La réouverture, même rapide, du détroit d’Ormuz ne permettra pas une baisse immédiate de l’inflation mondiale, selon Le Monde. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement continueront de peser sur l’économie, avec des répercussions particulièrement sensibles en Europe, où la croissance devrait ralentir de manière marquée l’an prochain.
Ce qu'il faut retenir
- En 2026, la croissance en Europe devrait reculer de 0,4 point, passant à 0,8 %, en raison des tensions persistantes sur les approvisionnements.
- Le retour à la normale après la fermeture du détroit d’Ormuz sera progressif, avec des effets limités sur l’inflation à court terme.
- Les chaînes logistiques mondiales resteront sous pression, malgré une éventuelle réouverture rapide du passage maritime.
Un choc d’offre qui dépasse les frontières
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, reste un point de tension majeur pour les économies dépendantes des énergies fossiles. Sa fermeture prolongée en 2025 a provoqué des perturbations majeures dans les chaînes d’approvisionnement, entraînant une hausse des coûts logistiques et une inflation durable. D’après Le Monde, même une réouverture rapide ne permettrait pas un retour à l’équilibre avant plusieurs mois, voire années.
Les secteurs les plus exposés, comme la pétrochimie, l’agroalimentaire ou l’industrie automobile, subissent déjà des retards de livraison et des surcoûts. « Les entreprises ont répercuté ces hausses sur les prix finaux, et les effets se font sentir bien au-delà des marchés pétroliers », a indiqué un économiste cité par le quotidien. Les stocks, déjà fragilisés, ne pourront être reconstitués que progressivement, limitant la baisse des prix à moyen terme.
L’Europe en première ligne face à la dégradation économique
L’impact sera particulièrement sévère en Europe, où la croissance devrait chuter à 0,8 % en 2026, contre une estimation initiale de 1,2 %. Ce recul de 0,4 point s’explique en grande partie par la dépendance aux importations de matières premières et d’énergie, dont les coûts restent élevés. « La réouverture du détroit d’Ormuz n’effacera pas les goulots d’étranglement en mer Rouge ou dans les ports européens », a précisé un responsable de la Commission européenne.
Les entreprises européennes, déjà fragilisées par la hausse des taux d’intérêt et la baisse de la demande, pourraient voir leurs marges se réduire encore. Les secteurs de la grande distribution et de la construction, très dépendants des importations, seront les premiers touchés. Selon les prévisions de la Banque centrale européenne, l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) devrait rester supérieure à 3 % jusqu’à la mi-2026, contre un objectif de 2 %.
Des solutions limitées à court terme
Face à cette situation, les gouvernements et les entreprises cherchent des alternatives pour atténuer les effets de la crise. Certains pays envisagent de diversifier leurs approvisionnements via d’autres routes maritimes, comme le cap de Bonne-Espérance, mais ces options restent coûteuses et moins efficaces. D’autres misent sur le stockage stratégique de carburants, mais les capacités restent limitées.
Les analystes soulignent que la seule solution durable passe par une stabilisation géopolitique dans la région du Golfe. « Sans un apaisement des tensions entre l’Iran et ses voisins, les risques de nouvelles perturbations persistent », a rappelé un expert en énergie. Dans l’immédiat, les consommateurs et les industriels devront composer avec des prix élevés, au moins jusqu’à la fin de l’année 2026.
Une chose est sûre : la crise actuelle dépasse le cadre d’un simple choc ponctuel. Elle révèle les failles d’un système mondialisé où la moindre perturbation dans une région clé peut avoir des répercussions en cascade. Pour les entreprises et les ménages, l’année 2026 s’annonce donc sous le signe de la prudence, avec peu de marges de manœuvre.
Parce que les perturbations touchent l’ensemble des chaînes logistiques, pas seulement le transport pétrolier. Les retards accumulés dans les ports, les stocks épuisés et les contrats à long terme signés à des prix élevés maintiennent la pression sur les coûts. De plus, les marchés anticipent une reprise progressive, ce qui limite les effets immédiats d’un retour à la normale.