Selon Franceinfo – Faits divers, les résultats des tests des 22 cas contacts hospitalisés pour suspicion d'hantavirus devraient être connus ce mercredi 13 mai en soirée. Quatre enfants parmi ces cas ont déjà été testés négatifs, mais plusieurs questions persistent sur la contagiosité, la vulnérabilité des plus jeunes et l'évolution du virus.
Ce qu'il faut retenir
- Les 22 cas contacts hospitalisés en France attendent leurs résultats d'analyses pour mercredi 13 mai au soir.
- Quatre enfants parmi ces cas ont déjà été testés négatifs à l'hantavirus.
- La contagiosité sans symptômes est considérée comme très faible, selon les infectiologues.
- Le virus n'a pas muté pour l'instant, selon les premiers séquençages réalisés, notamment à l'Institut Pasteur de Dakar.
- Les enfants ne semblent pas plus vulnérables que les adultes face à cette infection, bien que leur résistance soit parfois soulignée.
- Une patiente positive est toujours en réanimation dans un état critique à Marseille.
Une jeune femme hospitalisée à Marseille après un contact avec une personne infectée
Une jeune femme positive à l'hantavirus a été transférée en urgence à l'hôpital de Marseille (Bouches-du-Rhône). Selon les informations recueillies par Franceinfo – Faits divers, elle résidait dans un immeuble de Juan-Les-Pins, dans les Alpes-Maritimes, et avait été en contact avec une personne déjà infectée par le virus. Cette situation a suscité l'inquiétude parmi les habitants de l'immeuble, où vivent de nombreuses familles. « Ça me fait peur parce que c'est un immeuble où beaucoup de gens habitent, et personne ne sait. Donc, le mieux, c'est que nous sachions. Parce que nous aussi, on a des familles, on va aller au travail », a témoigné un voisin auprès des médias.
Une riveraine a également confié son inquiétude : « J'espère qu'il n'y aura pas de cas dans notre ville. C'est un peu inquiétant. » Pour l'heure, la jeune femme hospitalisée ne présente aucun symptôme, tout comme les 25 autres cas contacts placés sous surveillance médicale.
La contagion sans symptômes : un risque limité selon les experts
La question de la contagiosité en l'absence de symptômes agite les débats parmi les spécialistes. D'après le Pr. Jean-Daniel Lelièvre, chef du service infectiologie et immunologie à l’hôpital AP-HP Henri-Mondor, les risques de transmission restent minimes avant l'apparition des premiers signes cliniques. « En gros, 48 heures avant d'être malade, on a quelques petits symptômes, mais en général, on n'a pas beaucoup de virus. Et donc, comme on n'a pas beaucoup de virus, on ne va pas les transmettre », a-t-il expliqué. Selon lui, la période la plus contagieuse coïncide avec l'apparition des symptômes.
Dans la soirée du 13 mai, le Premier ministre a annoncé que huit personnes parmi les cas contacts les plus à risque avaient été testées négatives. Ces résultats, bien que partiels, pourraient apporter un premier soulagement à l'ensemble des familles concernées.
Pas de mutation détectée pour l'instant, mais une vigilance maintenue
Les craintes d'une mutation du virus ont été partiellement écartées par les scientifiques. Des échantillons prélevés sur au moins trois personnes infectées ont été analysés dans plusieurs laboratoires, dont l'Institut Pasteur de Dakar (Sénégal). Les premiers résultats indiquent qu'aucune mutation significative n'a été observée. « Il est important de mieux comprendre quels sont les changements qui ont été opérés, qui sont apparus au niveau de la souche, pour mieux appréhender les potentiels changements dans sa virulence », a souligné le Dr. Moussa Moïse Diagne, virologue et responsable du laboratoire de génomique à l’Institut Pasteur de Dakar.
Les chercheurs précisent que les séquençages supplémentaires en cours permettront de confirmer l'absence de variant. Pour l'instant, la souche semble stable, mais la prudence reste de mise tant que tous les résultats ne sont pas connus.
Enfants et adultes : une vulnérabilité similaire face à l'hantavirus
Parmi les cas contacts, quatre enfants ont été hospitalisés. Les interrogations sur leur vulnérabilité plus grande que celle des adultes persistent. Pourtant, selon le Pr. Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital AP-HP Bichat-Claude-Bernard, il n'existe pas de différence significative dans la gravité de la maladie. « Est-ce que c'est plus grave ? C'est la même clinique. Les collègues argentins et chiliens expliquent que c'est la même maladie, c'est la même physiopathologie et malheureusement, c'est la même mortalité, mais il y a très peu de cas », a-t-il détaillé.
Les données disponibles suggèrent donc que les enfants ne sont pas plus exposés aux complications que les adultes, même si leur système immunitaire peut parfois être plus résistant. La situation actuelle ne révèle aucune particularité liée à l'âge des patients.
Une patiente toujours en réanimation à Marseille
Parmi les cas confirmés, une femme hospitalisée à Marseille reste en réanimation dans un état critique. Son état de santé continue de mobiliser les équipes médicales, alors que les tests des autres cas contacts devraient apporter des réponses sur l'étendue de l'épidémie d'ici la fin de journée. Pour l'instant, aucun décès n'a été signalé en France lié à cette souche d'hantavirus.
L'hantavirus, bien que rare en Europe, reste une pathologie à prendre au sérieux en raison de sa gravité potentielle. Les études en cours sur sa transmission et ses variants permettront d'affiner les protocoles de prise en charge et de prévention dans les semaines à venir.
D'après les infectiologues, le risque de contagion sans symptômes est considéré comme très faible. Le Pr. Jean-Daniel Lelièvre précise que « 48 heures avant d'être malade, on a quelques petits symptômes, mais en général, on n'a pas beaucoup de virus. Et donc, comme on n'a pas beaucoup de virus, on ne va pas les transmettre ». La période la plus contagieuse correspond à l'apparition des signes cliniques.