Alors que les négociations pour un cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis se poursuivent, les autorités iraniennes accentuent leur campagne de répression à l'intérieur du pays. Selon RFI, la communauté bahaïe, l'une des minorités religieuses les plus persécutées, fait l'objet d'une intensification sans précédent des arrestations et condamnations arbitraires.
Ce qu'il faut retenir
- Multiplication des arrestations : les autorités iraniennes ont significativement accru le nombre de détentions parmi les membres de la communauté bahaïe ces derniers mois.
- Condamnations arbitraires : plusieurs bahaïs ont été condamnés à des peines de prison ou à des amendes pour des motifs liés à leur foi.
- Contexte géopolitique tendu : cette répression s'inscrit dans un climat de tensions accrues entre l'Iran et les États-Unis, alors que des pourparlers sont en cours pour tenter d'éviter une escalade militaire.
- Minorités ethniques ciblées : les autorités iraniennes répriment systématiquement les minorités ethniques et religieuses, selon les observateurs internationaux.
Une répression systématique contre les minorités religieuses
Les autorités iraniennes mènent depuis plusieurs années une politique de répression envers les minorités religieuses, et la communauté bahaïe est particulièrement visée. Selon RFI, les arrestations et les condamnations de bahaïs se sont multipliées ces derniers mois, reflétant une stratégie délibérée pour étouffer cette confession, considérée comme hérétique par le régime iranien. Les motifs invoqués par les autorités pour justifier ces mesures incluent souvent des accusations de « propagande contre le système » ou d’atteinte à la sécurité nationale, des prétextes régulièrement dénoncés par les défenseurs des droits humains.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions accrues contre les minorités en Iran. Les chrétiens, les sunnites et les zoroastriens subissent également des pressions, mais la communauté bahaïe, estimée à plus de 300 000 membres dans le pays, est la cible privilégiée de cette politique. Les rapports d’ONG internationales soulignent que les bahaïs sont systématiquement exclus de l’accès à l’éducation supérieure, de la fonction publique et de certains métiers, en violation flagrante des droits fondamentaux.
Un climat de tension accru en Iran
Les tensions entre l’Iran et les États-Unis ont atteint un niveau critique ces derniers mois, avec des échanges de menaces militaires et des sanctions économiques renforcées. Selon RFI, les autorités iraniennes semblent utiliser la répression interne comme un moyen de renforcer leur position dans les négociations en cours. « On observe une corrélation entre l’escalade des tensions internationales et l’intensification des mesures répressives à l’intérieur du pays », a déclaré un analyste spécialiste de la région, sous couvert d’anonymat.
Les arrestations récentes de bahaïs, comme celle de Mahvash Sabet, figure emblématique de la communauté, condamnée à 10 ans de prison en 2017 pour des motifs liés à sa foi, illustrent cette stratégie. Depuis, plusieurs autres membres ont été emprisonnés pour des périodes allant de quelques mois à plusieurs années, sans procès équitable. Les familles des détenus dénoncent régulièrement les conditions de détention, souvent décrites comme inhumaines, avec des cas de torture signalés par des ONG.
« La répression contre les bahaïs en Iran ne faiblit pas, malgré les critiques internationales. Le régime instrumentalise la peur pour consolider son pouvoir, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. » — Human Rights Watch
Un isolement international qui ne faiblit pas
Malgré les condamnations répétées de la communauté internationale, l’Iran maintient sa politique répressive envers les minorités. En 2025, le Parlement européen avait adopté une résolution condamnant explicitement les violations des droits humains en Iran, en particulier celles ciblant la communauté bahaïe. Cependant, les autorités iraniennes semblent imperméables à ces pressions extérieures, poursuivant leur campagne sans relâche. Les sanctions économiques imposées par les États-Unis et l’Union européenne n’ont pas eu l’effet escompté sur la politique intérieure iranienne, qui semble davantage motivée par des considérations de pouvoir et de contrôle social.
Les observateurs s’interrogent sur l’efficacité de ces mesures internationales. « Les sanctions ont un impact limité sur le régime, car elles sont souvent contournées par des réseaux parallèles. En revanche, elles aggravent la situation humanitaire de la population, sans pour autant protéger les minorités », explique un chercheur basé à Genève. Les ONG locales, quant à elles, restent actives malgré les restrictions, documentant les abus et transmettant des rapports aux instances internationales.
En attendant, la communauté bahaïe continue de subir des persécutions quotidiennes, sans que la communauté internationale ne parvienne à faire fléchir le régime. La situation reste donc extrêmement préoccupante, et les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’évolution de ce dossier.
La communauté bahaïe est considérée comme hérétique par le régime iranien, qui la perçoit comme une menace pour l’islam chiite dominant. Les bahaïs, qui rejettent la charia et prônent l’égalité entre les sexes et les religions, sont systématiquement exclus de la société iranienne, sans possibilité de pratiquer leur foi librement. Leur exclusion des universités, de la fonction publique et de certains métiers est une politique d’État, renforcée depuis la révolution islamique de 1979.