« Le virement n’est jamais arrivé. » C’est par ces mots que l’entourage de Pawel Wasek, vice-champion olympique de saut à ski lors des Jeux de Milan-Cortina 2026, résume la situation financière tendue dans laquelle se trouvent plusieurs athlètes polonais, victimes de l’effondrement de leur sponsor, la plateforme de trading de cryptomonnaies zondacrypto. Selon RMC Sport, Kacper Tomasiak, triple médaillé en Italie (deux argent et un bronze), réclame ainsi 130 000 euros de primes promises par zondacrypto, mais jamais versées.

Ce qu'il faut retenir

  • Kacper Tomasiak, médaillé d’argent et de bronze en saut à ski aux JO 2026, doit percevoir 130 000 euros de zondacrypto, mais n’a jamais reçu les fonds.
  • Les promesses de bonus par zondacrypto s’élevaient à 60 000 € pour une médaille d’or, 47 000 € pour l’argent et 35 000 € pour le bronze, selon le contrat signé avec le comité olympique polonais.
  • La plateforme, en crise financière majeure, a vu ses réserves en bitcoin fondre de 99 % en quelques mois, plongeant le sponsor dans un scandale sans précédent en Pologne.
  • 51 fédérations polonaises ont exigé la démission de Radoslaw Piesiewicz, président du comité olympique polonais, pour avoir signé un contrat avec zondacrypto.
  • Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a accusé zondacrypto de liens avec la mafia russe et les services secrets russes.

Alors que les Jeux olympiques d’hiver 2026 à Milan-Cortina se sont déroulés sans encombre, c’est dans l’ombre des primes promises que certains athlètes polonais se retrouvent aujourd’hui dans l’impasse. Le sponsor officiel du comité olympique polonais, zondacrypto, devait compléter les versements du comité national en versant des bonus aux médaillés. Pourtant, alors que le comité olympique a bien honoré ses engagements, les fonds promis par la plateforme de trading de cryptomonnaies tardent à arriver, voire n’arriveront jamais. D’après RMC Sport, plusieurs athlètes, dont Tomasiak, ont été floués par cette situation.

Selon les termes du contrat signé entre zondacrypto et le comité olympique polonais, une médaille d’or devait rapporter un bonus de 60 000 €, contre 47 000 € pour une médaille d’argent et 35 000 € pour le bronze. Or, pour Tomasiak, triple médaillé (deux argent et un bronze), ce sont 130 000 € qui manquent à l’appel. « Le virement n’est jamais arrivé », a confirmé à la presse locale un membre de son entourage, précisant que ses parents ont déjà contacté un cabinet d’avocats et envisagent des poursuites judiciaires.

Un sponsor en faillite et un scandale financier sans précédent

L’affaire dépasse désormais le cadre sportif. zondacrypto, leader des plateformes de trading de cryptomonnaies en Europe centrale, est au cœur d’un scandale financier d’ampleur en Pologne. La presse locale qualifie cette affaire de « pire scandale financier des dernières années », alors que l’entreprise traverse une crise majeure. Ses réserves en bitcoin, autrefois colossales, ont fondu de 99 % en quelques mois, signe d’une chute vertigineuse. Les experts évoquent des pratiques douteuses et une gestion hasardeuse, tandis que les autorités polonaises pointent du doigt des liens troubles avec la mafia russe et les services secrets russes. Une accusation que le premier ministre Donald Tusk n’a pas hésité à formuler publiquement, ajoutant une dimension géopolitique à cette crise.

Face à l’ampleur des dysfonctionnements, 51 fédérations polonaises ont pris position. Elles ont appelé, dans une lettre ouverte, Radoslaw Piesiewicz, président du comité olympique polonais, à démissionner sans délai. Ce dernier est en effet sous le feu des critiques pour avoir signé un contrat avec zondacrypto, une entreprise aujourd’hui au bord de l’effondrement. Selon plusieurs observateurs, le dirigeant aurait manqué de diligence dans l’évaluation des risques liés à ce partenariat.

Des athlètes pris au piège d’un scandale qui les dépasse

Les athlètes polonais, eux, se retrouvent pris au piège d’une situation qui les dépasse largement. Les primes promises par zondacrypto représentaient une part importante de leurs revenus potentiels, surtout pour des sportifs de haut niveau dont les revenus dépendent souvent de contrats ponctuels. Pour Pawel Wasek, vice-champion olympique de saut à ski, la promesse non tenue de 47 000 € est un coup dur. Comme pour Tomasiak, ses proches ont déjà engagé des démarches juridiques pour tenter de récupérer les sommes dues. Mais face à l’effondrement de zondacrypto, les chances de succès restent incertaines.

Les contrats signés entre le comité olympique polonais et zondacrypto prévoyaient des versements directs aux athlètes, distincts de ceux du comité national. Une clause qui devait permettre aux médaillés de bénéficier de revenus complémentaires immédiats. Or, avec l’effondrement de la plateforme, ces fonds n’ont jamais été débloqués. Selon RMC Sport, plusieurs autres athlètes dans différents sports seraient également concernés, mais leurs identités n’ont pas encore été révélées.

Quelles suites pour les athlètes et le comité olympique ?

Alors que les fédérations polonaises réclament des comptes, le comité olympique se retrouve sous pression. Radoslaw Piesiewicz a jusqu’à présent maintenu sa position, tout en reconnaissant des « erreurs de jugement » dans le choix de zondacrypto comme sponsor. Le gouvernement polonais, quant à lui, a lancé une enquête sur les activités de la plateforme, tandis que la justice pourrait être saisie pour déterminer les responsabilités civiles et pénales.

Pour les athlètes, la priorité reste la récupération des primes impayées. Certains ont déjà saisi les tribunaux polonais, tandis que d’autres envisagent de porter l’affaire devant les instances internationales du sport. Le cabinet d’avocats engagé par les parents de Tomasiak a indiqué qu’il explorerait toutes les voies légales, y compris la saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne, bien que cette option soit complexe et coûteuse. « Nous ne laisserons pas tomber », a affirmé un représentant du cabinet, soulignant que la détermination des athlètes reste intacte malgré les difficultés.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives. Une enquête officielle sur les activités de zondacrypto devrait rendre ses conclusions d’ici la mi-juin 2026, selon des sources proches du ministère polonais des Finances. Parallèlement, les fédérations polonaises maintiennent la pression sur le comité olympique pour qu’il assume pleinement ses responsabilités, tandis que les athlètes continuent de rassembler des preuves en vue de futures actions en justice. La situation reste cependant très incertaine, tant sur le plan juridique que financier.

Cette affaire rappelle les risques encourus par les athlètes lorsqu’ils s’engagent avec des sponsors privés, surtout dans des secteurs aussi volatils que les cryptomonnaies. Alors que les Jeux de 2026 sont désormais derrière eux, les médaillés polonais devront se battre pour récupérer ce qui leur est dû, dans un contexte où l’entreprise responsable de ces promesses semble avoir disparu.

zondacrypto traverse une crise financière majeure, avec une chute de 99 % de ses réserves en bitcoin. Plusieurs sources évoquent une gestion hasardeuse et des pratiques douteuses, tandis que les autorités polonaises accusent l’entreprise de liens avec la mafia russe et les services secrets russes. Ces éléments expliquent l’absence de versement des primes promises aux athlètes polonais.

Plusieurs athlètes ont déjà engagé des démarches juridiques, notamment en saisissant des cabinets d’avocats polonais. Une action devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne est également envisagée, bien que cette voie soit complexe et coûteuse. Une enquête officielle sur zondacrypto devrait rendre ses conclusions d’ici la mi-juin 2026.