Une enquête menée par la cellule investigation de Radio France révèle des soupçons d'emploi de complaisance en Seine-Saint-Denis. Le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, est accusé d'avoir utilisé un poste administratif pour son avantage personnel.

Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, a nommé Karim Bouamrane comme troisième vice-président en 2021. Depuis, Bouamrane a utilisé son influence pour obtenir un poste pour sa proche, Valentine, qui a été nommée chargée de mission aux affaires institutionnelles. Cependant, selon plusieurs sources, Valentine n'a pas travaillé physiquement à la direction de la culture à Bobigny et n'a été aperçue que lors de rares séances publiques du conseil.

La fiche de poste de Valentine précise qu'elle devait « fluidifier la circulation de l'information au quotidien, assurer le suivi des projets à forte visibilité externe, préparer les arbitrages, organiser les réponses aux sollicitations des habitants, des associations et des partenaires, organiser les déplacements sur des événements ». Cependant, plusieurs sources témoignent que Valentine n'a pas effectué ces tâches et a travaillé principalement pour Karim Bouamrane.

Ce qu'il faut retenir

  • Le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, est accusé d'avoir utilisé un poste administratif pour son avantage personnel.
  • La proche de Bouamrane, Valentine, a été nommée chargée de mission aux affaires institutionnelles mais n'a pas travaillé physiquement à la direction de la culture à Bobigny.
  • Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, a nommé Bouamrane comme troisième vice-président en 2021.

Le sujet des chargés de mission aux affaires institutionnelles a fait l'objet d'une alerte reçue ce printemps par la Chambre régionale des comptes Île-de-France (CRC-IDF). Ce signalement anonyme provient d'un cadre du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.

En s'appuyant sur les organigrammes des directions du CD93, le signalement estime que le cabinet compte pas moins de 35 conseillers politiques déguisés au lieu des 11 postes prévus par la loi dans ce département. « En plus des postes de communication et protocolaires, les 16 chargés de mission aux affaires institutionnelles sont des postes politiques de conseillers de cabinet auprès des vice-présidents », pointe le signalement.

Et maintenant ?

Il est à craindre que ce cas de figure ne se répète dans d'autres départements. La question est de savoir si les autorités compétentes prendront les mesures nécessaires pour mettre fin à cette pratique.

La Chambre régionale des comptes Île-de-France a lancé une enquête pour vérifier les allégations. Il est temps pour les autorités de prendre des mesures pour prévenir de tels abus.