Chaque kilomètre parcouru à vélo ou à pied représente un gain pour la santé individuelle et un allègement des dépenses de santé collectives. Pourtant, comme le souligne un récent rapport de la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette (FUB), les politiques publiques peinent à suivre le rythme de ces opportunités. L’organisation a mobilisé un panel d’experts pour étayer ses propositions, mettant en avant des bénéfices économiques autant que sanitaires.

Ce qu'il faut retenir

  • La FUB s’appuie sur un panel d’experts pour démontrer les avantages sanitaires et économiques du vélo et de la marche.
  • Les déplacements actifs réduisent les dépenses de santé, selon l’association.
  • Les politiques publiques sont qualifiées de « à la traîne » par la FUB.
  • L’association insiste sur le fait que « tout le monde aurait à y gagner ».

Le vélo et la marche, des atouts méconnus pour les comptes publics

Selon la FUB, les bénéfices du vélo et de la marche ne se limitent pas à la réduction des émissions de CO₂. L’organisation met en avant leur impact positif sur la santé publique, notamment la baisse des maladies cardiovasculaires, du diabète ou encore des troubles musculo-squelettiques. Ces améliorations se traduisent par une diminution des dépenses pour l’Assurance maladie. Autant dire que les gains seraient doublement intéressants : à la fois pour les individus et pour les finances de la Sécurité sociale.

Pour étayer ses affirmations, la FUB s’est entourée de spécialistes issus de divers domaines, allant de la médecine à l’économie de la santé. Leur analyse confirme que les déplacements actifs, lorsqu’ils sont encouragés et sécurisés, permettent de réduire significativement les coûts liés aux soins de longue durée.

Des politiques publiques en retard sur les enjeux sanitaires et écologiques

Malgré ces constats, les politiques publiques peinent à intégrer pleinement le vélo et la marche dans leurs stratégies. La FUB dénonce un manque d’ambition dans les plans nationaux et locaux dédiés aux mobilités douces. « Les collectivités locales et l’État sous-estiment encore l’impact de ces modes de déplacement sur la santé et les finances publiques », a déclaré Olivier Schneider, porte-parole de la FUB. Pour lui, les retards accumulés coûtent cher à la société dans son ensemble.

Le rapport souligne par exemple que les investissements dans les infrastructures cyclables restent insuffisants face à l’urgence sanitaire et climatique. Pourtant, des études montrent que chaque euro investi dans le vélo génère jusqu’à six euros de bénéfices pour la collectivité, une fois pris en compte les économies réalisées sur les soins et les gains de productivité.

Un appel à repenser les priorités budgétaires

Face à ce constat, la FUB enjoint les pouvoirs publics à revoir leurs priorités. L’association plaide pour une augmentation des budgets alloués aux pistes cyclables, à la sécurisation des itinéraires piétons et à des campagnes de promotion des mobilités actives. « Il ne s’agit pas seulement d’un enjeu environnemental, mais bien d’une question de santé publique et de responsabilité financière », insiste Olivier Schneider.

Le rapport propose également des mesures concrètes, comme l’intégration systématique d’un volet « mobilités actives » dans les plans locaux de santé ou encore la création de fonds dédiés au développement du vélo dans les zones rurales et périurbaines. Pour la FUB, ces initiatives pourraient être financées en partie par des redéploiements de budgets actuellement consacrés aux infrastructures routières.

Et maintenant ?

Le rapport de la FUB devrait être présenté aux parlementaires dans les prochaines semaines, alors que le gouvernement finalise sa stratégie nationale pour les mobilités durables. Une adoption plus large des propositions de l’association pourrait être discutée lors des débats budgétaires de l’automne 2026, avec un vote attendu avant la fin de l’année. Reste à voir si les pouvoirs publics donneront suite à ces recommandations, alors que les arbitrages financiers s’annoncent serrés.

Dans ce contexte, la FUB compte renforcer ses actions de plaidoyer auprès des collectivités locales, tout en appelant les citoyens à exiger davantage d’investissements dans les mobilités actives. Pour l’association, le message est clair : agir pour le vélo et la marche, c’est agir pour la santé de tous.

Selon les experts cités par la FUB, chaque euro investi dans le vélo peut générer jusqu’à six euros de bénéfices pour la collectivité, incluant les économies réalisées sur les dépenses de santé et les gains de productivité.

Parmi les propositions, la FUB suggère d’intégrer un volet « mobilités actives » dans les plans locaux de santé, de créer des fonds dédiés au vélo en zones rurales, et de redéployer des budgets routiers vers les infrastructures cyclables.