Dans la Meuse, l’association Libre forêt milite pour un changement radical de regard sur les forêts. Selon Reporterre, cette structure achète des parcelles forestières afin d’en empêcher toute exploitation commerciale. Pour sensibiliser le public, elle a récemment organisé une balade guidée dans l’une de ses forêts, située en Meuse, afin de faire découvrir la force et la beauté d’un écosystème laissé à lui-même. « Notre forêt fait 13 hectares. Pour vous donner une idée, un hectare, c’est à peu près la taille de la place Stanislas à Nancy », explique Jean-François « Jeff » Petit, président et cofondateur de l’association.

Ce qu'il faut retenir

  • L’association Libre forêt rachète des parcelles forestières pour les soustraire à l’exploitation commerciale, selon Reporterre.
  • Elle possède une forêt de 13 hectares en Meuse, dont la taille équivaut à celle de la place Stanislas à Nancy.
  • L’association organise des balades pour montrer les bénéfices écologiques des forêts en libre évolution.
  • Son objectif est de modifier le regard du public sur la gestion forestière traditionnelle.

Une forêt laissée à elle-même pour préserver la biodiversité

Les forêts en libre évolution, aussi appelées forêts primaires ou réserves intégrales, ne sont pas exploitées par l’homme. Autrement dit, aucun arbre n’y est coupé, ce qui permet aux écosystèmes de se régénérer naturellement. D’après Reporterre, ces espaces jouent un rôle clé dans la préservation de la biodiversité, en offrant un habitat à des espèces animales et végétales souvent menacées par l’exploitation forestière intensive. « On veut montrer que ces forêts ont une valeur en soi, bien au-delà de leur utilité économique », souligne Jean-François Petit. L’association mise sur l’éducation et l’expérience directe pour convaincre le public de l’importance de cette approche.

Une démarche encore marginale, mais en progression

En France, les forêts en libre évolution restent rares. Pourtant, plusieurs initiatives locales émergent pour promouvoir ce modèle, souvent porté par des associations ou des collectifs citoyens. Libre forêt s’inscrit dans cette dynamique, en ciblant des parcelles parfois isolées ou peu rentables pour les exploitants traditionnels. « On ne cherche pas à concurrencer l’industrie du bois, mais à montrer qu’une autre voie est possible », précise le président de l’association. Selon les données disponibles, les forêts françaises en libre évolution couvrent actuellement moins de 0,5 % du territoire boisé national, un chiffre qui reflète à la fois le faible soutien institutionnel et le manque de visibilité de ces projets.

Des balades pour toucher le grand public

L’événement organisé en Meuse illustre la stratégie de Libre forêt pour toucher un public plus large. Lors de cette balade, les participants ont pu observer la richesse des sols, l’abondance de la végétation spontanée et l’absence de traces d’exploitation humaine. « On veut que les gens repartent avec une image concrète de ce que peut être une forêt autonome », explique Jean-François Petit. Ces sorties s’adressent autant aux habitants des environs qu’aux randonneurs ou aux écologistes, avec pour objectif de créer un réseau de soutien autour de cette cause. D’après l’association, les retours sont souvent positifs, même si certains visiteurs s’interrogent sur la faisabilité à grande échelle de ce modèle.

Et maintenant ?

Libre forêt prévoit d’étendre ses acquisitions de parcelles dans les prochains mois, en ciblant notamment des zones où l’exploitation forestière est peu rentable. L’association pourrait également solliciter des subventions publiques ou des dons privés pour financer ses achats. Une prochaine balade est d’ores et déjà programmée pour le 25 mai 2026, toujours en Meuse. Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres groupes à travers le pays, ou si elle restera cantonnée à une poignée de projets locaux.

Contactée par Reporterre, l’association n’a pas indiqué si elle prévoyait de collaborer avec des institutions comme l’Office national des forêts (ONF) pour intégrer davantage ses forêts en libre évolution dans les politiques publiques. Pour l’instant, son action repose principalement sur l’engagement citoyen et la pédagogie.