Un an après le lancement expérimental de la consigne du verre dans certains supermarchés français, Zero Waste France publie un rapport critique sur son déploiement. L’association, qui milite pour une réduction des déchets, révèle que le dispositif peine à s’imposer dans les quatre régions concernées.
Ce qu'il faut retenir
- L’expérimentation de la consigne du verre, lancée il y a un an dans quatre régions, a fait l’objet d’un bilan critique par Zero Waste France.
- Le dispositif vise à promouvoir le réemploi des bouteilles en verre, mais son adoption reste limitée.
- Zero Waste France souligne des freins logistiques et un manque d’engagement des enseignes.
Une expérimentation limitée à quatre régions
Lancée en juin 2025 dans le cadre d’un dispositif expérimental, la consigne du verre concernait initialement quatre régions françaises : l’Île-de-France, l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine. L’objectif affiché était de tester la faisabilité d’un retour de la consigne pour les bouteilles en verre, un système abandonné en France depuis les années 1990. Selon Zero Waste France, l’association qui a mené l’évaluation, « le déploiement n’a pas répondu aux attentes », comme le confirme son rapport publié ce mois-ci.
Pourtant, le gouvernement avait présenté ce dispositif comme une avancée majeure dans la lutte contre les déchets plastiques. Quatre enseignes – parmi lesquelles Carrefour, Leclerc et Intermarché – avaient accepté de participer à l’expérimentation, couvrant un panel de magasins variés, des grandes surfaces aux commerces de proximité. « On partait d’un principe simple : donner une seconde vie au verre », explique une source proche du dossier. Pourtant, les résultats montrent que la réalité est plus complexe.
Des freins logistiques et un manque d’adhésion
Dans son analyse, Zero Waste France pointe plusieurs obstacles. D’abord, la logistique : la collecte et le retour des bouteilles en verre nécessitent une organisation rigoureuse, souvent absente dans les magasins participants. « Les points de collecte sont parfois mal signalés, et les consommateurs ne savent pas toujours où déposer leurs bouteilles », indique le rapport. Résultat, le taux de retour reste faible, bien en deçà des objectifs initiaux.
Ensuite, l’engagement des enseignes a été jugé insuffisant. Certaines ont limité la consigne à une gamme restreinte de produits, tandis que d’autres n’ont pas communiqué suffisamment auprès de leur clientèle. « Sans un effort collectif, le dispositif ne peut pas fonctionner », souligne Zero Waste France. L’association rappelle que la consigne ne peut réussir que si elle est portée par l’ensemble de la chaîne, des producteurs aux distributeurs.
Un bilan contrasté, mais des pistes d’amélioration
Malgré ces constats, Zero Waste France ne rejette pas totalement le principe de la consigne. L’association propose plusieurs pistes pour relancer le dispositif. Parmi elles, « une harmonisation des pratiques entre enseignes » et « une meilleure information des consommateurs ». Elle plaide aussi pour un élargissement du périmètre géographique, afin de tester le système dans d’autres régions et de comparer les résultats.
Pourtant, le bilan reste mitigé. Selon les chiffres cités par Zero Waste France, moins de 10 % des bouteilles en verre vendues dans les magasins participants ont été rapportées pour être réutilisées. Un chiffre bien en dessous des 80 % visés par les promoteurs du projet. « C’est un échec relatif, mais pas une condamnation définitive », tempère un observateur du secteur. Reste à savoir si les pouvoirs publics et les acteurs économiques sauront tirer les leçons de cette première année.
Dans ce contexte, une question se pose : la France est-elle prête à réinvestir dans un système de consigne qui a fait ses preuves dans d’autres pays européens, mais qui peine à s’imposer dans l’Hexagone ?
L’expérimentation de la consigne du verre concernait l’Île-de-France, l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Nouvelle-Aquitaine. Ces régions avaient été choisies pour représenter une diversité de contextes économiques et géographiques.