Une initiative artistique et militante mêlant gastronomie et histoire traverse actuellement le pays. D'après Libération, la cuisinière et artiste Floriane Facchini, en collaboration avec la scène nationale de Cavaillon, fait revivre pour la première fois en France l'histoire méconnue d'une recette italienne. Ce projet, intitulé « Manger est un engagement », se matérialise sous la forme d'un banquet itinérant qui reliera Marseille à Calais en une dizaine d'étapes.
Ce qu'il faut retenir
- Un banquet itinérant de pasta, inspiré d'une recette italienne historique, parcourt la France de Marseille à Calais pour sensibiliser aux dangers du fascisme.
- Floriane Facchini, cuisinière et artiste, est à l'initiative de ce projet, soutenu par la scène nationale de Cavaillon.
- Une recette méconnue sert de fil rouge à cette initiative, mêlant transmission culinaire et engagement politique.
- Une dizaine d'étapes sont prévues entre le 15 mai et le 30 juin 2026, avec des escales dans des villes emblématiques de la lutte antifasciste.
- L'objectif affiché est de réaffirmer l'engagement citoyen à travers le partage d'un repas, en réponse aux discours extrémistes.
Une recette italienne au service d'un combat politique
L'idée n'est pas née d'hier. D'après Floriane Facchini, interrogée par Libération, cette recette de pasta trouve ses origines dans l'Italie des années 1930, période marquée par la montée du fascisme. « Ce plat était un symbole de résistance, préparé et partagé dans la clandestinité », explique-t-elle. Aujourd'hui, il devient un outil pour rappeler que l'engagement passe aussi par l'assiette. Le projet s'inscrit dans un contexte où les discours extrémistes gagnent du terrain en Europe, autant dire que l'initiative tombe à point nommé.
Un parcours jalonné de rencontres et de débats
Le banquet ne se contente pas de traverser les villes : il s'arrête pour des rencontres avec des associations locales, des projections de documentaires et des discussions sur les résistances passées et présentes. À Marseille, la première étape a été marquée par une dégustation suivie d'un débat sur l'histoire des résistances antifascistes en Europe. « On ne peut plus fermer les yeux. Manger ensemble, c'est déjà un acte politique », souligne Facchini. Côté logistique, chaque ville reçoit le matériel nécessaire pour préparer le plat selon la recette originale, garantissant une cohérence entre les étapes.
« Ce n'est pas qu'un repas. C'est une façon de dire qu'on refuse la division, qu'on choisit la solidarité. »
Floriane Facchini, cuisinière et artiste
Un projet qui s'appuie sur des soutiens institutionnels et associatifs
La scène nationale de Cavaillon joue un rôle clé dans l'organisation logistique et la mobilisation des partenaires locaux. D'après Libération, plusieurs municipalités, dont celles de Lyon et Grenoble, ont déjà manifesté leur intérêt pour accueillir une étape. Des associations comme SOS Racisme et la Ligue des droits de l'Homme soutiennent également l'initiative, qui s'inscrit dans une dynamique plus large de mobilisation contre les extrémismes. « Ce projet montre que la culture et la gastronomie peuvent être des leviers puissants pour fédérer », commente un porte-parole de la scène nationale de Cavaillon.
Pour suivre l'itinéraire complet et participer aux étapes, les organisateurs invitent le public à consulter le site dédié, mis en ligne début mai. Une chose est sûre : l'histoire de cette pasta italienne, et celle de ceux qui l'ont transmise, ne s'arrêtera pas à Calais.
D'après Floriane Facchini, la pasta était un plat accessible et facile à préparer en période de clandestinité dans les années 1930. Elle permettait de nourrir un grand nombre de personnes tout en symbolisant la résistance collective. Aujourd'hui, ce choix rappelle que même les gestes du quotidien peuvent devenir des actes politiques.