Journaliste et fixeur palestinien, Ismaïl Rabah a quitté Gaza avec sa famille en mars 2024 pour s’installer en France, où il a obtenu un titre de séjour début juin 2026. Aujourd’hui salarié d’Arte, il incarne le parcours de milliers de Palestiniens contraints à l’exil pour échapper aux violences. Selon Libération, son arrivée en France marque une étape clé dans la reconstruction d’une vie professionnelle et familiale, après des années passées à couvrir la guerre dans l’enclave.

Ce qu'il faut retenir

  • Ismaïl Rabah, quadragénaire, a quitté Gaza en mars 2024 avec sa femme et leurs trois enfants
  • Il a obtenu un titre de séjour en France début juin 2026, après avoir travaillé pour Arte
  • Ancien journaliste et fixeur, il couvrait régulièrement les conflits à Gaza avant son départ
  • Son installation en France s’inscrit dans le contexte de l’exil massif des Palestiniens depuis 2023

Un parcours marqué par l’exil et la reconstruction

Ismaïl Rabah, 40 ans, a fui Gaza en mars 2024 avec sa famille, emportant avec lui les traces d’une vie bouleversée par des années de conflit. Fixeur et journaliste palestinien, il a longtemps couvert l’actualité de l’enclave pour des médias internationaux, avant que la situation ne devienne intenable. Comme le rapporte Libération, son départ s’inscrit dans une dynamique plus large : celle des professionnels palestiniens contraints de quitter leur terre pour préserver leur sécurité et celle de leurs proches. « Je rêve d’être véritablement vivant », a-t-il confié, soulignant l’ampleur du traumatisme subi. Autant dire que son installation en France représente bien plus qu’un simple déménagement : une renaissance.

Arrivé en France, il a rapidement trouvé un emploi au sein de la chaîne Arte, où il met aujourd’hui ses compétences journalistiques au service d’une nouvelle audience. Son titre de séjour, obtenu début juin 2026, officialise son ancrage dans le pays, même si la France n’est pour lui qu’une étape transitoire. « Ce qui compte, c’est de pouvoir travailler sans avoir peur », a-t-il expliqué. Un luxe, dans un contexte où la liberté de la presse à Gaza reste gravement menacée.

Le rôle des fixeurs et journalistes palestiniens dans les conflits

Ismaïl Rabah illustre le rôle souvent méconnu des fixeurs et journalistes locaux dans les zones de guerre. Ces professionnels, indispensables aux médias étrangers pour accéder aux zones dangereuses, sont exposés en première ligne aux risques : bombardements, arrestations, ou pire. Selon les ONG, plus de 150 journalistes palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre en 2023, selon Reporters sans frontières. Comme le précise Libération, leur travail est vital pour documenter les réalités des conflits, mais leur sécurité n’est que rarement garantie.

Pour Rabah, quitter Gaza a signifié abandonner une partie de son identité professionnelle. Pourtant, il a choisi la survie plutôt que le risque permanent. « Ici, je peux respirer », a-t-il résumé. Son parcours rappelle que l’exil des professionnels des médias n’est pas seulement une question individuelle, mais aussi une perte pour le paysage informationnel mondial. Les rédactions internationales peinent aujourd’hui à remplacer ces experts locaux, dont l’expertise et les réseaux sont irremplaçables.

Et maintenant ?

Ismaïl Rabah espère désormais obtenir la nationalité française, une étape qui lui permettrait de se projeter plus sereinement. Pour Arte, son embauche s’inscrit dans une volonté de diversifier ses sources et de donner une voix aux journalistes exilés. Reste à voir si d’autres professionnels palestiniens pourront, comme lui, reconstruire une vie professionnelle à l’étranger. Le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’environ 5 000 titres de séjour avaient été délivrés à des Palestiniens depuis 2023, mais les critères restent stricts.

Son histoire pose aussi une question plus large : comment la communauté internationale peut-elle mieux protéger les journalistes locaux dans les zones de conflit ? Pour l’heure, Rabah se concentre sur son nouveau départ. « Je veux simplement vivre sans regarder par-dessus mon épaule », a-t-il conclu.

Un fixeur est un professionnel local qui guide les journalistes étrangers dans les zones de conflit, leur permettant d’accéder à des lieux dangereux ou interdits. À Gaza, ce rôle est particulièrement risqué en raison des bombardements constants, des arrestations arbitraires et du manque de protection internationale. Les fixeurs sont souvent les premiers ciblés par les belligérants, qui les considèrent comme des collaborateurs des médias étrangers.