Les autorités sanitaires de la province de Terre de Feu, dont fait partie Ushuaïa en Argentine, ont catégoriquement rejeté toute implication dans l’épidémie d’hantavirus apparue à bord du navire de croisière MV Hondius, comme le rapporte BMF - International. Selon eux, aucun cas de cette maladie n’a jamais été recensé dans la région, et les conditions climatiques locales rendent improbable la transmission du virus.
Le directeur général de l’épidémiologie et de la santé environnementale de la province, Juan Facundo Petrina, a qualifié de « rumeur » l’hypothèse selon laquelle le couple d’ornithologues néerlandais, considérés comme les patients zéro, aurait été contaminé dans une déchetterie proche d’Ushuaïa. « Nous n’avons pas la sous-espèce de souris à longue queue qui transmet la maladie, et nous ne partageons pas les mêmes conditions climatiques que le nord de la Patagonie », a-t-il affirmé.
Ce qu'il faut retenir
- Les autorités sanitaires d’Ushuaïa et de la province de Terre de Feu démentent toute responsabilité dans l’épidémie d’hantavirus apparue à bord du MV Hondius.
- Aucun cas d’hantavirus n’a jamais été recensé dans cette province, selon les autorités locales.
- Le couple d’ornithologues néerlandais, considérés comme les patients zéro, aurait été contaminé avant leur arrivée à Ushuaïa, probablement dans une région montagneuse de Patagonie.
- Les conditions climatiques locales ne permettraient pas le développement du virus, d’après les experts.
- Le gouvernement argentin a envoyé une équipe d’experts pour procéder à des analyses sur place.
Un foyer d’hantavirus sans origine clairement identifiée
L’épidémie d’hantavirus apparue à bord du MV Hondius, un navire de croisière ayant quitté Ushuaïa le 1er avril 2026, reste à ce jour sans origine clairement établie. Selon plusieurs médias internationaux, dont le New York Post, le couple d’ornithologues néerlandais, décédé des suites de la maladie, aurait visité une déchetterie proche d’Ushuaïa quelques semaines avant leur embarquement. Ce lieu, évité par les locaux mais prisé des ornithologues pour l’observation du Caraca à gorge blanche, serait propice à la prolifération de rongeurs vecteurs du virus.
Cependant, les autorités sanitaires locales balayent cette hypothèse. « Nous n’avons pas la sous-espèce de souris à longue queue responsable de la transmission de l’hantavirus, et les conditions climatiques de Terre de Feu ne correspondent pas à celles requises pour le développement de cette maladie », a expliqué Juan Facundo Petrina. Il a également souligné que l’île d’Ushuaïa rendrait improbable l’arrivée de rongeurs infectés depuis le continent, en raison du détroit de Magellan qui les bloquerait.
Un voyage de cinq mois avant l’embarquement
Les deux ornithologues, âgés de 70 ans, avaient atterri en Argentine le 27 novembre 2025 pour entamer un voyage de cinq mois en Amérique du Sud. Leur parcours les avait menés au Chili et en Uruguay avant leur retour en Argentine. Selon les autorités sanitaires, ils auraient été infectés entre le 16 février et le 13 mars 2026, soit bien avant leur arrivée à Ushuaïa le 27 mars et leur embarquement le 1er avril. « Ils ont probablement été contaminés dans une région montagneuse de Patagonie », a indiqué Juan Facundo Petrina.
Cette hypothèse est partagée par plusieurs experts, mais le gouvernement argentin a tout de même annoncé l’envoi d’une équipe d’experts à Ushuaïa pour procéder à des analyses, comme le rapporte la BBC. Le ministère de la Santé argentin a précisé qu’il ne pouvait « pas exclure en principe » que les infections aient eu lieu en Terre de Feu, tout en rappelant qu’aucun cas n’a jamais été signalé dans cette province depuis que l’hantavirus est devenu une maladie à déclaration obligatoire.
Une enquête en cours et des questions persistantes
Si les autorités locales et nationales semblent s’accorder sur l’improbabilité d’une contamination à Ushuaïa, la question de l’origine exacte du foyer d’hantavirus reste ouverte. Les experts soulignent que la période d’incubation de la maladie, estimée entre une et huit semaines par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), rend difficile la localisation précise du moment et du lieu de la contamination. Les autorités chiliennes et uruguayennes, où le couple s’est rendu avant de revenir en Argentine, ont également rejeté toute responsabilité dans cette affaire.
Pour Juan Facundo Petrina, la contamination dans une région montagneuse de Patagonie reste l’hypothèse la plus plausible. « Les rongeurs ne respectent pas les frontières géographiques, mais la traversée du détroit de Magellan constituerait un obstacle majeur pour eux », a-t-il rappelé. Malgré ces éléments, le ministère de la Santé argentin a confirmé l’envoi d’une mission d’experts pour des analyses complémentaires sur place.
Cette affaire soulève néanmoins des questions sur les conditions de transmission de l’hantavirus et les mesures de prévention à renforcer, notamment dans les zones touristiques où des interactions entre humains et rongeurs pourraient survenir. Les prochains rapports des experts devraient apporter des éclairages supplémentaires, mais pour l’heure, l’origine exacte du foyer reste un mystère.
L’hantavirus est une maladie rare mais potentiellement mortelle transmise principalement par les rongeurs, notamment via leurs excréments ou leur salive. La contamination peut se produire par inhalation de particules infectieuses en suspension dans l’air, ou par contact direct avec des surfaces contaminées. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et difficultés respiratoires, et peuvent évoluer vers une forme sévère appelée syndrome cardiopulmonaire à hantavirus.
La déchetterie en question est fréquentée par des ornithologues du monde entier pour l’observation du Caraca à gorge blanche, un oiseau rare présent uniquement au Chili et en Argentine. Les rongeurs, vecteurs potentiels de l’hantavirus, y trouvent également des sources de nourriture. Cependant, les autorités locales affirment que les conditions climatiques et l’absence de la sous-espèce de souris responsable de la transmission rendent cette hypothèse peu probable.