C’est devant environ 200 personnes réunies à Valenciennes mercredi soir que François Ruffin, député de la Somme et candidat déclaré à l’élection présidentielle, a poursuivi sa tournée de « rencontres citoyennes ». Au programme : un « entretien d’embauche » – formule récurrente dans sa campagne – et une séance de dédicaces pour sa bande dessinée, un support au cœur d’une controverse à gauche.
Ce qu'il faut retenir
- François Ruffin a tenu un meeting à Valenciennes mercredi 21 mai 2025 en soirée, devant 200 personnes.
- Il a présenté un « entretien d’embauche », format phare de sa campagne, et dédicacé sa bande dessinée.
- Cette BD, objet d’une polémique à gauche, a relancé les débats sur les choix de communication du candidat.
- Le député de la Somme, figure de la NUPES, continue de défendre une ligne de « réparation » du pays.
Selon Libération, l’événement s’est déroulé sans heurts, loin des polémiques qui ont récemment émaillé la campagne de Ruffin. Le candidat, connu pour son style direct et son ancrage dans les territoires, a ainsi choisi la ville du Nord pour y développer son discours sur la « fracture française ». Une thématique qu’il martèle depuis des mois, tout en évitant les sujets qui pourraient alimenter les tensions internes à la gauche.
Lors de cet entretien d’embauche – un exercice où Ruffin se met en scène comme un « manager » à l’écoute des citoyens –, le député a notamment insisté sur la nécessité de « réparer la France ». Une formule qu’il reprend souvent pour illustrer son projet politique, entre justice sociale et reconstruction nationale. « Notre France est fracturée ? On peut encore la réparer », a-t-il lancé devant son public, selon des propos rapportés par Libération.
« On peut encore la réparer. »
— François Ruffin, lors de son meeting à Valenciennes
La présence de sa bande dessinée, dont la sortie avait été précédée de critiques sur son contenu politique, a également marqué cet événement. L’ouvrage, qui mêle récit personnel et analyse sociale, a suscité des débats au sein de la gauche, certains y voyant un outil de communication trop personnel pour un candidat à la présidentielle. Ruffin, lui, en fait un symbole de son engagement : « Cette BD, c’est aussi une façon de montrer que la politique, ça peut être accessible, concret, et pas seulement théorique », a-t-il expliqué à l’assistance.
Le déplacement de Ruffin à Valenciennes s’inscrit dans une séquence de campagne où il tente de se démarquer tout en consolidant son ancrage local. Après plusieurs mois passés sur le terrain, le candidat multiplie les meetings dans des villes moyennes et des zones industrielles, un choix stratégique pour toucher un électorat populaire souvent déçu par les partis traditionnels. Valenciennes, avec son histoire industrielle et ses défis sociaux, représente un terrain d’expression idéal pour son discours.
La polémique autour de sa BD, elle, devrait s’estomper à mesure que la campagne progressera, sauf si le candidat décide d’en faire un argument central – ce qui semble peu probable au vu de sa stratégie actuelle. Pour l’heure, Ruffin reste concentré sur son message : « réparer la France », une formule qui, malgré les divisions, semble résonner avec une partie de l’électorat.
Reste à voir si cette approche suffira à le placer dans le trio de tête des candidats à l’élection présidentielle, alors que la gauche, traditionnellement divisée, peine à trouver une unité.
Il s’agit d’un format de meeting où François Ruffin se met en scène comme un « recruteur » à l’écoute des citoyens. Le candidat y présente son projet politique en adoptant une posture directe et interactive, souvent en posant des questions au public et en échangeant avec lui.