Un fonds d'investissement britannique, Sparta Capital, s'est déclaré intéressé par le rachat des Girondins de Bordeaux, actuellement détenus par l'homme d'affaires Gérard Lopez. Selon Le Figaro, cette offre, qui intervient dans un contexte financier et sportif complexe pour le club, se heurte pour l'heure à plusieurs lignes rouges fixées par la Métropole de Bordeaux, présidée par Thomas Cazenave.
Ce qu'il faut retenir
- Le fonds Sparta Capital, fondé en 2021 à Londres par Franck Tuil, souhaite racheter une grande partie des actions des Girondins via une augmentation de capital.
- La Métropole de Bordeaux, propriétaire du Stade Atlantique, bloque trois conditions majeures : le renoncement à une procédure judiciaire pour loyers impayés (19,7 millions d'euros), le maintien des loyers à 1 million d'euros annuels, et le refus de céder le Stade Atlantique et le centre d'entraînement du Haillan.
- Gérard Lopez, qui a cédé une quarantaine de millions d'euros de créances en 2025, pourrait décider de vendre le club sans l'accord de la Métropole.
- Les Girondins doivent comparaître le 30 juin devant la DNCG pour examiner leurs comptes financiers.
Un repreneur britannique en discussion avec la Métropole
Le fonds britannique Sparta Capital, créé en 2021 à Londres par le Français Franck Tuil, a engagé des discussions avec la Métropole de Bordeaux pour une éventuelle reprise des Girondins. Selon les informations rapportées par Le Figaro, cet investisseur souhaite acquérir une part significative des actions détenues par Gérard Lopez, actuel propriétaire du club. Cependant, les demandes formulées par Sparta Capital se heurtent aux positions fermes de l'exécutif métropolitain, dirigé par Thomas Cazenave, maire de Bordeaux et nouveau président de la Métropole.
La Métropole, qui a récupéré la gestion du Stade Atlantique en régie depuis l'été 2025, n'a qu'un avis consultatif sur la vente du club. Pourtant, ses trois principales objections freinent pour l'instant le projet. « Les conditions demandées par l'acquéreur potentiel ne sont pas possibles aujourd'hui », a confirmé la collectivité dans un communiqué publié vendredi. Cette situation rappelle les échecs passés du club à trouver un repreneur, notamment face à d'autres fonds comme Fenway ou l'ancien gardien international allemand Oliver Kahn.
Trois blocages majeurs identifiés par la Métropole
Lors d'un entretien avec Sparta Capital, Thomas Cazenave a détaillé les trois principaux points de friction entre l'investisseur et la Métropole. Le premier concerne une procédure judiciaire en cours pour des loyers impayés du stade, s'élevant à 19,7 millions d'euros. Sparta Capital demande à ce que cette action soit abandonnée, s'appuyant sur une lettre d'intention signée par Gérard Lopez, qui s'était porté garant en cas d'impayés. « Il n'est pas possible pour un exécutif de la Métropole de s'asseoir sur une procédure judiciaire pour 20 millions d'euros alors que la situation financière de la collectivité est critique et que c'est le contribuable qui paierait », a justifié Thomas Cazenave.
Les deux autres points de désaccord portent sur les loyers du stade et la cession du Stade Atlantique et du centre d'entraînement du Haillan. Sparta Capital propose de réduire le loyer annuel de 1 million d'euros à 400 000 euros, une baisse que la Métropole refuse catégoriquement. Enfin, l'investisseur souhaite obtenir une option d'achat sur le Stade Atlantique pour 40 millions d'euros sur cinq ans, ainsi que sur le centre d'entraînement du Haillan pour environ 10 millions d'euros. « Ce sont trois points difficiles pour nous », a reconnu Thomas Cazenave, tout en précisant que la Métropole reste « ouverte à la discussion ».
Gérard Lopez conserve une marge de manœuvre dans la vente
Gérard Lopez, arrivé à la tête des Girondins en 2021, a connu une période particulièrement difficile pour le club. Descendu de la Ligue 1 au National 2 (4e division), le club a frôlé la faillite avant de bénéficier d'un plan de continuation validé en juin 2025 par le tribunal de commerce. Ce plan a permis de réduire la dette du club, passée d'environ 100 millions d'euros à 26 millions d'euros, tandis que Lopez a abandonné 40 millions d'euros de créances en échange d'une « clause de retour à meilleure fortune » en cas de remontée en professionnel. Pour l'instant, le club a échoué à deux reprises à remonter en troisième division.
Contrairement à une idée reçue, la Métropole n'a pas un pouvoir décisionnel absolu sur la vente du club. « Gérard Lopez peut tout à fait décider de céder le club indépendamment des discussions avec la Métropole », a rappelé Thomas Cazenave. Cette précision souligne la complexité du dossier, où les intérêts de la collectivité, ceux du propriétaire actuel et ceux d'un éventuel repreneur doivent être conciliés.
Une décision attendue fin juin devant la DNCG
Les Girondins de Bordeaux doivent se présenter devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier de la Fédération française de football (FFF), le 30 juin 2026. Cette instance examinera la situation financière du club, qui reste fragile malgré le plan de continuation mis en place l'an dernier. Une validation des comptes par la DNCG est indispensable pour que le club puisse prétendre à une remontée dans les divisions professionnelles.
Dans ce contexte, la question du repreneur se pose avec acuité. Alors que Sparta Capital avance ses pions, d'autres options pourraient émerger, comme l'a montré l'échec des négociations passées avec Fenway ou Oliver Kahn. La Métropole, consciente des enjeux, a réaffirmé sa volonté de discuter tout en maintenant ses lignes rouges. « Nous sommes ouverts à la discussion », a insisté Thomas Cazenave, sans pour autant céder sur les principes fondamentaux qui guident la gestion du club et de ses infrastructures.
La Métropole, qui détient le Stade Atlantique et influence indirectement la gestion du club, a clairement indiqué qu'elle ne sacrifierait pas les intérêts des contribuables pour faciliter une reprise. Quant à Gérard Lopez, son rôle dans une éventuelle transaction reste central, même si la collectivité n'a pas de pouvoir décisionnel absolu. Autant dire que le feuilleton des Girondins de Bordeaux n'est pas près de s'éteindre.
Sparta Capital est un fonds d'investissement fondé en 2021 à Londres par Franck Tuil, un entrepreneur français. Ce fonds s'est spécialisé dans le rachat de clubs sportifs et cherche à prendre une participation majoritaire aux Girondins de Bordeaux via une augmentation de capital. Cependant, ses propositions se heurtent aux exigences de la Métropole de Bordeaux, qui gère notamment le Stade Atlantique.
Les Girondins doivent comparaître devant la DNCG le 30 juin 2026 pour une examination de leurs comptes financiers. Cette instance décidera si le club peut prétendre à une remontée en divisions professionnelles. Par ailleurs, les discussions entre Sparta Capital et la Métropole de Bordeaux pourraient aboutir ou non d'ici la fin de l'été, en fonction des concessions possibles de chaque partie.