Le maire new-yorkais Zohran Mamdani a présenté le 12 mai dernier son premier budget pour l’exercice 2027, s’élevant à 125 milliards de dollars. Selon Le Figaro, il a comblé un déficit de 12 milliards hérité de son prédécesseur, en combinant mesures internes et soutien de l’État de New York. Une performance saluée par La France Insoumise en France, qui y voit la preuve que la gauche radicale peut gérer efficacement les finances publiques.
Ce qu'il faut retenir
- Zohran Mamdani a bouclé en quatre mois un budget 2027 de 125 milliards de dollars pour New York, comblant un déficit de 12 milliards laissé par son prédécesseur.
- Ses détracteurs soulignent que 7,6 milliards de dollars proviennent de gestes de l’État de New York, dont 4 milliards obtenus en dernière minute.
- Une nouvelle taxe sur les résidences secondaires valant plus de 5 millions de dollars a été instaurée, mais son rendement pourrait être inférieur aux attentes.
- Le report de 2,3 milliards de dollars de paiements aux fonds de retraite municipaux a été autorisé, ce qui équilibre le budget « sur le dos des futurs New-Yorkais », selon un think tank local.
- Mamdani a renoncé à augmenter la taxe foncière face à la grogne des propriétaires, tout en maintenant des investissements dans les parcs, bibliothèques et logement social.
Un budget équilibré en un temps record
Zohran Mamdani, élu maire de New York le 1er janvier 2026, a présenté le 12 mai son premier budget pour l’exercice 2027. Avec un montant total de 125 milliards de dollars, il a réussi à combler un déficit de 12 milliards hérité de l’administration précédente. « Nous ne l’avons pas fait sur le dos des gens qui travaillent », a-t-il déclaré. « Nous l’avons fait tout en finançant les parcs, les bibliothèques, des rues plus sûres et des investissements historiques dans le logement social. » Selon Le Figaro, cette performance a été saluée par La France Insoumise en France, qui y voit un modèle de gestion de gauche.
Pour y parvenir, Mamdani a mis en avant des économies réalisées dans l’administration municipale. Cependant, ses détracteurs, comme le Time et le New York Times, pointent du doigt le rôle clé joué par l’État de New York. Celui-ci a en effet accordé 7,6 milliards de dollars de soutien supplémentaire à la ville, dont 4 milliards obtenus en dernière ligne droite.
Les mesures fiscales et comptables qui ont fait la différence
Parmi les mesures fiscales adoptées, une nouvelle taxe sur les résidences secondaires valant plus de 5 millions de dollars a été instaurée. Les propriétaires de ces biens, lorsqu’ils ne sont pas occupés, devront s’acquitter d’une taxe supplémentaire de 0,5 % à 4 % de leur valeur marchande, en plus de la taxe foncière déjà élevée à New York. Selon Le Figaro, des économistes mettent en garde contre un rendement inférieur aux attentes, en raison des mécanismes de contournement possibles. Un précédent similaire à Biarritz, en France, avait d’ailleurs abouti à une perte nette de recettes pour la ville.
La plus grande partie des 4 milliards de dollars obtenus auprès de l’État provient d’une opération comptable autorisant la ville à reporter jusqu’en 2032 des paiements de 2,3 milliards de dollars aux fonds de retraite municipaux. Ces fonds bénéficient notamment aux pompiers, policiers, professeurs et autres fonctionnaires new-yorkais. Si cette mesure ne remet pas en cause les pensions versées aujourd’hui, elle a suscité des critiques. « Cela équilibre le budget sur le dos des futurs New-Yorkais, qui devront bien payer un jour », a dénoncé la Citizens Budget Commission, un think tank non partisan analysant les finances de la ville.
Un équilibre fragile et des critiques persistantes
Malgré ces économies, Mamdani a dû renoncer à augmenter la taxe foncière, face à la grogne des propriétaires. La Citizens Budget Commission, tout en reconnaissant les premières avancées, a jugé ces mesures « timorées » au regard des besoins de la ville. « La ville mérite du crédit pour avoir commencé à couper dans les dépenses, mais cela reste insuffisant comparé aux opportunités et aux besoins », a souligné l’organisation dans un communiqué.
Cette première étape permet toutefois à Mamdani de gagner du temps pour réformer en profondeur les finances municipales. Le budget marque également un apaisement des relations entre la ville et l’État, grâce au soutien apporté par le maire à la gouverneure Kathy Hochul — une démocrate modérée, comme lui, mais dont la réélection est en jeu en novembre 2026. Cette dynamique devrait faciliter les négociations sur les budgets à venir.
Un modèle pour la gauche radicale en France ?
En France, la réussite de Mamdani a été saluée par La France Insoumise (LFI). Clémence Guetté, députée LFI, a vanté sur les réseaux sociaux la capacité du maire new-yorkais à « ramener le budget à l’équilibre en quatre mois ». Pour le parti de Jean-Luc Mélenchon, cette performance illustre la capacité de l’extrême gauche à gérer les finances publiques de manière responsable. Selon Le Figaro, LFI présente cette expérience comme une preuve que ses propositions économiques pourraient s’appliquer ailleurs, notamment en France.
Pour autant, les économistes restent prudents. Les recettes issues de la taxe sur les résidences secondaires pourraient décevoir, et le report des paiements aux fonds de retraite ne fait que repousser le problème. « Un coup unique qui laisse le problème à résoudre l’an prochain », a critiqué la Citizens Budget Commission. Les prochaines étapes seront donc déterminantes pour évaluer la viabilité à long terme de cette stratégie.
Quoi qu’il en soit, l’expérience de Mamdani sera observée de près, notamment par les partisans d’une gestion budgétaire alternative en Europe. Reste à savoir si ce modèle pourra être reproduit ailleurs, ou s’il restera une exception new-yorkaise.
Les économistes craignent que les propriétaires concernés ne contournent la taxe en déclarant leur résidence comme occupée, ou en la vendant pour éviter le surcoût. Un précédent similaire à Biarritz, en France, avait abouti à une perte nette de recettes pour la ville, rappelle Le Figaro.
Pour l’instant, les pensions des retraités new-yorkais ne sont pas affectées. Cependant, le report des paiements jusqu’en 2032 signifie que les futurs contribuables devront assumer cette dette, selon la Citizens Budget Commission.