Le conseil départemental de Gironde a dû procéder, ce lundi 8 juin 2026, à un nouveau vote sur son budget 2026, une décision imposée par la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine. Cette révision intervient après que l’instance de contrôle a rejeté le budget primitif adopté le 13 avril dernier, en raison d’un déficit structurel qui s’aggrave dans ce département, sixième plus peuplé de France. Selon BFM Business, la CRC a notamment alourdi le déficit 2025 en intégrant des dépenses initialement reportées, tout en prolongeant d’un an, jusqu’en 2029, le plan de redressement financier.
Ce qu'il faut retenir
- Le conseil départemental de Gironde a revoté son budget 2026 sous la contrainte de la Chambre régionale des comptes, qui a rejeté le budget primitif adopté en avril.
- La CRC a alourdi le déficit 2025 en y rattachant des dépenses reportées, et a prolongé le plan de redressement jusqu’en 2029.
- Le déficit 2025 atteint 100 millions d’euros sur un budget de 2 milliards d’euros, contre un prévisionnel à l’équilibre de 1,8 milliard d’euros.
- La correction demandée par la CRC représente une enveloppe de 11 millions d’euros, soit 0,6 % du budget total.
- Le président socialiste Jean-Luc Gleyze dénonce une « orthodoxie budgétaire et comptable » et maintient sa position sur le rattachement des dépenses sociales.
Un budget revoté sous la contrainte de la Chambre régionale des comptes
Le conseil départemental de Gironde a dû se plier à la décision de la Chambre régionale des comptes (CRC) de Nouvelle-Aquitaine, qui a rejeté le budget primitif 2026 adopté le 13 avril 2026. L’instance de contrôle a exigé une révision budgétaire pour corriger une enveloppe de 11 millions d’euros, soit 0,6 % du budget total du département. Une correction que Stéphane Corbin, directeur général des services, qualifie de « coup de bambou », comme le rapporte Sud-Ouest et repris par BFM Business. « On nous demande de revoter un budget pour une correction de 11 millions d’euros sur 1,8 milliard. Nous allons le faire mais cela représente moins de 0,6 % du budget », a-t-il précisé.
Un déficit qui s’aggrave et un plan de redressement prolongé
La CRC n’a pas seulement exigé une correction budgétaire : elle a aussi alourdi le déficit 2025 en y intégrant des dépenses initialement reportées, notamment celles liées aux prestations sociales. Résultat, le solde négatif du département est passé de 97 millions d’euros en prévisionnel à plus de 100 millions d’euros pour un budget de 2 milliards d’euros. Par ailleurs, la CRC a prolongé d’un an le plan de redressement, désormais fixé jusqu’en 2029, alors qu’il devait initialement permettre un retour à l’équilibre en 2028. L’objectif affiché par l’exécutif girondin reste inchangé : « garantir le retour à l’annualité budgétaire en 2027 », selon les déclarations de Jean-Luc Gleyze.
Des divergences persistantes entre l’exécutif et la CRC
Jean-Luc Gleyze, président socialiste du département et secrétaire général de l’Assemblée des Départements de France, a vivement critiqué la décision de la CRC. Il dénonce une approche « fondée uniquement sur une orthodoxie budgétaire et comptable », tout en défendant la pratique du rattachement des dépenses sociales. Cette méthode, courante dans les grands départements, consiste à reporter le paiement de certaines allocations en fin d’exercice faute de crédits suffisants. « Nous avons ouvert des crédits dans le budget 2026 pour y inscrire les dépenses à rattacher de l’exercice précédent et garantir le retour à l’annualité budgétaire en 2027 », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse.
Interrogé sur un éventuel bras-de-fer avec la CRC, qui doit rendre un nouvel avis sous quinzaine, Jean-Luc Gleyze préfère évoquer une « divergence de vue ». Pour lui, la trajectoire d’un retour à l’équilibre financier en 2028 reste d’actualité, une échéance qui coïnciderait avec les prochaines élections départementales. Il souligne par ailleurs le désengagement de l’État, pointant du doigt l’inadéquation entre les recettes des départements et les dépenses qui leur sont imposées.
« S’il compensait à 100 % nos trois allocations individuelles (Revenu de solidarité active, Allocation personnalisée d’autonomie et Prestation de compensation du handicap), nous aurions 370 millions d’euros en plus sur notre budget. »
Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental de Gironde
Un discours partagé par d’autres départements en difficulté
Le constat de Jean-Luc Gleyze résonne avec celui de nombreux élus départementaux, confrontés au resserrement budgétaire de l’État depuis 2025. La suppression progressive des dotations de l’État, couplée à l’augmentation des dépenses sociales, pèse lourdement sur les finances locales. Le président girondin, qui préside le groupe de gauche à l’Assemblée des Départements de France, rappelle régulièrement cette situation dans ses interventions publiques. « L’État se désengage, et nous devons faire face à des dépenses croissantes sans les ressources nécessaires », a-t-il souligné.
Cette tension entre les collectivités locales et l’État s’inscrit dans un contexte plus large de tensions budgétaires, alors que les départements les plus peuplés, comme la Gironde, sont en première ligne. Le déficit structurel de la Gironde n’est pas un cas isolé : il reflète une tendance nationale, où les collectivités peinent à concilier équilibre budgétaire et missions de service public.
Pour l’heure, le département de la Gironde doit composer avec un déficit persistant et une pression accrue de la part des autorités de contrôle. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si l’exécutif parviendra à concilier rigueur budgétaire et maintien des services publics locaux.
La CRC a rejeté le budget primitif 2026 car elle a estimé que le rattachement de certaines dépenses sociales reportées alourdissait artificiellement le déficit 2025, et que cela ne respectait pas les règles de l’annualité budgétaire. Elle a également prolongé le plan de redressement jusqu’en 2029, contre 2028 initialement prévu.
L’exécutif girondin vise un retour à l’équilibre budgétaire dès 2027, tout en garantissant l’annualité budgétaire. Pour cela, il a revoté son budget 2026 en intégrant les dépenses sociales initialement reportées.