La vie de Karine Brunet-Jambu a basculé à la lecture d'un courriel, selon BFM - Faits Divers. Une lettre d'à peine deux pages dans laquelle la jeune femme a appris la remise en liberté, le mardi 12 mai, de Roland Blaudy, l'homme qui l'a violée à plusieurs reprises entre ses cinq et ses sept ans, condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Mais également son installation à Rennes, la ville dans laquelle la jeune femme est elle-même établie avec sa famille.
C'était le 29 avril dernier. Karine Brunet-Jambu quitte son travail et file vers le centre de loisirs pour y récupérer sa fille. « Je me suis garée et je ne sais pas pourquoi j'ai regardé ma boîte mail. J'ai vu un nom qui me semblait bizarre. J'ai ouvert le mail et j'ai vu qu'il y avait un courrier que j'ai lu », explique-t-elle à BFM.
Ce qu'il faut retenir
- Roland Blaudy, condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol et l'agression sexuelle de Karine Brunet-Jambu, sort de prison le 12 mai 2026.
- Il s'installe à Rennes, la même ville que sa victime, malgré les inquiétudes de celle-ci.
- La justice a ordonné des mesures d'accompagnement pour permettre le contrôle, le suivi et la prévention de la récidive.
Les faits
Dans ce courrier, intitulé « Avis à victime », la juge du tribunal judiciaire de Caen informe Karine Brunet-Jambu de la sortie de prison de Roland Blaudy, un homme condamné en juillet 2018 à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol et l'agression sexuelle de la jeune femme mineure aux moments des faits. « Je suis restée sans mot », explique la jeune femme. « J'étais seule dans ma voiture et j'ai appris qu'il sortait de prison et qu'il venait vivre à Rennes… ».
Soit la ville où elle est elle-même installée avec toute sa petite famille. « J'ai l'impression que la juge se moque de moi dans cette lettre. » Dans son courriel, la juge précise que « monsieur Blaudy (...) sera soumis à diverses obligations et devra notamment s'abstenir d'entrer en relation avec vous de quelque manière que ce soit, et ce durant une durée de 15 ans ».
Les réactions
Laurence Jambu, la tante de Karine, devenue sa mère adoptive, s'inquiète pour Karine mais aussi pour les jeunes enfants. Elle affirme que le nouveau lieu de résidence de l'homme « est situé à 800 mètres du lieu de travail de Karine… C'est elle qui à nouveau va subir, c'est comme une punition ».
Le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, s'en réfère au communiqué diffusé par le procureur de la République de Caen. « L'instruction judiciaire fait ce qu'elle peut pour essayer de cadrer le plus possible la sortie de cet homme », affirme-t-il. « Mais il y a effectivement un sujet : comment est-ce qu'on assure une meilleure information, une meilleure protection des victimes ».
La vie de Karine Brunet-Jambu et de sa famille sera-t-elle à nouveau bouleversée par la présence de Roland Blaudy à Rennes ? Seule l'avenir le dira. Pour l'instant, la jeune femme et sa famille doivent faire face à cette nouvelle situation et essayer de se reconstruire.