Un couple d'ornithologues néerlandais en croisière au large de l'Argentine a perdu la vie après s'être rendu dans une décharge près d'Ushuaïa pour observer le caracara à gorge blanche, un rapace rarissime présent uniquement dans ce pays et au Chili, d'après Le Figaro.

Leo Schilperoord, 70 ans, et son épouse, tous deux passionnés d'ornithologie, avaient déjà publié plusieurs articles dans des revues spécialisées sur les oiseaux. Leur expédition avait pour objectif de contempler ce volatile, surnommé « araucan » par les habitants de la région historique d'Araucanie, au sud du Chili. L'oiseau, dont le nom scientifique est Phalcoboenus albogularis, est décrit pour la première fois en 1837 par l'ornithologue John Gould, à partir d'un spécimen capturé par Charles Darwin dans la province de Santa Cruz, en Patagonie argentine.

Ce qu'il faut retenir

  • Le caracara à gorge blanche (Phalcoboenus albogularis) est un rapace rarissime, présent uniquement en Argentine et au Chili.
  • L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe cette espèce comme « préoccupation mineure » sur sa liste rouge, selon la dernière évaluation de mars 2023.
  • Le couple néerlandais s'est rendu dans une décharge près d'Ushuaïa, un lieu connu pour attirer ces oiseaux, mais également infesté de rongeurs vecteurs de l'hantavirus.
  • L'oiseau mesure entre 50 et 55 cm et possède une envergure de 110 à 125 cm. Son espérance de vie est d'environ 20 ans.
  • Le caracara à gorge blanche se nourrit de petits rongeurs et de charognes, ce qui explique sa présence dans les décharges.

Un oiseau endémique des confins de l'Amérique du Sud

Le caracara à gorge blanche, ou « araucan » pour les locaux, est un rapace diurne de la famille des falconidés, tout comme les faucons ou les crécerelles. Il se distingue par son corps noir, sa gorge et ses rectrices blanches, ainsi que par une fine crête sur le crâne et une queue arrondie. La peau de sa tête est orangée, et ses ailes pointues évoquent la forme d'une faux, d'où son nom latin falx, signifiant « faux ».

Cet oiseau, décrit pour la première fois en 1837 par John Gould à partir d'un spécimen de Charles Darwin, est présent uniquement dans les forêts d'arbustes et les prairies du sud de l'Argentine et du Chili. Son aire de répartition coïncide avec la région historique d'Araucanie, au sud du Chili, où il est surnommé « araucan » par les habitants. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) le classe comme une espèce de « préoccupation mineure » sur sa liste rouge, selon la dernière évaluation réalisée en mars 2023.

Une présence paradoxale dans une décharge insalubre

Malgré les risques sanitaires, les ornithologues expérimentés savent que les caracaras à gorge blanche se rassemblent dans une décharge située près de la ville d'Ushuaïa, à l'extrême sud de l'Argentine. Ce site, évité par les riverains en raison de sa forte concentration en rongeurs comme les rats pygmées à longue queue, est un vecteur connu de la souche andine de l'hantavirus. Pourtant, pour des passionnés comme Leo Schilperoord et son épouse, ce lieu représentait une opportunité unique d'observer l'oiseau.

Le caracara à gorge blanche est un prédateur opportuniste. Il se nourrit principalement de petits rongeurs et de charognes, comme celles des guanacos ou des bovins morts. Cette particularité explique sa présence dans les décharges, où il trouve une source abondante de nourriture. L'oiseau pond ses œufs entre octobre et novembre, généralement sur des rebords rocheux, ce qui ajoute à la rareté des observations en milieu naturel.

Un couple d'ornithologues expérimentés victime de l'hantavirus

Leo Schilperoord et son épouse, tous deux retraités et auteurs de plusieurs articles spécialisés, avaient prévu cette expédition dans le cadre d'un voyage en croisière à bord du MV Hondius. Leur objectif était de documenter la présence du caracara à gorge blanche, une espèce qu'ils avaient étudiée depuis des années. Cependant, leur visite dans la décharge d'Ushuaïa leur a été fatale. Les autorités locales n'ont pas communiqué les causes exactes de leur décès, mais les circonstances suggèrent une contamination par l'hantavirus, une maladie transmise par les rongeurs.

