Le président français Emmanuel Macron a achevé ce mercredi 13 mai 2026 son périple diplomatique sur le continent africain par une visite à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette étape marque l’aboutissement d’une tournée de plusieurs jours visant à renforcer les liens économiques et culturels entre la France et l’Afrique, comme le rapporte BMF - International. Au cours de ce voyage, qui l’a conduit au Kenya, en Afrique du Sud et en Éthiopie, Macron a multiplié les annonces financières et les déclarations sur la restitution des œuvres d’art pillées pendant la colonisation.

Ce qu'il faut retenir

  • 14 milliards d’euros d’investissements français annoncés en Afrique, selon les chiffres dévoilés lors de cette tournée.
  • Emmanuel Macron a réitéré son plaidoyer pour l’intégration de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU comme membre permanent.
  • La France s’est engagée à faciliter la restitution des œuvres d’art pillées pendant la colonisation, un processus qualifié d’« inarrêtable » par le président.
  • Au total, 23 milliards d’euros d’investissements français et africains ont été annoncés lors du Sommet de Nairobi.
  • Macron a souligné la volonté française d’établir une relation « d’égal à égal » avec les pays africains.

Une tournée axée sur le partenariat économique et culturel

Emmanuel Macron a entamé ce voyage le 6 mai 2026 par un discours au Sommet Africa Forward à Nairobi, où il a échangé des passes de football avec des jeunes locaux, une séquence médiatisée qui a marqué les esprits. L’accent a été mis sur la nécessité de construire des relations économiques plus équilibrées. « On a envie d’être des partenaires d’égal à égal », a-t-il déclaré lors de ce sommet, insistant sur l’importance de ne plus considérer l’Afrique comme un acteur secondaire sur la scène internationale.

Au Kenya, le président français a également abordé la question de la restitution des biens culturels, un sujet sensible qu’il a présenté comme une priorité. « Le patrimoine culturel [...] n’était pas en Afrique, mais il doit y revenir », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que ce processus s’inscrit dans une démarche de réparation historique. Ces déclarations ont suscité des réactions contrastées, certains saluant une avancée majeure, d’autres pointant un manque de mesures concrètes immédiates.

L’Afrique au cœur des enjeux géopolitiques et onusiens

Lors de son passage en Éthiopie, Macron a réitéré son appel en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, plaidant pour une représentation accrue du continent africain. « Parler des crises mondiales sans l’Afrique est une faute morale », a-t-il affirmé, rappelant que le continent représente plus de 17 % de la population mondiale mais ne dispose que de deux sièges non permanents au Conseil. Cette position s’inscrit dans la continuité de la volonté française de promouvoir un multilatéralisme plus inclusif.

Par ailleurs, l’ONU a appelé à son tour, lors d’un sommet à Nairobi, à un « système international plus équitable » pour l’Afrique, une déclaration qui rejoint les préoccupations exprimées par Macron. Ces prises de position surviennent alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, notamment autour de la question de la dette africaine et de l’accès aux financements internationaux.

Des annonces financières ambitieuses, mais des réactions mitigées

Les chiffres avancés par la France lors de cette tournée sont impressionnants : 23 milliards d’euros d’investissements annoncés lors du Sommet de Nairobi, dont une partie sous forme de partenariats public-privé. Parmi les projets phares figurent des investissements dans les énergies renouvelables, les infrastructures numériques et la santé. « On a construit quelque chose d’inarrêtable », a assuré Macron concernant la dynamique de restitution des œuvres d’art, évoquant des accords concrets signés avec plusieurs pays africains.

Pourtant, certains observateurs soulignent que ces annonces, bien que significatives, ne suffisent pas à répondre aux attentes des sociétés civiles africaines. Au Kenya, des voix se sont élevées pour dénoncer un « manque de respect » lors d’une conférence sur la culture, critiquant le décalage entre les discours et les actes concrets. « Ce n’est pas seulement une question de mots, mais de moyens », a rappelé un représentant d’une ONG locale, cité par BMF - International.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de ce dossier dépendront en grande partie de la mise en œuvre concrète des engagements pris. Plusieurs sommets internationaux, dont celui de l’ONU en septembre 2026, pourraient servir de cadre pour évaluer les progrès réalisés. La question de la restitution des œuvres d’art, notamment, devrait faire l’objet de négociations bilatérales dans les mois à venir, avec une attention particulière portée aux modalités pratiques et aux calendriers de retour. Quant à la réforme du Conseil de sécurité, elle reste un chantier de longue haleine, nécessitant un consensus entre les grandes puissances.

La tournée africaine d’Emmanuel Macron s’achève donc sur un bilan contrasté : des avancées symboliques et financières majeures, mais aussi des défis persistants en matière de confiance et de partenariat équitable. Ce voyage aura au moins permis de rappeler que l’Afrique occupe une place centrale dans les priorités stratégiques de la France, même si le chemin vers une relation pleinement apaisée et équilibrée reste long.

Les annonces concernent plusieurs pays africains, notamment le Kenya, l’Éthiopie, l’Afrique du Sud et d’autres nations d’Afrique subsaharienne. Les détails par pays seront précisés lors de la publication des accords bilatéraux dans les semaines à venir.