Au Mexique, l’État de Veracruz est le théâtre d’un conflit environnemental et social lié à la relance de la fracturation hydraulique par le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum. Selon Libération, cette pratique, qui consiste à injecter des fluides sous haute pression pour extraire du gaz de schiste, est présentée comme un moyen de préserver « la souveraineté énergétique » du pays. Pourtant, elle soulève de vives critiques, notamment de la part des communautés autochtones locales, qui dénoncent une pollution des terres agricoles et des cours d’eau, ainsi qu’une violation de leurs droits.

Ce qu'il faut retenir

  • La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, ancienne spécialiste des questions environnementales, soutient le redémarrage de la fracturation hydraulique pour des raisons de « souveraineté énergétique ».
  • Cette technique est accusée de polluer les terres agricoles et les cours d’eau de l’État de Veracruz.
  • Les communautés autochtones locales affirment ne plus savoir comment défendre leurs droits face à cette pratique.
  • Le projet s’inscrit dans une stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux importations d’énergie.

Une décision politique controversée

La fracturation hydraulique, ou « fracking », avait été suspendue sous les mandats précédents en raison de ses impacts environnementaux. Pourtant, Claudia Sheinbaum, ancienne ministre de l’Énergie et spécialiste reconnue des enjeux climatiques, a choisi de la relancer. « La souveraineté énergétique du Mexique est une priorité absolue », a-t-elle déclaré lors d’une allocution en mars 2026, comme le rapporte Libération. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions sur les prix de l’énergie et de dépendance aux importations, notamment de gaz naturel.

Cependant, les méthodes employées pour extraire le gaz de schiste suscitent une forte opposition. Les communautés locales, principalement des populations autochtones, dénoncent une absence de consultation préalable et une méconnaissance des risques encourus. « Nos droits sont piétinés, on ne sait pas comment se défendre », a témoigné un représentant d’une communauté de Veracruz, cité par Libération.

Des conséquences environnementales déjà visibles

Les premières études menées dans la région révèlent des niveaux élevés de pollution dans les sols et les nappes phréatiques. Selon des rapports locaux, plusieurs rivières et puits d’eau potable présentent des taux anormalement élevés de métaux lourds et de produits chimiques utilisés lors des forages. « Les terres agricoles, autrefois fertiles, deviennent stériles à cause des infiltrations de fluides toxiques », a expliqué un agriculteur de la région à Libération.

Les autorités mexicaines, de leur côté, minimisent ces risques. Un porte-parole du ministère de l’Énergie a affirmé que « des mesures strictes de contrôle » étaient mises en place pour garantir la sécurité des populations. Pourtant, les habitants restent sceptiques. « Les promesses ne suffisent plus, il faut des actes concrets », a réagi une militante écologiste de Veracruz.

Un conflit qui dépasse le cadre local

Ce conflit s’inscrit dans un débat plus large sur la transition énergétique au Mexique. Le pays, riche en ressources naturelles, est tiraillé entre la volonté de développer ses propres réserves de gaz et la nécessité de protéger ses écosystèmes et ses populations. La fracturation hydraulique, bien que coûteuse et risquée, est présentée par le gouvernement comme une solution pour réduire la dépendance aux importations, notamment en provenance des États-Unis.

Cependant, les organisations internationales, comme l’ONU, ont déjà alerté sur les dangers de cette pratique pour les droits des peuples autochtones. « Le Mexique doit respecter ses engagements internationaux en matière de protection de l’environnement et des droits humains », a rappelé un expert en droit international interrogé par Libération.

Et maintenant ?

La situation pourrait évoluer dans les prochains mois, avec l’examen d’un projet de loi visant à encadrer plus strictement la fracturation hydraulique. Une commission parlementaire doit rendre ses conclusions d’ici la fin de l’année 2026. Dans l’intervalle, les communautés autochtones préparent des recours juridiques pour faire valoir leurs droits. Reste à voir si le gouvernement acceptera de revoir sa copie ou s’il maintiendra sa position en faveur du gaz de schiste.

Ce dossier illustre les tensions entre développement économique et protection de l’environnement, un équilibre que le Mexique peine à trouver. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les voix des populations locales seront enfin entendues.