Depuis son retour en 2025 dans quatre régions françaises, la consigne de verre peine à s’imposer dans les commerces, malgré un accueil plutôt favorable des consommateurs. Zero Waste France souligne que les produits consignés restent rares et affichent des prix souvent plus élevés que leurs équivalents non consignés. Un constat confirmé par un reportage mené dans un supermarché Super U de Nantes, considéré comme un bon élève de cette initiative.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre régions ont testé la consigne de verre en 2025, mais son déploiement reste limité.
- Zero Waste France dénonce des produits consignés rares et des prix plus élevés que les emballages classiques.
- Un supermarché Super U à Nantes est cité en exemple pour son engagement dans cette démarche.
- Les consommateurs, comme Isabelle, 54 ans, se montrent globalement favorables à l’initiative.
Une initiative saluée par les consommateurs
Dans le quartier nantais où se trouve le supermarché Super U, les retours des clients sont plutôt positifs. « C’est super comme initiative ! » s’est enthousiasmée Isabelle, 54 ans, lors d’un échange avec notre journaliste. « J’utilise déjà le moins d’emballages possible », a-t-elle précisé, illustrant ainsi l’adhésion des citoyens à cette démarche écologique. Pourtant, malgré cet accueil favorable, les produits consignés peinent à se généraliser sur le territoire.
Selon Zero Waste France, cette faible adoption s’explique en grande partie par la rareté des articles disponibles en version consignée et par leur coût souvent supérieur à celui des produits classiques. « Les magasins ne jouent pas vraiment le jeu », a dénoncé l’association, soulignant que peu de commerces s’engagent pleinement dans cette transition.
Un déploiement encore trop limité
Lancée officiellement en 2025 dans quatre régions françaises, la consigne de verre devait marquer une étape importante dans la réduction des déchets plastiques. Pourtant, son déploiement reste confidentiel. Les produits concernés – principalement des boissons comme les sodas, bières ou eaux minérales – sont encore difficiles à trouver en version consignée. « On en trouve quelques-uns, mais c’est loin d’être systématique », a expliqué un employé du Super U nantais sous couvert d’anonymat.
Pour Zero Waste France, cette situation reflète un manque d’engagement de la part des enseignes. « Les magasins ont la possibilité de proposer des consignes, mais peu le font réellement », a indiqué l’association. Résultat : les consommateurs intéressés par cette démarche sont souvent contraints de se tourner vers des commerces spécialisés ou des épiceries en vrac, loin d’être accessibles à tous.
Des prix dissuasifs pour les consommateurs
Autre obstacle majeur : le prix des produits consignés. Dans le supermarché nantais, une bouteille d’eau minérale en verre coûte par exemple 20 à 30 centimes de plus que son équivalent en plastique. « On paie plus cher pour une démarche écologique, mais c’est normal, non ? » a réagi Isabelle, tout en reconnaissant que ce surcoût pouvait freiner certains acheteurs.
Pour Zero Waste France, cette différence de prix s’explique par des coûts logistiques supplémentaires : transport des bouteilles vides, gestion des stocks, lavage… « Les producteurs et distributeurs répercutent ces frais sur le prix final », a analysé l’association. Une situation qui risque de décourager une partie des consommateurs, malgré leur bonne volonté écologique.
En attendant, les consommateurs comme Isabelle continuent de se tourner vers les rares produits consignés disponibles, espérant que cette initiative prendra de l’ampleur dans les mois à venir.
Les quatre régions concernées par le retour de la consigne de verre en 2025 sont la Bretagne, l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Pays de la Loire. Ces territoires ont été choisis pour tester le dispositif avant une éventuelle généralisation.