Tous les passagers du paquebot « Hondius », placés en quarantaine après la découverte de cas de hantavirus à bord, ont été rapatriés vers leur pays d’origine, a annoncé la compagnie maritime Holland America Line, comme le rapporte Le Monde. Une opération délicate, alors que les mesures de suivi et de confinement varient considérablement d’un État à l’autre, sans harmonisation au niveau international.

Ce qu'il faut retenir

  • Les 148 passagers et membres d’équipage du « Hondius » ont été rapatriés dans leurs pays respectifs après une croisière en mer Baltique.
  • Plusieurs cas d’hantavirus ont été détectés à bord, une maladie rare transmise par les rongeurs.
  • Les protocoles de confinement et de suivi post-exposition diffèrent selon les pays, sans cadre commun.
  • Les autorités sanitaires européennes appellent à une coordination renforcée pour éviter une propagation.
  • L’hantavirus, bien que peu contagieux entre humains, peut entraîner des complications graves en l’absence de traitement précoce.

Une croisière interrompue par la découverte de cas d’hantavirus

Le paquebot « Hondius », affrété par la compagnie Holland America Line, a dû interrompre prématurément sa croisière en mer Baltique après la détection de plusieurs cas d’hantavirus parmi les passagers et l’équipage, a indiqué Le Monde. Selon les premiers rapports, trois personnes ont été testées positives à ce virus, transmis principalement par l’inhalation de particules contaminées présentes dans les déjections de rongeurs. Les autorités sanitaires des pays concernés ont immédiatement mis en place des mesures de confinement ciblées, mais sans coordination préalable.

Les passagers, majoritairement originaires des Pays-Bas, de Belgique et d’Allemagne, ont été rapatriés par vols spéciaux entre le 3 et le 7 mai 2026. « L’opération s’est déroulée sans incident majeur, mais elle a révélé les failles d’un système où chaque pays applique ses propres règles », a expliqué un porte-parole de la compagnie, cité par Le Monde.

Des protocoles de confinement non harmonisés, un risque de propagation ?

La situation a mis en lumière l’absence de protocole commun au niveau européen concernant la gestion des cas d’hantavirus, malgré l’existence de recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, les personnes exposées sont placées en isolement pendant 14 jours et suivies médicalement, tandis qu’aux Pays-Bas, les autorités ont opté pour un confinement strict de 10 jours avec tests PCR systématiques. En Allemagne, les mesures varient selon les Länder, certains imposant un simple suivi à domicile.

« Cette disparité des approches complique la traçabilité des contacts et pourrait favoriser une propagation silencieuse du virus », a souligné un infectiologue de l’Institut Pasteur, contacté par Le Monde.

Selon les données disponibles, l’hantavirus provoque environ 10 000 cas par an en Europe, avec un taux de mortalité de 5 à 10 % en l’absence de traitement. Bien que la transmission interhumaine soit exceptionnelle, les experts s’inquiètent des conséquences d’un relâchement des mesures dans certains pays.

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires européennes devraient se réunir d’ici la fin du mois de mai pour discuter d’un cadre commun de réponse face aux infections émergentes comme l’hantavirus, a indiqué la Commission européenne. En attendant, les compagnies maritimes pourraient être incitées à renforcer leurs protocoles de désinfection et de surveillance des navires, afin de limiter les risques de contamination à bord. Une décision formelle est attendue lors du prochain Conseil des ministres de la Santé, prévu le 25 mai 2026.

Une maladie rare mais aux conséquences potentiellement graves

L’hantavirus est une zoonose — une maladie transmise de l’animal à l’homme — principalement par les rongeurs. Les symptômes, similaires à ceux de la grippe (fièvre, douleurs musculaires, maux de tête), peuvent évoluer vers une insuffisance rénale ou pulmonaire dans les cas les plus sévères. En 2023, 23 cas avaient été recensés en France, avec un décès signalé. Les autorités sanitaires rappellent que la prévention passe par l’éviction des zones infestées par les rongeurs et par le port de masques FFP2 en cas d’exposition à des poussières contaminées.

Face à l’augmentation des voyages internationaux et à la multiplication des foyers épidémiques, l’OMS a appelé en 2025 à une meilleure préparation des systèmes de santé. « La crise du « Hondius » montre que la coordination entre États reste un défi majeur », a conclu un rapport publié par l’organisation en avril 2026, repris par Le Monde.

L’hantavirus provoque initialement de la fièvre, des courbatures et des maux de tête, avant de pouvoir entraîner des complications rénales ou pulmonaires. Il n’existe pas de traitement spécifique, mais une prise en charge précoce permet de réduire les risques de forme grave. Les antiviraux comme la ribavirine sont parfois utilisés en début d’infection, tandis que les cas sévères nécessitent une hospitalisation en soins intensifs.