Une famille de quatre personnes a péri en Inde après avoir mangé une pastèque empoisonnée au phosphure de zinc, un rodenticide extrêmement toxique. Les victimes, toutes décédées entre le matin et le soir du dimanche 26 avril 2026, résidaient dans le quartier de Pydhonie, au sud de Mumbai. Selon BMF - International, les autopsies et analyses ont confirmé la présence de ce composé chimique dans les organes des victimes ainsi que dans le fruit incriminé.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre membres de la famille Dokadia sont morts en quelques heures le 26 avril 2026 après avoir consommé une pastèque contaminée au phosphure de zinc.
  • Les victimes présentaient des symptômes de vomissements, diarrhées et difficultés respiratoires avant leur décès.
  • Le phosphure de zinc, utilisé comme rodenticide, a été détecté dans les organes des victimes et dans la pastèque, mais pas dans les autres aliments consommés.
  • L'enquête explore les pistes du suicide collectif et de l'homicide, sans preuve tangible à ce stade.
  • Le bâtiment où vivait la famille était connu pour être infesté de rongeurs, et l'usage de mort-aux-rats y était fréquent.

La famille Dokadia, composée d'Abdullah, 40 ans, gérant d'une boutique de téléphonie, de son épouse Nasreen, 35 ans, et de leurs deux filles, Ayesha, 16 ans, et Zainab, 13 ans, n'avait aucun antécédent médical particulier. Leur mort tragique, survenue à quelques heures d'intervalle, a rapidement été médiatisée sous le nom de « les morts à la pastèque », selon les médias locaux cités par BMF - International.

Selon les informations rapportées, les Dokadia avaient partagé un dîner tardif le samedi 25 avril, avec le frère d'Abdullah et sa famille, avant de consommer la pastèque vers 1h30 du matin. Les premiers symptômes — vomissements, diarrhées et difficultés respiratoires, notamment chez Zainab — sont apparus dès le lendemain matin. Après avoir alerté un voisin médecin, les quatre membres ont été transportés d'urgence à l'hôpital, où ils sont décédés dans la journée, entre 10h15 et 22h30.

Les forces de l'ordre ont récupéré les restes de nourriture présents dans l'appartement, dont les écorces de pastèque et le riz biryani consommé lors du dîner familial. Ce dernier, partagé avec les invités, n'a provoqué aucun symptôme chez ces derniers. Dix jours après les faits, un rapport d'autopsie a révélé la présence de phosphure de zinc dans les foies, reins, rates, estomacs et biles des quatre victimes, ainsi que dans la pastèque elle-même. Aucun autre aliment n'a été contaminé.

Un rodenticide mortel et un immeuble en mauvais état

Le phosphure de zinc, substance active de certains rodenticides, est connu pour sa toxicité extrême. Son ingestion, même en faible quantité, provoque des lésions internes sévères et une défaillance multiviscérale. Le quartier de Pydhonie, où vivait la famille Dokadia, est réputé pour ses problèmes d'infestation de rongeurs et son habitat souvent vétuste. Plusieurs habitants ont confirmé à la presse indienne que l'usage de mort-aux-rats y était répandu, sans pour autant préciser si la famille en utilisait.

Un officier de police interrogé par le Hindustan Times a indiqué qu'« aucun emballage de mort-aux-rats n'a été retrouvé dans l'appartement » des Dokadia. L'enquête, toujours en cours, explore plusieurs pistes. La première, celle d'un pacte de suicide, n'a pour l'instant révélé aucune preuve d'intention suicidaire dans les messages ou notes laissés par les victimes. La seconde, celle d'un homicide, reste également sans élément concret, selon les confidences d'une source policière à la BBC.

Les enquêteurs peinent à établir une chronologie précise des événements. Les écorces de pastèque, seules traces du fruit incriminé, ne permettent pas de déterminer si la contamination était intentionnelle ou accidentelle. Le bâtiment, sous surveillance des autorités locales, n'a pas fait l'objet d'une inspection immédiate après les faits, selon les voisins interrogés par la presse.

Une médiatisation aux conséquences économiques

L'affaire a rapidement dépassé le cadre local pour devenir un sujet national en Inde. Les médias ont largement relayé l'histoire, qualifiant la mort des Dokadia de « tragédie inexpliquée ». La couverture médiatique a eu un impact direct sur le marché des pastèques à Mumbai. Selon la chaîne d'information NDTV, les ventes du fruit ont chuté dans les jours qui ont suivi l'annonce des décès, les consommateurs craignant une contamination généralisée.

Les autorités sanitaires locales ont tenté de rassurer la population en rappelant que les analyses n'avaient révélé aucune contamination dans d'autres pastèques commercialisées dans la région. Aucun rappel de lot n'a été ordonné, et les contrôles sanitaires sur les fruits ont été renforcés dans les marchés de la ville. Pourtant, la méfiance persiste, comme en témoignent les discussions sur les réseaux sociaux et les forums locaux.

Les associations de consommateurs ont appelé à une enquête approfondie pour déterminer l'origine de la contamination. Certains habitants de Pydhonie ont évoqué la possibilité d'un empoisonnement ciblé, sans pour autant apporter de preuves. Les autorités, de leur côté, maintiennent une position prudente, insistant sur le fait que « toutes les pistes restent ouvertes », selon un communiqué du commissariat local.

Et maintenant ?

L'enquête devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, avec l'analyse approfondie des téléphones des victimes et des caméras de surveillance du quartier. Les résultats définitifs des tests toxicologiques pourraient être rendus publics d'ici la fin du mois de mai 2026. Dans l'intervalle, les autorités sanitaires indiennes pourraient renforcer les contrôles sur les produits agricoles en provenance des zones à risque, bien que rien ne garantisse à ce stade une contamination généralisée.

Cette affaire rappelle les risques liés à l'utilisation de pesticides et rodenticides dans les milieux urbains densément peuplés. Les experts en toxicologie interrogés par BMF - International soulignent que le phosphure de zinc, bien que interdit dans certains pays, reste accessible dans d'autres, notamment sous forme de produits non réglementés. Ils appellent à une meilleure sensibilisation des populations sur les dangers de ces substances, souvent utilisées de manière empirique.

En attendant, la famille Dokadia reste un cas emblématique des dangers liés à la contamination alimentaire en Inde, où les scandales sanitaires ponctuent régulièrement l'actualité. Leur histoire, devenue virale sur les réseaux sociaux, pourrait servir de catalyseur pour des réformes dans la régulation des produits chimiques utilisés en milieu domestique.

Les enquêteurs explorent deux hypothèses principales : un empoisonnement accidentel dû à une mauvaise utilisation de rodenticides dans l'immeuble, ou un acte criminel ciblé. Aucun élément ne permet à ce stade de privilégier l'une ou l'autre piste, bien que la présence de phosphure de zinc uniquement dans la pastèque et les organes des victimes suggère une contamination intentionnelle ou localisée.

Oui, les pastèques continuent d'être vendues dans les marchés de Mumbai. Les autorités sanitaires ont confirmé qu'aucun rappel n'était nécessaire, les contrôles ayant montré l'absence de contamination dans d'autres lots. Cependant, la méfiance des consommateurs persiste, comme en témoignent les discussions en ligne et les témoignages locaux.