Avec trois titres olympiques, dix médailles mondiales et une victoire au classement général de la Coupe du monde en 2023, Julia Simon incarne aujourd’hui l’excellence du biathlon français. Invité ce lundi 18 mai 2026 dans l’émission « Le monde d’Élodie » sur Franceinfo – Sport, la triple championne olympique est revenue sur son parcours atypique, ses valeurs et ses ambitions pour l’avenir, à commencer par les Jeux de 2030, qui se dérouleront en France.
Ce qu'il faut retenir
- Julia Simon, triple championne olympique de biathlon, a remporté le classement général de la Coupe du monde en 2023 et compte dix titres mondiaux.
- Née et élevée aux Saisies, en Savoie, elle a découvert le biathlon vers 14 ans, inspirée par des figures locales comme Raphaël Poirée et Delphyne Peretto.
- Son père, pisteur secouriste et agriculteur, lui a transmis rigueur, contact avec la nature et une éthique du travail dès l’enfance.
- Malgré une condamnation pour fraude à la carte bancaire en 2025, elle a su rester focalisée sur ses objectifs sportifs, contribuant aux meilleurs Jeux olympiques de l’histoire du biathlon français.
- Pour la championne, la clé de sa réussite réside dans la respiration, les routines au tir et un mental forgé par l’expérience et l’entraînement.
- Elle envisage désormais les Jeux olympiques de 2030 en France comme un rêve à concrétiser, tout en gardant un pied dans le sport et un autre en dehors.
Un parcours marqué par la montagne et la passion du sport
Julia Simon n’est pas seulement une athlète de haut niveau : elle est le produit d’un terroir, celui des Saisies, en Savoie, où la neige et la terre rythment le quotidien depuis son plus jeune âge. « C’est grandir dans un environnement plutôt agréable avec pas mal de liberté », confie-t-elle à Franceinfo – Sport. Entre les pistes de ski et les étables familiales, son enfance a été rythmée par l’effort et le contact avec la nature, un cadre qu’elle évoque avec nostalgie : « Je pense que j’ai vraiment la liberté d’être dehors, de faire ce que je voulais. De vivre au contact de la nature. »
Son père, à la fois pisteur secouriste et agriculteur, a joué un rôle central dans sa construction. « Ils m’ont apporté une certaine rigueur, je suis une grande travailleuse, avec beaucoup de rigueur, et je le dois à mes parents », explique-t-elle. Cette éducation lui a permis de développer une discipline de fer, essentielle dans un sport aussi exigeant que le biathlon, où la précision et la gestion du stress font la différence. « Quand je rentre après les Jeux olympiques, je suis la fille de et pas la championne, donc ça remet beaucoup les pieds sur terre », souligne-t-elle, rappelant l’importance de rester ancrée dans la réalité malgré les succès.
Du ski alpin au biathlon : une vocation née dans les Alpes
Contrairement à beaucoup d’athlètes, Julia Simon n’a pas découvert le biathlon par hasard. Venue d’une région où le ski est une tradition, elle a d’abord pratiqué le ski alpin avant de se tourner vers le ski de fond, qu’elle décrit comme « très ludique » et parfaitement adapté à son besoin de se dépenser en pleine nature. « J’ai vite accroché avec le ski de fond, ça cochait toutes les cases : me dépenser, être dans la nature, et de fil en aiguille, j’ai découvert le biathlon vers 14 ans », raconte-t-elle.
Son environnement local a également été un terreau fertile pour sa passion. « On avait Raphaël Poirée qui était ambassadeur de la station, on avait Delphyne Peretto dans le Beaufortain, et c’étaient des années où j’ai pu m’identifier et me dire que c’est un sport sympa, avec des résultats possibles », se souvient-elle. Ces figures emblématiques, associées à un écosystème sportif dynamique, ont joué un rôle clé dans sa motivation précoce. Aujourd’hui, à 28 ans, elle cumule les titres et incarne l’excellence française dans une discipline où la France brille depuis des décennies.
