Emma Fourreau, eurodéputée La France Insoumise (LFI) et conseillère municipale d'opposition à Caen, a annoncé ce jeudi 14 mai 2026 avoir déposé près d’une centaine de plaintes pour harcèlement en ligne. Selon Libération, ces procédures font suite à une vague d’insultes et de menaces de viol et de mort reçues depuis sa prise de position critique sur un banquet organisé en avril dans la ville normande.

Ce qu'il faut retenir

  • Emma Fourreau, eurodéputée LFI et conseillère municipale de Caen, a déposé 97 plaintes pour harcèlement en ligne.
  • Ces messages haineux font suite à sa critique d’un banquet organisé à Caen à la mi-avril 2026.
  • Les plaintes couvrent des insultes, menaces de viol et de mort, selon les éléments transmis à Libération.
  • La conseillère municipale dénonce un climat de violences politiques ciblant ses prises de parole.

Une vague de harcèlement déclenchée par une prise de position politique

Emma Fourreau a indiqué à Libération avoir reçu des centaines de messages hostiles depuis qu’elle a critiqué, fin avril, l’organisation d’un banquet dans sa ville. Ce rassemblement, dont le thème et les participants n’ont pas été précisés par la source, aurait suscité une polémique locale, poussant l’élue à s’exprimer publiquement. « J’ai été submergée par des messages d’une violence inouïe », a-t-elle expliqué, précisant que ces attaques se sont intensifiées après ses déclarations.

Parmi les 97 plaintes déposées mercredi 13 mai, certaines concernent des menaces explicites. « On m’a promis de me violer et de me tuer, simplement parce que j’ai osé critiquer un événement organisé dans ma ville », a-t-elle déclaré à Libération. Ces propos, comme d’autres insultes, ont été transmis aux autorités judiciaires dans le cadre d’une procédure pénale.

Un phénomène qui dépasse le cadre local

L’eurodéputée, dont le mandat est national, souligne que ce harcèlement s’inscrit dans une tendance plus large visant les élus de gauche. « Ce n’est pas un cas isolé », a-t-elle souligné, rappelant que d’autres responsables politiques ont récemment été victimes de violences verbales ou physiques. Selon elle, ces attaques visent à intimider ceux qui osent contester l’ordre établi ou défendre des positions progressistes.

Les services de police judiciaire de Caen ont confirmé à Libération avoir enregistré les plaintes déposées par Emma Fourreau. « Nous prenons ces signalements très au sérieux », a indiqué une source policière, sans préciser si des interpellations avaient déjà eu lieu. Les investigations pourraient prendre plusieurs semaines, en fonction des éléments transmis par les plateformes numériques et des identifications des auteurs.

« Ces messages ne sont pas de simples critiques politiques. Ils relèvent de la menace directe contre ma personne et contre ma famille. C’est inacceptable. »
Emma Fourreau, eurodéputée LFI

Et maintenant ?

Les plaintes déposées par Emma Fourreau devraient être transmises au parquet de Caen dans les prochains jours. Les enquêteurs pourraient solliciter l’aide des plateformes numériques pour identifier les auteurs des messages, notamment via des demandes de données conservées par les réseaux sociaux. Une audience préliminaire est attendue d’ici la fin du mois de mai pour statuer sur le suivi judiciaire.

Par ailleurs, l’eurodéputée a annoncé qu’elle porterait plainte pour « provocation à la haine » si les investigations confirment l’origine organisée de ces attaques. Elle pourrait aussi saisir le Défenseur des droits pour évaluer les mesures de protection adaptées à sa situation.

Interrogée sur les conséquences de ce harcèlement sur son engagement politique, Emma Fourreau a réaffirmé sa détermination : « Je continuerai à défendre mes convictions, malgré la lâcheté de ceux qui cherchent à me faire taire. »

Selon Libération, l’eurodéputée a été victime de menaces de viol et de mort, ainsi que d’insultes graves. Ces messages, reçus après sa prise de position sur le banquet de Caen, ont conduit à près de 100 dépôts de plainte.