Une victoire symbolique pour les militants écologistes : le bois de Hambach, en Allemagne, sera désormais classé en zone naturelle protégée. Ce site de 500 hectares, longtemps au cœur des combats contre l’exploitation minière du charbon, devient ainsi un havre de biodiversité préservé. Selon Reporterre, cette décision administrative met un terme définitif aux projets d’extension de la mine voisine, dont l’exploitation aurait entraîné la destruction de la forêt.
Ce qu'il faut retenir
- Le bois de Hambach, d’une superficie de 500 hectares, est désormais classé en zone naturelle protégée.
- Ce site était devenu un symbole de la lutte contre l’industrie du charbon en Europe.
- La décision administrative met fin aux projets d’extension de la mine voisine, portée par le groupe RWE.
- Cette forêt millénaire abritait des espèces protégées et un écosystème unique.
- Les militants écologistes y avaient établi une zone à défendre (ZAD) dès les années 2010.
Un symbole de résistance écologique enfin reconnu
Situé dans l’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à proximité de la ville de Cologne, le bois de Hambach s’est imposé au fil des années comme l’un des fronts les plus visibles de la lutte contre le charbon en Europe. Selon Reporterre, sa protection intervient après des années de mobilisation citoyenne et de procédures judiciaires. Les militants y avaient organisé des occupations, des manifestations et des actions de blocage pour empêcher l’exploitation du site par le géant allemand de l’énergie RWE.
Côté allemand, cette décision est saluée comme une avancée majeure pour la transition écologique. Les associations environnementales, dont Greenpeace Allemagne, y voient un exemple à suivre pour d’autres sites menacés par l’industrie fossile. « Cette victoire montre que la pression citoyenne et juridique peut faire plier les géants de l’énergie », a déclaré une porte-parole de l’organisation, citée par Reporterre.
Un écosystème millénaire enfin préservé
Le bois de Hambach n’est pas une simple parcelle boisée : il abrite des chênes vieux de plusieurs siècles, une faune riche et des zones humides essentielles à la biodiversité régionale. Selon Reporterre, la forêt joue également un rôle clé dans la régulation des sols et la qualité de l’air pour les communes environnantes. Son classement en zone protégée garantit désormais sa conservation à long terme, sans risque de destruction liée à l’exploitation minière.
Les scientifiques locaux ont souligné à plusieurs reprises l’importance écologique de ce site. D’après les experts du Muséum d’histoire naturelle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la forêt abrite des espèces rares, comme le Lucane cerf-volant ou plusieurs types de chauves-souris protégées. « Ce classement est une excellente nouvelle pour la biodiversité régionale », a confirmé un chercheur sous couvert d’anonymat.
Un précédent qui pourrait inspirer l’Europe
Le cas du bois de Hambach résonne bien au-delà des frontières allemandes. En Europe, plusieurs sites miniers sont encore menacés par l’exploitation du charbon, notamment en Pologne et en République tchèque. Selon Reporterre, des collectifs locaux en Pologne, où la mine de Turów est également contestée, suivent de près l’évolution de la situation à Hambach. « Si l’Allemagne peut protéger une forêt contre le charbon, pourquoi pas nous ? », s’interroge un militant polonais, cité par le média.
En Allemagne, la décision concernant Hambach s’inscrit dans un contexte plus large de transition énergétique. Le pays a accéléré la fermeture de ses centrales à charbon, bien que certaines unités restent en service pour des raisons de stabilité du réseau. Les associations écologistes espèrent que cette victoire locale servira d’accélérateur pour d’autres dossiers similaires.
Le bois de Hambach était directement menacé par l’extension de la mine de lignite exploitée par RWE. Le groupe minier prévoyait d’agrandir son site, ce qui aurait entraîné la destruction de 90 % de la forêt. Plusieurs procédures judiciaires, dont une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme en 2020 pour non-respect des règles environnementales, avaient déjà ralenti le projet.