L’art de la concentration : entre respiration et routines
Au biathlon, chaque tir compte. Et c’est précisément à ce moment précis que Julia Simon se distingue. Face à la pression, elle mise sur la préparation mentale et des routines bien huilées. « Ma clé, ça passe par la respiration et par un état. J’ai des routines : quand je rentre sur le pas de tir, je regarde les fanions du vent pour prendre les informations. Ça me fait rentrer dans un schéma où je me dis : maintenant, je switch du ski au tir », explique-t-elle. Cette approche méthodique lui permet de garder le contrôle, même dans les moments les plus intenses.
Lors du relais mixte aux Jeux de Milan-Cortina 2026, sa capacité à enchaîner les tirs avec une apparente facilité a marqué les esprits. « Je n’ai pas cette sensation que ça aille vite, justement. J’ai l’impression d’être dans le contrôle tout le temps », affirme-t-elle. Un contrôle qui, selon elle, repose sur des années d’entraînement et une expérience accumulée au fil des compétitions. « Parfois, on n’est plus dans le contrôle, on sent que les choses vont vite, mais on perd ce petit grain de contrôle qui est ultra important », précise-t-elle, soulignant l’équilibre subtil entre instinct et technique.
Résilience et succès : le défi d’une année 2025 difficile
Si 2023 et 2024 ont été des années fastes, Julia Simon a également connu des épreuves en dehors des pistes. En 2025, elle a fait face à une condamnation pour fraude à la carte bancaire, une affaire qui a provoqué des tensions au sein de son équipe et ébranlé sa réputation. Pourtant, loin de se laisser abattre, elle a su transformer cette épreuve en force. « Je n’ai jamais perdu mes objectifs de vue. Le sport, c’est ce qui m’anime », déclare-t-elle. Cette détermination lui a permis de rester concentrée sur l’essentiel : les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026.
« Après, les discussions pèsent aussi et chacun avec ses objectifs, ses envies, on a réussi à faire les plus beaux Jeux olympiques de l’histoire du biathlon français », ajoute-t-elle, saluant le travail collectif qui a permis à l’équipe de France de briller. Cette résilience, forgée dans l’adversité, illustre une maturité rare chez les athlètes de haut niveau, capables de séparer vie privée et carrière sportive sans que l’une n’empiète sur l’autre.
Les rêves de demain : les JO de 2030 et au-delà
À 28 ans, Julia Simon n’envisage pas encore la retraite. Bien au contraire, elle nourrit de nouveaux projets ambitieux. Parmi eux, les Jeux olympiques de 2030, qui se dérouleront en France, à Nice. « Les Jeux olympiques à la maison en 2030, ça peut être quelque chose de vraiment très fort et ça peut faire partie de mes rêves », confie-t-elle. Une perspective qui, si elle se concrétise, ajouterait une dimension supplémentaire à sa carrière déjà exceptionnelle.
Mais Julia Simon ne se limite pas au sport. Elle évoque également des rêves en dehors des pistes, soulignant que « vivre du sport et du biathlon », comme elle le souhaitait enfant, reste une réalité. « En fait, je vis mon rêve de petite fille », confie-t-elle, rappelant que son parcours est le fruit d’une passion intacte, malgré les hauts et les bas. Cette polyvalence, entre performance sportive et projets personnels, illustre une vision équilibrée de la réussite, loin des clichés du sport de haut niveau centré uniquement sur la performance.
Si son parcours inspire déjà une génération d’athlètes, Julia Simon continue d’écrire sa légende, entre rigueur alpine et ambition sportive, prouvant que la réussite se construit autant sur le terrain que dans la gestion de l’adversité.
Julia Simon est triple championne olympique : elle a remporté trois médailles d’or aux Jeux de Milan-Cortina 2026. Elle compte également dix titres mondiaux et a remporté le classement général de la Coupe du monde en 2023. Ces performances en font l’une des biathlètes françaises les plus titrées de l’histoire.