Jeudi 11 juin 2026, la commune de Guéguen-Plages, située dans le Morbihan, a mis en œuvre une opération originale pour lutter contre la prolifération des chenilles processionnaires du pin. Selon Ouest France, cette initiative repose sur l’utilisation d’un pistolet à phéromones, une méthode innovante visant à perturber la reproduction des papillons mâles et ainsi limiter l’expansion des chenilles.

Ce qu'il faut retenir

  • Une opération menée le 11 juin 2026 à Guéguen-Plages (Morbihan), selon Ouest France.
  • Utilisation d’un pistolet à phéromones pour perturber la reproduction des papillons mâles.
  • Objectif : limiter la prolifération des chenilles processionnaires du pin, responsables de risques sanitaires et environnementaux.
  • Méthode alternative aux traitements chimiques traditionnels, plus respectueuse de l’écosystème.

Une lutte ciblée contre les chenilles processionnaires

Les chenilles processionnaires du pin, reconnaissables à leur déplacement en file indienne, représentent une menace pour la santé publique en raison de leurs poils urticants. Ces derniers peuvent provoquer des réactions allergiques chez l’humain et les animaux. À Guéguen-Plages, comme dans de nombreuses communes françaises, les autorités locales cherchent des solutions pour endiguer leur expansion. La méthode retenue par la commune repose sur une approche biotechnologique : l’utilisation de phéromones pour désorienter les papillons mâles et réduire ainsi leur capacité à se reproduire.

Cette technique, moins invasive que les traitements chimiques, s’inscrit dans une démarche de gestion écologique des nuisibles. « C’est une solution qui permet de cibler uniquement les papillons mâles sans impacter les autres espèces », a expliqué un responsable municipal cité par Ouest France.

Un pistolet à phéromones, une arme contre les processionnaires

Concrètement, l’opération a consisté à tirer des billes imprégnées de phéromones à l’aide d’un pistolet spécial, similaire à ceux utilisés en paintball. Ces phéromones, des molécules attractives ou répulsives selon leur nature, perturbent le comportement des papillons mâles en les empêchant de localiser les femelles. Résultat : la reproduction est limitée, et la population de chenilles diminue mécaniquement au fil des générations.

Cette méthode, encore peu répandue en France, a déjà été testée dans d’autres régions avec des résultats encourageants. À Guéguen-Plages, les autorités espèrent ainsi réduire significativement le nombre de nids de processionnaires sans recourir aux insecticides, dont l’usage est de plus en plus réglementé pour des raisons environnementales.

Un contexte sanitaire et environnemental préoccupant

La prolifération des chenilles processionnaires s’inscrit dans un contexte plus large de changement climatique, qui favorise leur expansion vers le nord de la France. Ces insectes, autrefois cantonnés aux régions méditerranéennes, gagnent désormais des territoires plus septentrionaux, comme le Morbihan. Leur présence pose deux défis majeurs : d’une part, les risques pour la santé humaine et animale, et d’autre part, les dégâts causés aux forêts de pins.

Selon les experts, une chenille processionnaire peut consommer jusqu’à un mètre cube de feuilles de pin par an, ce qui affaiblit les arbres et les rend plus vulnérables aux maladies. Face à cette menace, les collectivités locales multiplient les initiatives, allant des campagnes de piégeage aux méthodes biologiques comme celle déployée à Guéguen-Plages.

Et maintenant ?

Les résultats de cette opération à Guéguen-Plages devraient être évalués dans les prochaines semaines. Si l’efficacité du pistolet à phéromones est confirmée, d’autres communes du Morbihan pourraient adopter cette méthode pour la saison 2027. En attendant, les autorités locales appellent les habitants à signaler la présence de nids de processionnaires afin d’agir rapidement.

Cette initiative illustre la recherche croissante de solutions durables pour faire face aux invasions d’espèces nuisibles, dans un contexte où les méthodes traditionnelles sont de plus en plus contestées. Reste à voir si cette approche biotechnologique deviendra une référence pour d’autres territoires confrontés au même problème.

Les chenilles processionnaires du pin sont dangereuses en raison de leurs poils urticants, qui peuvent provoquer des réactions allergiques (démangeaisons, œdèmes) chez l’humain et les animaux. Leurs nids, souvent situés dans les pins, représentent aussi une menace pour les forêts, car elles défolient les arbres.

Oui, l’utilisation de phéromones pour la lutte biologique contre les insectes nuisibles est encadrée par la réglementation française. Ces produits sont soumis à des autorisations de mise sur le marché et doivent respecter des normes strictes pour garantir leur innocuité pour l’environnement et la santé humaine.