenisés promettaient une exposition économique de 1:1 aux actions Anthropic pré-IPO, mais leur promesse semble aujourd’hui caduque », souligne un analyste interrogé par Cryptoast. Le paradoxe est total : ces marchés se sont développés précisément parce que l’entrée en bourse d’Anthropic — attendue avant la fin de l’année 2026 — tarde à se concrétiser, alors même que la société s’apprête à lever des fonds en bourse pour près de 1 000 milliards de dollars.
Cette crise illustre les risques inhérents aux marchés non régulés, où la spéculation dépasse parfois la réalité des actifs sous-jacents. Elle rappelle aussi que, dans l’écosystème des licornes technologiques, l’euphorie des valorisations peut rapidement laisser place à la désillusion lorsque les règles du jeu changent brutalement.
Ces transactions permettent aux employés, investisseurs historiques ou fonds spécialisés d’échanger leurs parts sans attendre l’IPO. Elles sont souvent réalisées via des plateformes secondaires ou tokenisées, qui promettent une liquidité anticipée à un actif normalement illiquide.
Un SPV (Special Purpose Vehicle) est une structure juridique créée pour détenir temporairement des actifs, comme des actions. Anthropic interdit leur utilisation car ils permettent de contourner les restrictions de transfert imposées par la société, notamment pour ses employés et investisseurs initiaux.