Selon RFI, l’armée israélienne a décidé d’écarter les véhicules électriques d’origine chinoise pour ses besoins opérationnels. Cette mesure, prise « il y a tout juste une semaine », intervient dans un contexte de tensions accrues entre Washington et Pékin autour des technologies sensibles.
Ce qu'il faut retenir
- L’armée israélienne a exclu les voitures électriques chinoises de ses acquisitions pour des raisons de sécurité nationale.
- Cette décision survient après la publication d’une liste noire par le Pentagone interdisant à l’armée américaine de traiter avec certaines entreprises chinoises.
- Pékin a accusé les États-Unis de manœuvres discriminatoires en réponse à cette restriction.
- Israël, allié historique des États-Unis, s’aligne sur cette position dans le cadre de sa coopération militaire avec Washington.
Une décision alignée sur les restrictions américaines
Le ministère israélien de la Défense n’a pas officiellement commenté cette mesure, mais plusieurs sources au sein de l’institution confirment son application. Selon RFI, cette exclusion s’inscrit dans une logique de protection des infrastructures critiques, notamment dans le domaine militaire. Les véhicules électriques chinois, souvent équipés de technologies de pointe, sont désormais perçus comme une menace potentielle par les autorités israéliennes.
Cette position rejoint celle des États-Unis, qui ont publié le 6 juin 2026 une liste noire de 15 entreprises chinoises interdites de contrats avec le département de la Défense américain. Parmi elles figurent des géants comme BYD, NIO et CATL, accusés de liens avec l’armée populaire de libération (APL). « Ces restrictions visent à prévenir tout risque d’espionnage ou de sabotage », a déclaré un responsable américain sous couvert d’anonymat.
Des tensions commerciales et technologiques en toile de fond
La Chine a immédiatement réagi à l’annonce américaine en dénonçant des mesures protectionnistes. « Washington instrumentalise la sécurité nationale pour justifier des barrières commerciales déguisées », a affirmé le ministère chinois du Commerce dans un communiqué. Pékin a menacé de représailles, évoquant des mesures de rétorsion à l’encontre des entreprises américaines opérant en Chine.
Côté israélien, cette exclusion s’ajoute à une série de restrictions déjà en place contre les technologies chinoises. En 2024, Jérusalem avait déjà banni les caméras de surveillance de certaines marques chinoises dans les lieux sensibles. « On ne prend pas ce genre de décision à la légère, mais la sécurité prime sur les considérations économiques », a expliqué un expert en géopolitique interrogé par RFI.
Un enjeu géopolitique plus large
Au-delà des véhicules militaires, cette affaire illustre les fractures croissantes entre les blocs occidental et chinois. Les États-Unis et leurs alliés cherchent à réduire leur dépendance aux semi-conducteurs et technologies chinoises, jugées trop vulnérables. Israël, en tant que hub technologique, se retrouve au cœur de ces tensions. « Ce n’est pas seulement une question de sécurité, mais aussi de souveraineté technologique », souligne un analyste de l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv.
Pour l’instant, le gouvernement israélien n’a pas précisé si cette exclusion concernait uniquement les véhicules ou s’étendrait à d’autres équipements électriques. Une chose est sûre : dans un contexte de rivalité sino-américaine exacerbée, les choix technologiques deviennent des actes géopolitiques à part entière.
Selon le Pentagone, la liste publiée le 6 juin 2026 comprend 15 entreprises, dont BYD, NIO et CATL. Ces sociétés sont accusées d’avoir des liens avec l’armée chinoise, notamment via des transferts de technologies à usage dual (civil et militaire).