Près de deux millions de Palestiniens vivent dans des conditions de survie à Gaza, selon les dernières évaluations des organisations humanitaires. Entre pénuries alimentaires, manque d'eau potable, maladies liées à l'insalubrité et infrastructures médicales en ruine, la situation s'aggrave chaque jour. BMF - International rapporte que Médecins sans frontières (MSF) qualifie désormais la bande de Gaza de « zone de crise humanitaire catastrophique », un constat partagé par l'ensemble des acteurs de terrain sur place. Cette dégradation intervient alors qu'Israël a intercepté une nouvelle flottille humanitaire au large de Chypre le 18 mai 2026, relançant les tensions autour du blocus maritime imposé à l'enclave palestinienne.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de 2 millions de personnes à Gaza vivent dans des abris de fortune, selon les estimations des ONG.
  • Les distributions de nourriture et de médicaments restent aléatoires et insuffisantes, avec seulement quelques camions autorisés à entrer chaque jour.
  • La population souffre de maladies de peau, de famine et de pénuries d'eau, dans un contexte d'insalubrité généralisée.
  • Israël a intercepté une flottille humanitaire au large de Chypre le 18 mai 2026, suscitant des condamnations internationales.
  • Les infrastructures médicales et sanitaires, déjà détruites, ne sont toujours pas reconstruites.
  • La France a convoqué l'ambassadeur israélien pour dénoncer les « agissements inadmissibles » liés à l'intervention de l'extrême droite israélienne.

Une crise humanitaire en spirale : maladies, faim et absence d'eau

La situation à Gaza s'est dramatiquement dégradée depuis le début du conflit. D'après Claire Nicolet, responsable des opérations d'urgence de Médecins sans frontières, « la vie des Gazaouis est aujourd'hui marquée par une lutte quotidienne pour se nourrir ». Les distributions alimentaires, bien que présentes, ne suffisent plus à couvrir les besoins de la population. « On compte sur des cuisines collectives, mais les ressources sont limitées », explique-t-elle. Les denrées de base, comme la viande ou les œufs, sont devenues inaccessibles pour la plupart des habitants. « Avant 2023, environ 600 camions par jour entraient à Gaza, un chiffre déjà restreint par le blocus. Aujourd'hui, ce nombre est bien inférieur, et personne ne sait ce qui sera autorisé à entrer d'un jour à l'autre. »

Les problèmes d'approvisionnement ne se limitent pas à la nourriture. L'eau potable est une denrée rare. Les canalisations en provenance d'Israël sont soit détruites, soit inaccessibles. Les structures de traitement et de distribution d'eau, largement endommagées, peinent à fonctionner faute de pièces détachées. « Les habitants doivent se rabattre sur des générateurs ou des panneaux solaires pour obtenir un minimum d'électricité », précise Nicolet. Quant à l'hygiène, elle est devenue un luxe : « Les déchets s'entassent dans les rues, et les maladies de peau, comme la gale, se multiplient. »

Un blocus maritime qui aggrave les tensions

Le 18 mai 2026, une flottille humanitaire en route vers Gaza a été interceptée par la marine israélienne au large de Chypre. Plusieurs militants ont été arrêtés, et des images relayées par le ministre israélien d'extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, montrent certains d'entre eux maintenus au sol, menottés. Ces images ont suscité une vague de réactions indignées à l'international, la France allant jusqu'à convoquer l'ambassadeur israélien pour dénoncer ces « agissements inadmissibles ».

Israël, de son côté, justifie cette interception en invoquant le respect du blocus maritime imposé à Gaza. Les autorités affirment avoir utilisé des moyens non létaux pour faire respecter cette mesure. Cependant, les ONG présentes sur place dénoncent des violences lors de l'opération. « Ces méthodes sont contraires au droit international humanitaire », souligne un porte-parole d'une organisation non gouvernementale sous couvert d'anonymat. La flottille transportait du matériel médical et des denrées alimentaires, essentiels pour pallier les pénuries persistantes dans l'enclave.

Des infrastructures médicales en ruine et une population abandonnée

Les structures de santé à Gaza sont dans un état désastreux. « Les scalpels, les concentrateurs d'oxygène, les lits d'hospitalisation et même les médicaments liquides sont extrêmement difficiles à faire entrer », explique Claire Nicolet. « Aujourd'hui, l'électricité ne fonctionne que par intermittence, grâce à des générateurs ou des panneaux solaires. Sans pièces de rechange, il est impossible de réparer les pompes à eau ou les équipements médicaux. »

Les écoles et les habitations, détruites lors des précédents conflits, ne sont toujours pas reconstruites. « On ne voit aucune amélioration. Au contraire, la situation continue de se dégrader. Les bombardements, les drones et les incursions de chars se poursuivent quotidiennement, malgré les annonces de trêve », ajoute Nicolet. « Les équipes locales de MSF nous rapportent vivre dans la peur lors de leurs déplacements. Personne ne semble plus s'intéresser au sort des Gazaouis. »

Et maintenant ?

La communauté internationale reste divisée sur les moyens d'alléger le blocus de Gaza. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU est prévue pour la semaine prochaine, mais aucune solution concrète n'est attendue à court terme. Pour les organisations humanitaires, la priorité reste l'acheminement massif de denrées alimentaires et de matériel médical, ainsi que la reconstruction des infrastructures sanitaires. Reste à voir si les pressions diplomatiques, comme celle exercée par la France, suffiront à faire bouger les lignes. D'ici là, la population de Gaza devra continuer à survivre dans des conditions de plus en plus précaires.

Dans ce contexte, la question de la levée partielle du blocus maritime pourrait être au cœur des discussions. Cependant, aucun calendrier n'a encore été annoncé. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la situation à Gaza peut connaître une inflexion, ou si elle continuera sur la pente descendante qui la caractérise depuis plus de deux ans.

Israël justifie le blocus maritime par des raisons de sécurité, affirmant qu'il permet d'empêcher l'entrée d'armes et de matériel pouvant servir à des groupes armés. Cependant, les organisations humanitaires dénoncent un outil de pression politique qui aggrave la crise humanitaire à Gaza.

Les ONG appellent à une augmentation significative des convois humanitaires autorisés à entrer à Gaza, ainsi qu'à la reconstruction des infrastructures sanitaires et à la levée partielle du blocus. Une réunion avec les autorités israéliennes est prévue dans les prochains jours, mais aucun engagement ferme n'a encore été pris.