Le sommet Africa Forward, co-organisé par la France et le Kenya, a été qualifié de « succès » par l’ancien ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, comme le rapporte Franceinfo - Politique. Cet événement, qui s’est tenu ces derniers jours à Nairobi, avait pour objectif de renforcer les partenariats économiques et sécuritaires entre les deux pays et leurs partenaires africains. Les discussions, centrées sur l’innovation, la transition énergétique et la lutte contre le terrorisme, ont abouti à plusieurs annonces concrètes.
Ce qu'il faut retenir
- Un sommet Africa Forward co-organisé par la France et le Kenya, axé sur l’innovation, l’énergie et la sécurité.
- Jean-Yves Le Drian, présent lors de l’événement, a salué son bilan global lors d’une déclaration à la presse.
- Plusieurs partenariats ont été officialisés, notamment dans les domaines de l’agriculture durable et des énergies renouvelables.
- La lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Est a également figuré au cœur des échanges.
- L’événement a réuni des représentants de plus de vingt pays africains et européens.
Un sommet placé sous le signe de la coopération renforcée
Organisé à Nairobi du 6 au 9 mai 2026, le sommet Africa Forward a rassemblé des délégations venues de toute l’Afrique et d’Europe. L’objectif affiché était double : d’une part, accélérer les projets d’investissement dans les secteurs clés du continent, et d’autre part, consolider les alliances sécuritaires face aux menaces djihadistes en Afrique de l’Est. Selon les organisateurs, plus de 150 projets ont été présentés lors des ateliers thématiques, couvrant des domaines aussi variés que les infrastructures, la santé ou l’éducation.
Côté français, la délégation était conduite par le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Olivier Becht, tandis que le Kenya était représenté par le président William Ruto. « Ce sommet marque une étape importante dans notre relation avec l’Afrique », a déclaré Olivier Becht lors de son allocution d’ouverture. « Nous ne parlons plus seulement de coopération, mais d’une véritable co-construction. »
Des annonces concrètes dans l’énergie et la sécurité
Parmi les mesures phares issues du sommet, la création d’un fonds commun franco-kényan de 500 millions d’euros dédié aux énergies renouvelables a été officialisée. Ce fonds, abondé à parts égales par les deux pays, vise à soutenir des projets solaires et éoliens dans cinq pays d’Afrique de l’Est d’ici 2028. « L’Afrique a besoin d’énergie pour se développer, et c’est ensemble que nous pouvons y répondre », a souligné William Ruto lors de la cérémonie de clôture.
Côté sécurité, un accord de coopération opérationnelle entre les forces armées françaises et kényanes a été signé. Il prévoit notamment des exercices communs et un partage de renseignements pour lutter contre les groupes armés dans la région. « La menace terroriste reste une priorité absolue », a rappelé Olivier Becht. « Ce partenariat est une réponse directe aux défis que nous partageons. »
« Ce sommet a été un succès, car il a permis de concrétiser des partenariats qui engagent les deux pays sur le long terme. »
— Jean-Yves Le Drian, ancien ministre des Affaires étrangères
Une dimension panafricaine affirmée
Au-delà des relations bilatérales franco-kényanes, le sommet a mis en lumière l’importance de l’Afrique dans les stratégies globales des deux pays. Plus de vingt autres nations africaines, dont l’Éthiopie, l’Ouganda et le Rwanda, étaient représentées, ainsi que des observateurs de l’Union africaine. Un partenariat tripartite entre la France, le Kenya et la Banque africaine de développement a également été annoncé, visant à financer des projets d’adaptation climatique.
Les échanges ont également porté sur la question migratoire, avec l’engagement de renforcer les filières de formation professionnelle pour les jeunes africains. « L’Afrique a besoin de solutions durables, pas de slogans », a martelé William Ruto. « Ce sommet montre que l’action prime sur les discours. »
Ce sommet, qui a mobilisé plus de 1 200 participants, a confirmé l’importance stratégique de l’Afrique pour Paris. Cependant, les défis restent nombreux : instabilité régionale, pression démographique et urgence climatique. Autant dire que le chemin vers une coopération équilibrée et efficace est encore long.