Près de 50 000 personnes ont envahi les rues du quartier de Jongno, à Séoul, ce samedi 16 mai 2026, pour assister au traditionnel défilé des lanternes de lotus marquant les célébrations de l’anniversaire de Bouddha. Autant dire que la procession annuelle organisée par l’ordre Jogye, principale école bouddhiste de Corée du Sud, a attiré une foule record. Selon Euronews FR, ce sont quelque 100 000 lanternes artisanales qui ont illuminé les rues, portées par les participants. L’originalité de l’édition 2026 ? Quatre robots humanoïdes, vêtus de robes monastiques traditionnelles, ont défilé aux côtés des moines, des artistes et des danseurs.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre robots humanoïdes en robes monastiques, Gabi, Seokga, Mohee et Nisa, ont participé au défilé des lanternes de Séoul ce 16 mai 2026.
- Près de 50 000 personnes ont défilé avec 100 000 lanternes de lotus dans le quartier de Jongno.
- Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du bouddhisme sud-coréen pour moderniser son image et séduire un public plus jeune.
- Le robot Gabi a déjà participé à une cérémonie d’ordination symbolique début mai au temple Jogyesa.
Une procession traditionnelle revisitée par la technologie
Parmi les participants, quatre robots humanoïdes aux noms évocateurs – Gabi, Seokga, Mohee et Nisa – ont marqué les esprits. Revêtus de robes monastiques traditionnelles, ils ont occupé une place symbolique dans le défilé, endossant le rôle de moines honoraires le temps des festivités. Leur présence s’inscrit dans une volonté affichée du bouddhisme sud-coréen de moderniser son image et de s’adapter aux attentes d’une société en pleine mutation. « Cette initiative reflète la volonté de notre tradition de dialoguer avec les nouvelles générations », a expliqué un porte-parole de l’ordre Jogye à Euronews FR.
Le défilé, qui s’est déroulé sous les lanternes colorées et les portes historiques de Séoul, a duré près de quarante minutes. Les robots ont évolué aux côtés de danseurs, d’artistes et de moines traditionnels, créant un contraste saisissant entre héritage culturel et innovation technologique. Pour les organisateurs, cette mixité était essentielle : « L’objectif était de montrer que la foi peut s’allier à la modernité », a précisé la même source.
Un robot « ordonné » en mai, symbole d’une adaptation nécessaire
L’implication des robots dans les célébrations religieuses sud-coréennes ne date pas d’hier. Début mai 2026, Gabi, l’un des quatre humanoïdes, avait déjà participé à une cérémonie d’ordination symbolique au temple Jogyesa, situé en plein cœur de Séoul. Lors de cet événement, le robot avait « promis » de respecter des principes bouddhistes adaptés aux enjeux contemporains, comme le respect de la vie et l’usage responsable de la technologie. Une performance qui avait suscité l’intérêt des médias locaux et internationaux.
Selon les responsables religieux, cette initiative répond à une double préoccupation : d’une part, la baisse du nombre de moines en Corée du Sud, et d’autre part, l’essor de l’intelligence artificielle dans la vie quotidienne. « Nous devons nous adapter ou risquer de disparaître », a reconnu un moine du temple Jogyesa. « Ces robots ne remplaceront jamais la spiritualité humaine, mais ils peuvent servir de pont entre les générations. »
Entre tradition et modernité : le pari du bouddhisme high-tech
Le bouddhisme sud-coréen, qui compte environ 8 millions de fidèles, traverse une période de mutation. Si la religion reste profondément ancrée dans la culture locale, elle peine à séduire les jeunes générations, plus attirées par les nouvelles technologies que par les rituels traditionnels. C’est dans ce contexte que s’inscrit le recours aux robots, perçus comme un moyen de capter l’attention des moins de 35 ans.
Les célébrations de l’anniversaire de Bouddha, marquées par des défilés de lanternes et des cérémonies aux flambeaux, attirent chaque année des centaines de milliers de participants à Séoul. Cette année, la présence des robots a ajouté une dimension spectaculaire à l’événement. « Les visiteurs étaient fascinés, certains prenaient des photos avec les robots, d’autres discutaient avec les moines pour en savoir plus », a témoigné un journaliste présent sur place.
D’ici là, Séoul aura encore l’occasion de marquer les esprits avec des initiatives audacieuses. Après tout, dans une société où l’intelligence artificielle occupe une place croissante – la Corée du Sud étant l’un des pays les plus avancés en la matière –, le mariage entre tradition et modernité semble inévitable. À moins que les fidèles ne préfèrent, finalement, garder leurs robots bien loin des temples.
Le bouddhisme sud-coréen fait face à une baisse de fréquentation, notamment chez les jeunes. Les robots sont utilisés comme un outil de modernisation pour attirer un public plus jeune et montrer que la tradition peut s’adapter aux évolutions technologiques. Selon les organisateurs, cette initiative vise à créer un pont entre les générations et à maintenir l’intérêt pour le bouddhisme dans une société de plus en plus connectée.