Selon RFI, les Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés russes ont repris ce dimanche 5 juillet la ville d’Am Dafok, située dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine. Cette localité, frontalière avec le Soudan, avait été investie par les rebelles de l’Alliance du sursaut patriotique (ASP) le 30 juin dernier, quatre jours avant cette contre-offensive militaire. La reprise de ce territoire marque un nouveau revers pour les groupes armés opérant dans cette région instable.
Ce qu'il faut retenir
- Localisation stratégique : Am Dafok se trouve dans la préfecture de la Vakaga, à la frontière avec le Soudan, ce qui en fait un point clé pour le contrôle des échanges transfrontaliers.
- Chronologie des événements : Occupée le 30 juin par les rebelles de l’ASP, la ville a été reprise par les FACA et leurs alliés russes le 5 juillet, soit quatre jours plus tard.
- Acteurs en présence : Les Forces armées centrafricaines (FACA) agissent en coordination avec des mercenaires russes, selon les informations rapportées par RFI.
- Contexte sécuritaire : La région du nord-est de la Centrafrique reste sous tension en raison de la présence de groupes armés et de conflits transfrontaliers.
Une contre-offensive militaire menée en coordination
La reprise d’Am Dafok intervient après plusieurs jours d’occupation par les rebelles de l’ASP. Selon les informations fournies par RFI, les forces gouvernementales centrafricaines, appuyées par des alliés russes, ont mené une opération pour déloger les groupes armés. Les détails sur l’intensité des combats ou les pertes humaines n’ont pas été précisés dans l’immédiat. Cette opération s’inscrit dans le cadre plus large des efforts du gouvernement centrafricain pour reprendre le contrôle des zones sous influence rebelle.
La présence de mercenaires russes aux côtés des FACA n’est pas une nouveauté. Depuis plusieurs années, la Russie fournit un soutien logistique et militaire au gouvernement de Bangui, notamment via le groupe Wagner, bien que Moscou n’ait jamais officiellement reconnu son implication dans le conflit.
Un enjeu stratégique pour la région
Am Dafok, située à la frontière soudanaise, revêt une importance particulière pour les autorités centrafricaines. Cette ville constitue un point de passage pour les échanges commerciaux et les mouvements de populations, mais aussi une zone de transit pour les groupes armés opérant entre la Centrafrique et le Soudan. Sa reprise pourrait faciliter le rétablissement de l’autorité de l’État dans une région jusqu’ici difficile d’accès pour les forces gouvernementales.
Le nord-est de la Centrafrique reste l’une des zones les plus instables du pays, minée par les affrontements entre milices, les attaques de groupes djihadistes et les tensions communautaires. Depuis 2012, le conflit en Centrafrique a fait des milliers de morts et déplacé plus d’un million de personnes, selon les estimations des Nations unies.
Dans les prochains mois, le gouvernement centrafricain devrait renforcer ses efforts pour sécuriser l’ensemble de son territoire, notamment dans le nord et l’est du pays, où les groupes armés conservent une influence significative. Une conférence de paix nationale, prévue pour septembre 2026, pourrait également offrir une nouvelle dynamique pour résoudre le conflit, bien que les obstacles restent nombreux.
Un conflit qui s’étend sur plus d’une décennie
Le conflit en Centrafrique, qui a éclaté en 2012 avec la prise de pouvoir par la coalition rebelle de la Séléka, s’est transformé en une guerre civile complexe impliquant milices, groupes djihadistes et forces étrangères. Malgré l’élection du président Faustin-Archange Touadéra en 2016, puis sa réélection en 2020, la situation sécuritaire reste fragile, avec des attaques récurrentes contre les civils et les forces de l’ordre.
L’implication de la Russie, officiellement pour des missions de formation et de conseil, a modifié l’équilibre des forces sur le terrain. Cependant, les critiques dénoncent un soutien qui prolonge le conflit sans résoudre les causes profondes de l’instabilité. Pour l’heure, la reprise d’Am Dafok pourrait être perçue comme une victoire pour le gouvernement, mais la route vers une paix durable reste semée d’embûches.
L’Alliance du sursaut patriotique (ASP) est un groupe armé qui opère en Centrafrique depuis plusieurs années. Elle est composée de factions rebelles issues de l’ex-coalition Séléka et d’autres milices locales. Son objectif affiché est de s’opposer au gouvernement du président Touadéra, qu’elle accuse de marginaliser certaines communautés. Selon les observateurs, l’ASP est l’un des principaux groupes armés actifs dans le nord-est du pays, notamment dans la préfecture de la Vakaga.