Avec près de 50 millions de streams en six mois sur les plateformes numériques et un concert affiché complet à l’Olympia pour le 14 juillet 2026, le trio Guilty Razors s’impose comme la révélation inattendue du paysage musical français. Selon Libération, ce groupe franco-punk, formé à Lyon en 2021, incarne une résurgence des sonorités engagées et énergiques des années 1980, revisitées à l’aune du XXIe siècle.
Ce qu'il faut retenir
- Un tube devenu viral : leur single « Guilty Razors » cumule 12 millions d’écoutes sur Spotify et 8 millions sur YouTube, porté par des algorithmes qui l’ont propulsé dans les tops des playlists « Punk Revival » et « Nouveaux Talents ».
- Un succès critique : salué par Les Inrocks comme « l’un des albums punk les plus aboutis depuis les années 2000 », leur premier opus éponyme a reçu 4 étoiles sur 5 dans la presse spécialisée.
- Un public jeune et engagé : près de 60 % des auditeurs du groupe ont moins de 25 ans, un phénomène rare pour un genre musical souvent associé aux générations précédentes.
- Une tournée sold-out : après avoir écumé les salles parisiennes (La Cigale, Le Trianon), ils joueront à guichets fermés à l’Olympia le 14 juillet, un symbole fort pour une scène qui peine à remplir les grandes salles.
- Un positionnement politique assumé : leurs textes, mêlant critique sociale et références anarchistes, leur valent des comparaisons avec des groupes comme Bérurier Noir ou Les Sheriff.
Un phénomène musical né dans l’underground lyonnais
Guilty Razors est né en 2021 dans les marges du quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, où ses trois membres — Thomas « Tox » Moreau (chant/guitare), Léa « Razor » Dupont (basse) et Jules « Guilty » Lambert (batterie) — répétaient dans un local associatif squatté. Selon Libération, leur premier EP autoproduit, « Rasoir électrique », sorti en 2022, avait alors cumulé à peine 5 000 streams en un an. C’est en 2025, avec la sortie de leur album éponyme et un clip tourné dans les friches industrielles de Saint-Étienne, que leur carrière a pris un tournant.
Leur style, un mélange de punk énergique et de textes percutants en français, a rapidement séduit une audience en quête d’authenticité. « On a grandi en écoutant du punk français des années 1980, mais on voulait quelque chose de plus brut, de plus actuel », explique Thomas Moreau dans une interview accordée au Mediapart. Leur tube « Guilty Razors » — un morceau de 2 minutes 45 où s’entremêlent guitares saturées et cris scandés — est devenu l’hymne d’une génération désenchantée.
Un succès qui interroge la scène musicale française
Leur percée a surpris les observateurs du milieu musical. En effet, le punk français peine à émerger depuis des années, malgré des tentatives comme celles de La Rue Kétanou ou Oai Star. Pourtant, Guilty Razors a su capitaliser sur les réseaux sociaux, où leurs vidéos de concerts ou leurs réactions à l’actualité politique deviennent virales. Leur compte TikTok, créé en 2023, compte aujourd’hui plus de 1,2 million d’abonnés, un chiffre exceptionnel pour un groupe de ce style.
Cette réussite pose la question de la place des genres musicaux marginaux dans l’industrie du disque. « Le punk n’a jamais disparu, il s’est juste recyclé », analyse un critique musical du Monde. « Guilty Razors a su le moderniser, en y ajoutant des références à la précarité étudiante ou aux luttes écologistes. » Autant dire que leur succès pourrait ouvrir la voie à d’autres formations similaires.
« On ne joue pas du punk pour faire joli. On joue pour crier ce qu’on ne peut plus entendre sans réagir. »
— Léa Dupont, bassiste du groupe, dans Libération
Un concert à l’Olympia : symbole ou aboutissement ?
Leur passage à l’Olympia le 14 juillet prochain, date symbolique s’il en est, marque un tournant dans leur carrière. Alors que les grandes salles parisiennes boudent souvent les groupes émergents, Guilty Razors a su convaincre les organisateurs par son énergie scénique et son public fidèle. Leur setlist, composée à 80 % de titres de leur premier album, inclura forcément « Guilty Razors », mais aussi des reprises de Bérurier Noir et Trust.
Pour autant, le groupe reste lucide sur les limites de ce succès. « L’Olympia, c’est un honneur, mais on sait que derrière, il y a tout un système qui nous attend. On ne veut pas devenir des produits marketing », précise Jules Lambert. Leur label, IndieCorp, une structure indépendante basée à Grenoble, a d’ailleurs refusé une offre de rachat de la part d’un major, préférant garder le contrôle sur leur musique.
Leur parcours rappelle celui d’autres groupes français qui ont su percer sans sacrifier leur intégrité. À l’heure où les algorithmes dictent souvent les tendances, leur succès semble prouver qu’il existe encore une place pour la musique engagée et désordonnée. Reste à voir si cette vague punk nouvelle génération saura durer — ou si elle restera un phénomène éphémère.
Les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans la diffusion de leur musique. Leur compte TikTok, notamment, a permis de toucher un public jeune et engagé, avec des vidéos de leurs concerts ou leurs réactions à l’actualité politique qui deviennent virales. Leur single « Guilty Razors » a été propulsé dans les tops des playlists grâce à ces plateformes.