Le gouvernement ghanéen a donné son accord pour une opération de rapatriement destinée à ses ressortissants souhaitant quitter l’Afrique du Sud, où les tensions xénophobes envers les étrangers africains se sont à nouveau aggravées. Selon RFI, le ministre ghanéen des Affaires étrangères a confirmé mardi 13 mai 2026, sur son compte officiel X, que cette initiative était en préparation afin d’accompagner les volontaires dans leur retour au pays.
Ce qu'il faut retenir
- 300 ressortissants ghanéens sont concernés par cette opération de rapatriement depuis l’Afrique du Sud.
- L’annonce a été faite le 13 mai 2026 par le ministre ghanéen des Affaires étrangères sur la plateforme X.
- Cette décision intervient dans un contexte de recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud à l’encontre des étrangers africains.
- Les tensions diplomatiques entre Accra et Pretoria s’accentuent depuis plusieurs semaines.
- L’opération vise uniquement les ressortissants souhaitant quitter le pays de manière volontaire.
Cette initiative s’inscrit dans un climat de méfiance croissante envers les communautés africaines installées en Afrique du Sud. Depuis le début de l’année, plusieurs émeutes et agressions ciblant des étrangers ont été signalées, poussant de nombreux gouvernements africains à envisager des solutions pour leurs citoyens. Le Ghana, qui entretient traditionnellement des relations diplomatiques solides avec Pretoria, se trouve désormais dans une position délicate face à cette crise humanitaire.
Dans son communiqué publié sur X, le ministre ghanéen des Affaires étrangères a indiqué que « cette opération de rapatriement vise à garantir la sécurité des ressortissants ghanéens qui souhaitent rentrer au pays ». Il a précisé que les détails logistiques seraient communiqués dans les prochaines heures, sans pour autant préciser de date exacte pour le départ des premiers groupes. « Nous suivons de près la situation et agissons pour protéger nos concitoyens », a-t-il ajouté.
« Cette opération de rapatriement vise à garantir la sécurité des ressortissants ghanéens qui souhaitent rentrer au pays. »
— Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, cité par RFI le 13 mai 2026.
Les relations entre le Ghana et l’Afrique du Sud, déjà tendues ces derniers mois, pourraient se détériorer davantage si l’opération de rapatriement est perçue comme une ingérence dans les affaires intérieures sud-africaines. Pretoria a régulièrement accusé certains pays africains de stigmatiser l’Afrique du Sud en pointant du doigt les violences xénophobes, tout en reconnaissant l’ampleur du problème. En 2019, une vague de violences avait déjà poussé des milliers d’étrangers à fuir le pays, provoquant une crise diplomatique à l’échelle continentale.
Sur place, les organisations de défense des droits humains appellent à une réponse régionale pour mettre fin aux violences xénophobes. Pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée par le gouvernement sud-africain pour protéger les étrangers, si ce n’est des patrouilles policières renforcées dans les zones à risque. La communauté internationale, de son côté, suit la situation de près, alors que l’Afrique du Sud peine à surmonter cette crise récurrente.
Ces violences s’expliquent par un mélange de frustration économique, de chômage élevé et de tensions sociales. Certains Sud-Africains imputent leur précarité aux étrangers, notamment en provenance d’autres pays africains, bien que ces accusations soient souvent infondées. Les vagues de xénophobie ont déjà fait des dizaines de morts et des milliers de déplacés ces dernières années, sans que des solutions durables ne soient trouvées.