Malgré les investigations menées depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires argentines n'ont toujours pas pu déterminer l'origine exacte de la contamination par le hantavirus à bord du navire MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa. Selon BMF - International, le ministère de la Santé argentin a confirmé, jeudi 8 mai 2026, qu'« à ce jour, et au regard des informations fournies jusqu'à présent par les pays concernés et les organismes nationaux impliqués, il n'est pas possible de confirmer l'origine de la contagion ».

Ce qu'il faut retenir

  • Les autorités argentines reconnaissent ne pas pouvoir confirmer l'origine de la contamination par le hantavirus sur le MV Hondius, malgré les données recueillies sur le parcours du cas index.
  • Le couple néerlandais décédé, considéré comme le cas zéro, avait voyagé entre l'Argentine, le Chili et l'Uruguay avant d'embarquer à Ushuaïa.
  • La souche Andes du virus, détectée chez les passagers, est principalement transmise par des rongeurs, mais sa présence en Terre de Feu reste incertaine.
  • Des équipes de l'Institut Malbrán se rendront en Terre de Feu et dans d'autres zones pour capturer et analyser des rongeurs, afin d'identifier une éventuelle source du virus.

Cette annonce intervient après plusieurs jours d'enquête visant à retracer l'itinéraire du cas zéro, un couple néerlandais décédé à bord du MV Hondius. Les deux passagers, qui avaient entamé un voyage d'observation d'oiseaux le 27 mars, avaient sillonné l'Argentine, le Chili et l'Uruguay avant de rejoindre le navire en Terre de Feu. « Les antécédents ont été examinés, ainsi que les données recueillies sur le parcours du cas index depuis son entrée dans le pays en novembre 2025 », précise le communiqué du ministère de la Santé argentin.

Les provinces argentines ont collaboré à l'enquête en identifiant les trajets des voyageurs sur leur territoire. Pourtant, malgré ces efforts, « il n'est pas confirmé que la contagion ait eu lieu en Argentine », a indiqué le ministère la veille, jeudi 7 mai. La province de la Terre de Feu, d'où est parti le navire, n'a signalé « aucun cas d'hantavirus » depuis la mise en place de la notification obligatoire en 1996. Une donnée qui soulève des questions sur l'origine réelle de l'épidémie à bord.

Pour tenter d'éclaircir ce mystère, des experts de l'Institut Malbrán, référence nationale en infectiologie, seront déployés lors du prochain envoi vers Ushuaïa. Leur mission : capturer et analyser des rongeurs dans les zones liées au parcours du couple néerlandais. Juan Petrina, directeur du centre d'épidémiologie de la province de Terre de Feu, a précisé à l'AFP que ces recherches visent à détecter la présence éventuelle d'un rongeur porteur du virus. « Le "rat à longue queue", principal transmetteur de la souche Andes, n'est pas présent en Terre de Feu », a-t-il rappelé. Cependant, une sous-espèce du même animal, présente au Chili et en Argentine, pourrait être un vecteur potentiel, bien que son rôle dans la transmission reste débattu scientifiquement.

Le chef de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que le couple néerlandais avait notamment visité des sites où l'espèce de rat porteuse du virus Andes est connue pour être présente. Cette information ajoute une piste supplémentaire à l'enquête, sans pour autant permettre de conclure sur l'origine géographique de la contamination. Le hantavirus, endémique dans plusieurs régions d'Argentine, compte en moyenne une centaine de cas par an, principalement dans le nord-ouest du pays. En revanche, la souche Andes, responsable de l'épidémie à bord du MV Hondius, est plus fréquemment détectée dans les provinces patagoniennes du sud, comme Chubut, Rio Negro et Neuquén.

Une enquête complexe en raison de la mobilité des voyageurs

La difficulté de l'enquête réside dans la mobilité du couple néerlandais, dont les déplacements ont couvert plusieurs pays et régions. Leur parcours, qui incluait des zones où le hantavirus est endémique, complique la tâche des autorités sanitaires pour isoler un point de départ précis. Le ministère de la Santé argentin a indiqué que les données recueillies lors de la réunion interprovinciale du 8 mai n'ont pas permis de lever cette incertitude. « On a passé en revue les antécédents et les informations disponibles, mais rien ne permet à ce stade de confirmer où la contamination a eu lieu », a expliqué un responsable sous couvert d'anonymat.

Cette situation rappelle les défis rencontrés lors de précédentes épidémies de hantavirus, où la transmission interhumaine est rare, mais où l'identification du réservoir animal s'avère cruciale. En Argentine, le virus est généralement contracté par inhalation de particules infectieuses présentes dans les déjections de rongeurs. La souche Andes, en revanche, peut se transmettre d'humain à humain, ce qui rend le suivi des cas d'autant plus important. À ce jour, huit cas ont été recensés en lien avec le foyer du MV Hondius, incluant les deux Néerlandais décédés, cinq Français et un autre passager.

Une course contre la montre pour identifier la source du virus

Les prochaines étapes de l'enquête s'annoncent cruciales. Les équipes de l'Institut Malbrán devront examiner les rongeurs capturés dans les zones fréquentées par le couple néerlandais, notamment dans les provinces de Chubut, Rio Negro et Neuquén, où la souche Andes est endémique. Ces analyses pourraient mettre en évidence la présence du virus chez un réservoir animal, offrant ainsi une piste sérieuse pour déterminer l'origine de la contamination.

Parallèlement, les autorités sanitaires des pays concernés – Argentine, Chili et Uruguay – continuent de collaborer pour partager les données épidémiologiques. Cependant, aucune preuve tangible ne permet encore d'affirmer que le virus a été contracté dans l'un de ces pays. « Le débat scientifique sur la capacité de transmission de la sous-espèce de rongeur présente en Patagonie reste ouvert », a souligné Juan Petrina. Cette incertitude ajoute une couche de complexité à une enquête déjà difficile.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour l'enquête. Les résultats des analyses des rongeurs capturés en Terre de Feu et dans d'autres provinces devraient être connus d'ici la fin du mois de mai. Si la présence du virus est confirmée chez un réservoir animal, cela pourrait permettre de retracer plus précisément le parcours du cas zéro. En revanche, si les investigations ne donnent rien, l'origine de la contamination pourrait rester indéterminée, laissant planer un doute sur la source exacte du foyer. Les autorités sanitaires appellent à la prudence, rappelant que le hantavirus, bien que rare, nécessite une surveillance constante.

Cette épidémie à bord du MV Hondius rappelle également les défis posés par les voyages internationaux en période de crise sanitaire. Alors que le monde sort progressivement de la pandémie de Covid-19, cette nouvelle alerte sanitaire met en lumière la nécessité d'une coordination internationale renforcée pour faire face aux maladies émergentes. Les prochains mois diront si l'Argentine parviendra à élucider cette énigme épidémiologique.

L'enquête est rendue complexe par le parcours international du couple néerlandais, qui a voyagé entre l'Argentine, le Chili et l'Uruguay avant d'embarquer à Ushuaïa. De plus, la souche Andes du virus peut être transmise par une sous-espèce de rongeur présente dans plusieurs régions, ce qui complique l'identification d'un réservoir animal précis. Enfin, l'absence de cas signalés en Terre de Feu depuis 1996 ajoute une couche d'incertitude supplémentaire.

Des experts de l'Institut Malbrán se rendront en Terre de Feu et dans les provinces de Chubut, Rio Negro et Neuquén pour capturer et analyser des rongeurs. Les résultats de ces analyses, attendus d'ici la fin mai, pourraient révéler la présence du virus chez un réservoir animal et aider à retracer l'origine de la contamination.