Un incident violent s'est produit jeudi 21 mai 2026 au centre de soins de Rwampara, situé à une dizaine de kilomètres de Bunia, en République démocratique du Congo (RDC). Des proches d'un patient décédé de la maladie à virus Ebola ont mis le feu à deux tentes du centre de traitement, après que les équipes médicales ont refusé de leur remettre le corps. Selon RFI, trois malades confirmés et trois cas suspects ont profité du chaos pour s'enfuir, aggravant les risques de propagation de l'épidémie.
Ce qu'il faut retenir
- Un décès d'Ebola à l'origine du drame, refus de restitution du corps par les équipes médicales
- Deux tentes incendiées par des proches en colère, six patients (3 confirmés et 3 suspects) en fuite
- Incident survenu le 21 mai 2026 à Rwampara, près de Bunia en RDC
- Réaction immédiate du ministre de la Santé, Roger Kamba, qui a condamné l'incident
L'incident survient dans un contexte déjà tendu, la RDC faisant face à une résurgence de l'épidémie d'Ebola. Selon les dernières données, plus de 3 000 cas ont été enregistrés depuis le début de l'année 2026, avec un taux de létalité avoisinant les 60 %. Le centre de Rwampara, géré par des équipes internationales et locales, avait pourtant mis en place des protocoles stricts pour éviter tout débordement. Pourtant, la frustration des familles, confrontées à des mesures sanitaires perçues comme inhumaines, a conduit à cette escalade violente.
D'après les premiers témoignages recueillis par RFI, les proches du défunt auraient exigé la restitution du corps immédiatement après l'annonce du décès. Les équipes médicales, suivant le protocole sanitaire en vigueur, ont refusé de remettre le corps tant que les procédures de désinfection et de sécurité n'avaient pas été respectées. Cette décision, bien que justifiée sur le plan épidémiologique, a été perçue comme un refus de respect envers la famille et la tradition. La colère s'est transformée en violence, entraînant la destruction partielle des infrastructures du centre.
Parmi les patients en fuite, trois présentaient des symptômes confirmés d'Ebola. Leur disparition complique davantage la lutte contre l'épidémie, alors que les autorités sanitaires tentaient de tracer leurs contacts pour éviter une propagation. Le ministère de la Santé a annoncé le déploiement de renforts dans la zone, tandis que des patrouilles sont organisées pour localiser les fugitifs. Roger Kamba, ministre de la Santé, a qualifié l'incident de « regrettable et inacceptable » dans une déclaration à la presse, rappelant que « la sécurité des patients et des soignants est une priorité absolue ».
« Nous comprenons la douleur des familles, mais les règles sanitaires doivent être respectées pour protéger l'ensemble de la population. Cet incident met en lumière les défis persistants dans la gestion des épidémies en zone rurale. »
— Roger Kamba, ministre de la Santé de la RDC
Les autorités locales ont également confirmé que les tentes incendiées ne servaient pas directement à l'isolement des patients, mais abritaient du matériel médical et des réserves. Cependant, l'incident a paralysé temporairement les activités du centre, déjà sous pression depuis plusieurs semaines. Des ONG présentes sur place ont indiqué que la méfiance envers les équipes sanitaires s'est encore accrue parmi la population, un obstacle majeur pour les campagnes de vaccination et de sensibilisation.
Cette affaire relance également le débat sur les protocoles de gestion des décès lors des épidémies, un sujet sensible dans les pays d'Afrique centrale. Certains experts suggèrent d'adapter les règles pour permettre une restitution plus rapide des corps, tout en maintenant les mesures de sécurité. Pour l'heure, aucune date n'a été fixée pour la réouverture complète du centre de Rwampara, dont les activités restent partiellement interrompues.
Les équipes ont suivi le protocole sanitaire en vigueur pour les décès liés à Ebola, qui impose une désinfection du corps et une manipulation sécurisée pour éviter toute contamination. Ces mesures, bien que nécessaires, sont souvent perçues comme un manque de respect par les familles, surtout dans un contexte culturel où les rites funéraires sont centraux.