Une première rencontre discrète entre les autorités congolaises et la rébellion de la Convention pour la révolution populaire (CRP), dirigée par l’ex-condamné de la Cour pénale internationale Thomas Lubanga, s’est tenue à Kampala au mois d’avril. Selon RFI, cette initiative, portée par l’Ouganda, n’a pour l’instant débouché sur aucune annonce officielle.
Ce qu'il faut retenir
- Une rencontre secrète a eu lieu à Kampala en avril 2026, à l’initiative de l’Ouganda, entre Kinshasa et la rébellion de Thomas Lubanga.
- Thomas Lubanga, ancien chef de la CRP, vit en exil en Ouganda depuis sa condamnation par la CPI.
- Cette rencontre n’a pour l’instant abouti à aucune déclaration publique ni accord officiel.
- L’Ouganda joue un rôle de facilitateur dans ces échanges, selon les informations recueillies par RFI.
Une médiation ougandaise pour des pourparlers inédits
L’Ouganda, dirigé par le président Yoweri Museveni, s’est positionné en tant que médiateur dans ce dossier particulièrement sensible. Kampala a organisé une première session de discussions en avril 2026, sans que les détails ne soient rendus publics. D’après les informations obtenues par RFI, cette réunion n’a pas donné lieu à une suite officielle, ni à un communiqué commun. Les raisons de cet échec relatif restent floues, mais plusieurs sources évoquent des désaccords persistants entre les parties.
La CRP, mouvement armé actif dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a été dirigée jusqu’à sa dissolution par Thomas Lubanga. Condamné en 2012 par la CPI pour l’enrôlement d’enfants soldats, il purgeait une peine de quatorze ans avant d’être libéré en 2020 et de s’installer en Ouganda. Son retour en politique, via des canaux diplomatiques discrets, marque un tournant dans le conflit congolais.
Un contexte régional marqué par l’instabilité
Ces tractations surviennent alors que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC reste extrêmement volatile. Plusieurs groupes armés, dont certains liés à des milices locales ou à des acteurs étrangers, continuent de déstabiliser la région. La présence de Thomas Lubanga en Ouganda, pays frontalier de la RDC, ajoute une dimension géopolitique à ces échanges. Kampala, qui entretient des relations complexes avec Kinshasa, pourrait voir dans cette médiation une opportunité de renforcer son influence dans la sous-région.
Pour le gouvernement congolais, engager des discussions avec la CRP représenterait un pari risqué. La rébellion, bien que moins active depuis plusieurs années, conserve des soutiens dans certaines communautés locales. Une normalisation de ses relations avec Kinshasa pourrait affaiblir son discours politique, mais aussi légitimer son existence sur la scène nationale.
« Ces rencontres restent confidentielles pour l’instant, mais elles ouvrent une brèche dans un conflit où les canaux de dialogue ont souvent été bouchés. »
Un diplomate ougandais cité par RFI
Un enjeu plus large : la paix en RDC et les défis régionaux
Au-delà de cette initiative, la question de la stabilisation de l’est de la RDC reste entière. Plusieurs processus de paix, parrainés par l’Union africaine ou les Nations unies, ont échoué à mettre fin aux violences. L’implication de pays voisins comme l’Ouganda, le Rwanda ou le Burundi complique davantage la recherche d’une solution durable. Ces tractations discrètes rappellent aussi que les conflits en RDC ne sont pas seulement militaires, mais aussi politiques et diplomatiques.
Si ces pourparlers aboutissaient, ils pourraient servir de modèle pour d’autres mouvements armés encore actifs dans la région. À l’inverse, un échec risquerait d’accentuer les tensions entre Kinshasa et ses voisins, déjà régulièrement accusés d’ingérence. Autant dire que les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir de ces négociations secrètes.
Thomas Lubanga est l’ancien chef de la Convention pour la révolution populaire (CRP), un groupe armé actif dans l’est de la RDC. Condamné en 2012 par la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir recruté des enfants soldats, il a purgé une peine de quatorze ans avant d’être libéré en 2020. Depuis, il vit en exil en Ouganda, où il tente de relancer son influence politique via des canaux diplomatiques.