L’artiste camerounaise Kareyce Fotso a présenté son dernier projet musical, l’album « Gwa », fruit d’une démarche citoyenne visant à recueillir des témoignages de femmes victimes de violences dans son pays. Selon RFI, ce disque s’inscrit dans une volonté de préserver à la fois des pratiques culturelles en voie de disparition et de sensibiliser l’opinion publique aux violences conjugales et sociales qui persistent au Cameroun.
Ce qu'il faut retenir
- Kareyce Fotso a créé un album intitulé « Gwa », inspiré d’un mouvement sociétal camerounais et d’histoires de femmes victimes de violences.
- L’initiative s’appuie sur des récits collectés par l’artiste elle-même pour dénoncer les violences faites aux femmes.
- Le titre de l’album, « Gwa », fait référence à un rituel traditionnel dont l’auteure souhaite préserver la mémoire.
- Kareyce Fotso affirme que cette démarche a contribué à réduire les cas de violence dans certaines communautés locales.
Un projet artistique né d’une mobilisation citoyenne
Depuis plusieurs années, Kareyce Fotso s’engage activement en faveur des droits des femmes au Cameroun. D’après RFI, cette nouvelle étape s’appuie sur des témoignages recueillis auprès de victimes, qu’elle a rencontrées dans le cadre de son travail humanitaire. L’album « Gwa » n’est donc pas seulement un projet musical, mais aussi un manifeste artistique et social, conçu pour donner une voix à celles que la société camerounaise tend souvent à réduire au silence. — L’artiste explique ainsi que ces récits ont « fait naître » son œuvre, révélant une réalité que beaucoup préfèrent ignorer.
Le « Gwa » : entre héritage culturel et lutte sociale
Le terme « Gwa » désigne un mouvement traditionnel camerounais, aujourd’hui largement oublié. En choisissant ce titre, Kareyce Fotso cherche non seulement à préserver une pratique culturelle en danger, mais aussi à montrer comment certaines traditions peuvent servir de levier pour des changements sociétaux. — Elle précise que « le Gwa est devenu un rituel » dans certaines communautés, où il joue désormais un rôle dans la prévention des violences. D’après l’artiste, cette réappropriation des rites ancestraux a permis de faire reculer les actes de violence dans des villages où son initiative a été mise en place.
« Le Gwa est devenu un rituel et la violence a reculé. »
— Kareyce Fotso, lors de la présentation de son album à RFI
Un album aux multiples dimensions
Au-delà de son engagement militant, Kareyce Fotso signe avec « Gwa » un album aux sonorités riches, mêlant musiques traditionnelles camerounaises et influences contemporaines. Selon RFI, l’œuvre est conçue pour toucher un large public, tout en transmettant un message clair : la nécessité de briser le silence autour des violences faites aux femmes. — L’artiste a travaillé en collaboration avec des musiciens locaux, renforçant ainsi l’authenticité des mélodies et des textes, tous inspirés des récits qu’elle a recueillis.
Pour l’artiste, l’enjeu dépasse désormais la simple sortie d’un album : il s’agit de transformer une démarche artistique en un mouvement durable, capable de changer les mentalités sur le long terme.