Alors que le décret de dissolution de la Knesset n’a pas encore été publié, la campagne pour les élections législatives israéliennes, prévues d’ici fin octobre 2026, s’est bel et bien engagée. Selon Le Monde, l’opposition voit émerger un adversaire de taille face au Premier ministre sortant, affaibli par les controverses entourant l’accord signé entre l’administration Trump et l’Iran.
Ce qu'il faut retenir
- Les élections législatives israéliennes doivent se tenir avant le 31 octobre 2026, date limite prévue par la Constitution.
- Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major, dirige le parti Yashar et se positionne comme un sérieux concurrent de Benyamin Nétanyahou.
- Le Premier ministre est fragilisé par le protocole d’accord controversé signé avec l’Iran sous l’égide de l’administration américaine.
- La dissolution de la Knesset, nécessaire pour déclencher le scrutin, n’a pas encore été actée officiellement.
Une campagne électorale lancée avant même la dissolution officielle
Les tractations politiques en Israël s’accélèrent alors que le calendrier électoral se précise. Si le décret de dissolution de la Knesset, obligatoire pour organiser des législatives anticipées, n’a pas encore été publié, les partis d’opposition n’ont pas attendu pour se mobiliser. Selon Le Monde, le parti Yashar, dirigé par Gadi Eisenkot, multiplie les interventions publiques et les propositions politiques, tandis que les sondages lui accordent une progression constante dans l’opinion. « L’atmosphère politique est électrique », confie un observateur politique à Jérusalem. « Personne ne veut perdre de temps, surtout pas les adversaires de Nétanyahou. »
Gadi Eisenkot, figure de l’establishment militaire face à un Premier ministre contesté
Gadi Eisenkot, 64 ans, n’est pas un novice en politique. Ancien chef d’état-major des armées israéliennes (2015-2019), il a acquis une réputation de pragmatisme et de fermeté dans la gestion des conflits. Son arrivée à la tête du parti Yashar — un mouvement centristes mettant l’accent sur la transparence et la lutte contre la corruption — marque un tournant dans le paysage politique israélien. « Eisenkot incarne une alternative crédible à Nétanyahou », analyse un analyste politique israélien. « Il n’est pas perçu comme un extrémiste, mais comme un homme d’expérience capable de rassembler au-delà des clivages traditionnels. »
Pourtant, son parti reste minoritaire dans les sondages, loin derrière le Likoud de Nétanyahou. Les dernières enquêtes d’opinion, publiées début juin, placent Yashar entre 15 % et 18 % des intentions de vote, un score en progression mais encore insuffisant pour espérer une victoire. « Nous sommes dans une phase de construction », a déclaré Eisenkot lors d’un meeting à Tel-Aviv le 10 juin. « Les Israéliens cherchent une issue à la crise politique, économique et sécuritaire. Nous offrons une réponse claire. »
L’accord controversé avec l’Iran, facteur aggravant pour Nétanyahou
La position de Benyamin Nétanyahou s’est considérablement affaiblie depuis la signature, en mai 2026, d’un protocole d’accord entre Israël et l’Iran sous médiation américaine. Ce texte, négocié dans le plus grand secret, prévoit notamment la levée partielle des sanctions contre Téhéran en échange d’un gel temporaire de son programme nucléaire. « Cet accord a divisé la classe politique israélienne », souligne un éditorial du Jerusalem Post. « Une partie de la droite et de l’extrême droite accuse Nétanyahou de trahison, tandis que la gauche y voit une opportunité pour désamorcer les tensions régionales. »
Les manifestations contre le gouvernement se sont multipliées ces dernières semaines, avec des appels au départ de Nétanyahou. « Ce protocole a été négocié sans consultation démocratique », a dénoncé Eisenkot lors d’une conférence de presse. « Il menace la sécurité d’Israël à long terme. C’est inacceptable. » Les partis d’opposition, dont Yashar, promettent de revenir sur cet accord s’ils accèdent au pouvoir.
Un scrutin sous haute tension
Les enjeux de ce scrutin sont multiples. Sur le plan intérieur, les Israéliens attendent des réponses sur la crise économique, l’inflation persistante et le coût de la vie. Sur le plan extérieur, la question de la sécurité et des relations avec les voisins régionaux — notamment l’Iran — dominera les débats. « Les élections de 2026 pourraient redessiner la carte politique israélienne », estime un politologue de l’université de Haïfa. « Si Eisenkot parvient à fédérer au-delà de son électorat naturel, il pourrait créer la surprise. »
Pour l’heure, Nétanyahou reste favori, mais son camp est affaibli par les divisions internes et les scandales à répétition. « Nous allons livrer une bataille difficile », a reconnu un proche du Premier ministre. « Mais nous avons les moyens de nos ambitions. »
Reste à savoir si les Israéliens, lassés par des années de tensions politiques et de conflits, choisiront le changement ou préféreront la continuité — malgré les critiques.
Les principaux partis sont le Likoud (droite, dirigé par Benyamin Nétanyahou), le parti Yashar (centriste, mené par Gadi Eisenkot), le Parti travailliste, le Meretz (gauche) et les partis religieux comme Shas et Judaïsme unifié de la Torah. D’autres formations, comme le parti Otzma Yehudit (extrême droite), pourraient aussi jouer un rôle clé dans la formation d’une coalition.