Cet incident rappelle les dangers liés à l'exploration de sites insalubres, même pour des experts. Les décharges, en plus d'attirer certaines espèces animales, abritent des risques sanitaires majeurs, comme la propagation de maladies vectorielles. Pour les ornithologues, l'observation de cette espèce rare peut donc s'avérer mortelle, soulignant l'équilibre fragile entre passion naturaliste et sécurité.

Et maintenant ?

Les prochaines observations du caracara à gorge blanche dépendront des conditions environnementales et des mesures de protection mises en place dans les zones où il évolue. Les autorités argentines et chiliennes pourraient renforcer les protocoles sanitaires autour des décharges fréquentées par les oiseaux, afin de limiter les risques pour les visiteurs. Par ailleurs, des études supplémentaires sur cette espèce pourraient être menées pour mieux comprendre ses déplacements et ses besoins écologiques.

Un rapace au cœur d'une histoire tragique

L'histoire de ce couple néerlandais illustre les paradoxes de l'ornithologie moderne. D'un côté, la recherche de l'observation d'espèces rares motive des expéditions audacieuses. De l'autre, ces déplacements exposent les passionnés à des dangers imprévus, comme la transmission de maladies zoonotiques. Le caracara à gorge blanche, bien que classé comme une espèce de « préoccupation mineure » par l'UICN, reste un symbole de la biodiversité unique de l'Amérique du Sud.

Son nom même, « caracara de Darwin », rappelle le lien entre exploration scientifique et découverte naturaliste. Capturé pour la première fois par le célèbre naturaliste en 1837 dans la province de Santa Cruz, en Patagonie argentine, cet oiseau continue de fasciner les scientifiques et les amateurs d'oiseaux. Pourtant, son observation dans des environnements anthropisés, comme les décharges, pose des questions sur l'adaptation des espèces sauvages aux activités humaines.

Pourquoi cette espèce suscite-t-elle autant d'intérêt ?

Le caracara à gorge blanche attire l'attention des ornithologues pour plusieurs raisons. D'abord, sa rareté géographique en fait une espèce endémique, limitée à deux pays seulement. Ensuite, son régime alimentaire opportuniste et sa capacité à prospérer dans des milieux modifiés par l'homme, comme les décharges, en font un sujet d'étude pour les écologistes. Enfin, son lien avec Charles Darwin ajoute une dimension historique à son observation.

L'incident survenu à Ushuaïa rappelle également l'importance de la prudence dans les expéditions naturalistes. Les décharges, bien que fréquentées par certaines espèces, restent des environnements à haut risque sanitaire. Les autorités locales pourraient envisager des mesures de signalisation ou de restriction d'accès pour protéger à la fois les visiteurs et les écosystèmes environnants.

Alors que les prochaines saisons de reproduction approchent, avec des pontes prévues entre octobre et novembre, les observateurs du caracara à gorge blanche devront redoubler de vigilance. Les zones où l'oiseau est régulièrement aperçu, comme les décharges d'Ushuaïa, nécessitent une approche responsable pour concilier passion naturaliste et sécurité.

Le caracara à gorge blanche est un prédateur opportuniste qui se nourrit principalement de petits rongeurs et de charognes. Les décharges offrent une source abondante de nourriture, ce qui attire ces oiseaux malgré les risques sanitaires liés à la présence de rongeurs vecteurs de maladies comme l'hantavirus.

Les décharges sont des environnements insalubres, souvent infestés de rongeurs comme les rats pygmées à longue queue, qui transmettent la souche andine de l'hantavirus. Les visiteurs s'exposent à un risque de contamination par cette maladie, potentiellement mortelle, comme l'ont malheureusement découvert le couple d'ornithologues néerlandais.