Selon Courrier International, l’administration américaine dirigée par Donald Trump poursuit sa politique de freinage des projets éoliens en mer, initiés sous la présidence de Joe Biden. Dans un communiqué publié le 17 juin 2026, le ministère de l’Intérieur a annoncé le versement de 765 millions de dollars (soit environ 660 millions d’euros) au principal développeur privé de projets énergétiques du pays, Invenergy, en échange de l’abandon de quatre contrats de location pour des parcs éoliens offshore.
Ce qu'il faut retenir
- Invenergy, un acteur majeur du secteur énergétique américain, renonce à quatre concessions pour des parcs éoliens en mer situés dans la baie de New York, au large des côtes centrales de Californie et dans le golfe du Maine.
- Ces projets avaient été attribués sous l’administration Biden, mais leur réalisation était déjà compromise depuis l’arrivée de Donald Trump, qui a suspendu toutes les autorisations pour ce type d’infrastructures.
- En contrepartie de cet abandon, Invenergy s’engage à investir les fonds publics reçus dans le développement d’au moins cinq centrales électriques au gaz naturel dans le Midwest, ainsi que dans des projets de géothermie dans l’ouest des États-Unis.
- Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump, qui privilégie les énergies fossiles au détriment des énergies renouvelables.
Un accord financier pour mettre fin à des projets en suspens
L’accord conclu entre le gouvernement fédéral et Invenergy prévoit que le développeur renonce volontairement à ses droits sur quatre zones maritimes fédérales destinées à l’éolien offshore. Ces sites, répartis entre la côte Est, la côte Ouest et le Nord-Est des États-Unis, avaient été identifiés comme propices au développement de parcs éoliens, mais leur avenir était incertain depuis le changement de présidence.
Selon The New York Times, cité par Courrier International, les projets concernés avaient « peu de chances d’aboutir sous le mandat de Donald Trump », l’administration ayant gelé l’ensemble des autorisations pour les infrastructures éoliennes offshore dès 2025. L’abandon de ces contrats permet donc au gouvernement de tourner définitivement la page des énergies renouvelables en mer, tout en sécurisant un financement public pour des alternatives énergétiques.
Un virage énergétique vers les énergies fossiles et la géothermie
En échange de ces 765 millions de dollars, Invenergy a accepté de réorienter ses investissements vers des infrastructures plus conformes aux priorités de l’administration Trump. L’entreprise s’est engagée à construire au moins cinq nouvelles centrales électriques fonctionnant au gaz naturel dans le Midwest, une région où la demande énergétique reste forte. Parallèlement, des fonds seront alloués à des projets de géothermie dans l’ouest du pays, une technologie renouvelable mais moins développée que l’éolien offshore.
Cette stratégie reflète la volonté affichée par Donald Trump de réduire la dépendance aux énergies renouvelables au profit des hydrocarbures, jugés plus « fiables » et « abordables » selon les termes mêmes du communiqué d’Invenergy. « À l’heure où la demande en énergie est sans précédent, nous nous attachons à fournir une énergie fiable et abordable à nos clients », a déclaré le groupe dans un communiqué, sans préciser si ces nouveaux projets compenseraient à terme la production perdue avec l’abandon des parcs éoliens.
Un contexte politique marqué par la défiance envers l’éolien offshore
Cette décision s’inscrit dans un climat politique tendu autour des questions énergétiques aux États-Unis. Depuis 2025, l’administration Trump a multiplié les mesures pour freiner le développement des énergies renouvelables, notamment l’éolien en mer, perçu comme coûteux et peu compatible avec sa vision d’une énergie « souveraine ». En avril 2026, le ministère de l’Intérieur avait déjà suspendu les autorisations pour tous les nouveaux projets éoliens offshore, invoquant des « préoccupations environnementales » et des « coûts excessifs ».
Les associations de défense de l’environnement, comme le Sierra Club, ont critiqué cette politique, estimant qu’elle « ralentit la transition énergétique » et expose le pays à un risque accru de dépendance aux énergies fossiles. À l’inverse, les lobbies du gaz naturel et du charbon soutiennent cette orientation, arguant qu’elle permet de garantir la stabilité des prix de l’énergie pour les consommateurs.
Quoi qu’il en soit, cette décision marque un tournant dans la politique énergétique américaine, où les énergies fossiles reprennent une place centrale après des années de progression des renouvelables. Pour les observateurs, la question n’est plus de savoir si ce virage sera effectif, mais à quel rythme il s’imposera dans le paysage énergétique des États-Unis.
Les quatre projets abandonnés par Invenergy se situent dans la baie de New York, au large des côtes centrales de Californie et dans le golfe du Maine. Aucun de ces sites n’avait encore atteint le stade de la construction avant l’annonce de l’accord.
En 2026, les énergies renouvelables (hors hydroélectricité) représentent environ 18 % du mix énergétique américain, selon les dernières données de l’U.S. Energy Information Administration. L’éolien offshore, bien que en croissance, ne contribue qu’à hauteur de 1 % de cette part, en raison du faible nombre de parcs opérationnels.